{"id":5739,"date":"2026-09-13T09:13:35","date_gmt":"2026-09-13T07:13:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www.eren.ch\/barc\/?p=5739"},"modified":"2026-09-13T09:13:40","modified_gmt":"2026-09-13T07:13:40","slug":"notre-passe-na-pas-le-dernier-mot","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eren.ch\/barc\/2026\/09\/13\/notre-passe-na-pas-le-dernier-mot\/","title":{"rendered":"Notre pass\u00e9 n\u2019a pas le dernier mot"},"content":{"rendered":"
Message apport\u00e9 lors du culte du 13 septembre au temple de B\u00f4le<\/em><\/p>\n B\u00e9nis le Seigneur, \u00f4 mon \u00e2me, Car il pardonne toutes tes offenses Il n\u2019est pas pour toujours en proc\u00e8s, Comme le ciel domine la terre, Il y a des phrases que nous pronon\u00e7ons sur les autres. Et puis il y a celles que nous pronon\u00e7ons sur nous-m\u00eames. Nous avons tous, je crois, cette capacit\u00e9 assez \u00e9tonnante \u00e0 r\u00e9sumer quelqu’un en quelques mots. \u00ab Lui, il est comme \u00e7a. \u00bb \u00ab Elle ne changera jamais. \u00bb \u00c0 force de conna\u00eetre quelqu’un, nous finissons parfois par avoir l’impression de savoir \u00e0 l’avance comment il va r\u00e9agir, ce qu’il va dire, ce qu’il sera capable de faire ou, au contraire, ce dont il sera incapable. Et nous faisons exactement la m\u00eame chose avec nous-m\u00eames.<\/p>\n \u00ab Moi, je suis comme \u00e7a. \u00bb<\/p>\n Cette petite phrase para\u00eet anodine, mais elle peut contenir beaucoup de choses. Elle peut simplement d\u00e9signer un trait de caract\u00e8re, une habitude, une mani\u00e8re de fonctionner. Mais elle peut aussi devenir une sorte de verdict. \u00ab Je suis comme \u00e7a, je ne changerai jamais. \u00bb \u00ab Apr\u00e8s tout ce qui m’est arriv\u00e9, je ne peux plus \u00eatre autrement. \u00bb \u00ab J’ai toujours \u00e9t\u00e9 comme \u00e7a, alors il n’y a pas grand-chose \u00e0 esp\u00e9rer. \u00bb<\/p>\n Et voil\u00e0 comment, parfois, sans m\u00eame nous en rendre compte, nous transformons notre pass\u00e9 en destin.<\/p>\n Il faut dire que notre pass\u00e9 a une grande force. Ce que nous avons v\u00e9cu nous fa\u00e7onne. Nos rencontres, nos blessures, nos r\u00e9ussites, nos \u00e9checs, les paroles que nous avons re\u00e7ues lorsque nous \u00e9tions enfants, les d\u00e9cisions que nous avons prises, celles que nous regrettons et celles dont nous sommes fiers : tout cela fait partie de notre histoire. Nous ne pouvons pas faire comme si cela n’avait pas exist\u00e9.<\/p>\n Mais il y a une diff\u00e9rence entre dire : \u00ab Voil\u00e0 ce qui m’a construit \u00bb et dire : \u00ab Voil\u00e0 tout ce que je pourrai jamais \u00eatre. \u00bb<\/p>\n Et c’est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0 que le psaume d’aujourd’hui vient nous rejoindre.<\/p>\n \u00ab Le Seigneur est tendresse et piti\u00e9, lent \u00e0 la col\u00e8re et plein d’amour. Il n’est pas pour toujours en proc\u00e8s, ne maintient pas sans fin ses reproches. Il n’agit pas envers nous selon nos fautes. \u00bb<\/p>\n \u00ab Il n’agit pas envers nous selon nos fautes. \u00bb<\/p>\n Cette phrase est beaucoup plus profonde qu’elle n’en a l’air.<\/p>\n Elle ne dit pas que Dieu ne voit pas nos fautes. Elle ne dit pas que Dieu aurait une m\u00e9moire d\u00e9faillante, ou qu’il faudrait faire comme si nos erreurs n’avaient pas eu de cons\u00e9quences. La Bible n’est pas na\u00efve \u00e0 ce sujet. Elle sait tr\u00e8s bien que nos actes laissent des traces et que certaines choses ne se r\u00e9parent pas en claquant des doigts.