Extraits de textes de Mère Geneviève

 

Ces extraits sont tirés de Jean-Louis Leuba et al., Une vocation de femme: Geneviève Micheli, Communauté de Grandchamp/ Editions Ouverture : 1996

 

1941, la Suisse est entourée de pays en guerre.
«  Nous sommes à une heure décisive. Dieu est là qui veut nous parler. Et je le conjure de ne pas nous laisser retomber dans nos ornières, de ne pas le fuir, comme nous savons si bien le faire, mais de nous présenter devant Lui dans notre nudité pour qu’enfin nous L’écoutions. C’est l’heure de Dieu et non l’heure des hommes. Le canon peut tonner, l’humanité peut sembler aller à sa perte, la mort peut briser tant de liens si doux et creuser un gouffre insondable devant nous, le faible peut être opprimé injustement. Oui, tout cela est la réalité affreuse. Mais il y a autre chose. Il y a le Christ crucifié, sa croix se dresse au-dessus des champs de morts, au-dessus des villes bombardées. Il s’offre encore pour le salut du monde. Il nous donne sa paix. Il a une ultime parole à prononcer, et chaque être qui la recevra dans son cœur recevra le grand trésor de vie que personne ne peut ravir. » p.36s.

1938, Message aux femmes de pasteurs
« Nous vivons à une époque à la fois troublante et magnifique, une époque dangereuse où rien ne préserve l’âme, où les réalisations rapides et toutes humaines semblent emporter les êtres dans des expériences graves, où tous sont tentés, où la vie spirituelle elle-même, toute vivante et même puissante a un caractère d’ensemble d’action dynamique, entraînante, très belle, mais par moments inquiétante, parce que l’homme y joue un rôle de premier plan… Et je pense que notre civilisation va mourir dans cette folie collective du bruit, de la vitesse, où aucun être ne peut penser… Nous chrétiens, nous qui savons toute la valeur d’une vie spirituelle, nous avons la responsabilité immense et nous devons la réaliser, nous unir et aider à créer des forces calmes, des asiles de paix, des centres vitaux, où le silence des hommes appelle la Parole créatrice de Dieu. C’est une question de vie ou de mort. » p.42

 

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