<\/p>\n Mais le psaume affirme quelque chose d’autre : Dieu refuse de r\u00e9duire une personne \u00e0 ce qu’elle a fait.<\/p>\n Il conna\u00eet notre histoire sans nous confondre avec elle.<\/p>\n Et cela vaut aussi pour la mani\u00e8re dont nous nous regardons nous-m\u00eames.<\/p>\n Parce qu’il arrive que nous soyons beaucoup plus s\u00e9v\u00e8res avec nous-m\u00eames que Dieu ne semble l’\u00eatre. Nous gardons en m\u00e9moire certaines choses que nous avons faites il y a longtemps, certaines paroles que nous regrettons, certaines d\u00e9cisions dont nous savons aujourd’hui qu’elles n’\u00e9taient pas les bonnes. Et parfois, m\u00eame lorsque tout cela est derri\u00e8re nous, nous continuons \u00e0 vivre comme si nous \u00e9tions encore devant le tribunal.<\/p>\n Nous avons chang\u00e9 de vie, mais pas toujours chang\u00e9 de regard sur nous-m\u00eames.<\/p>\n Il y a des personnes qui ont demand\u00e9 pardon, qui ont r\u00e9par\u00e9 ce qu’elles pouvaient r\u00e9parer, qui ont fait un chemin consid\u00e9rable, et qui pourtant continuent de se pr\u00e9senter int\u00e9rieurement avec leur ancien dossier sous le bras. Elles ont beau avancer, une voix leur rappelle r\u00e9guli\u00e8rement : \u00ab Oui, mais tu as fait \u00e7a. \u00bb<\/p>\n Comme si le pass\u00e9 avait toujours le dernier mot.<\/p>\n Or le psaume dit : \u00ab Il n’agit pas envers nous selon nos fautes. \u00bb<\/p>\n Peut-\u00eatre faut-il entendre l\u00e0 une invitation \u00e0 laisser Dieu nous apprendre une autre mani\u00e8re de nous regarder.<\/p>\n Car il y a des prisons qui n’ont ni murs ni barreaux. Elles sont faites de phrases r\u00e9p\u00e9t\u00e9es tellement souvent qu’elles finissent par ressembler \u00e0 des v\u00e9rit\u00e9s.<\/p>\n \u00ab Je suis incapable. \u00bb<\/p>\n \u00ab Je suis trop vieux pour changer. \u00bb<\/p>\n \u00ab Je suis trop marqu\u00e9 par ce qui m’est arriv\u00e9. \u00bb<\/p>\n \u00ab Je ne sais pas faire autrement. \u00bb<\/p>\n \u00ab Je suis fait comme \u00e7a. \u00bb<\/p>\n Certaines de ces phrases ont peut-\u00eatre m\u00eame \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9es un jour par quelqu’un d’autre et nous les avons gard\u00e9es. Une parole dite dans l’enfance, une remarque d’un parent, d’un professeur, d’un conjoint, d’un coll\u00e8gue. Une phrase qui, sur le moment, n’\u00e9tait peut-\u00eatre qu’une phrase parmi d’autres, mais qui a fini par s’installer en nous et \u00e0 laquelle nous avons commenc\u00e9 \u00e0 donner le statut de v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n Et puis il y a les phrases que nous avons fabriqu\u00e9es nous-m\u00eames, \u00e0 force d’\u00e9checs ou de d\u00e9ceptions.<\/p>\n \u00c0 force de tomber au m\u00eame endroit, on finit par croire qu’on est incapable de marcher.<\/p>\n \u00c0 force d’\u00eatre d\u00e9\u00e7u, on finit par croire qu’il vaut mieux ne plus rien attendre.<\/p>\n \u00c0 force d’avoir essay\u00e9 sans r\u00e9ussir, on finit par confondre l’absence de r\u00e9sultat jusqu’ici avec l’impossibilit\u00e9 de r\u00e9ussir un jour.<\/p>\n C’est ainsi que nous pouvons construire autour de nous une prison avec les mat\u00e9riaux de notre propre histoire.<\/p>\n Et le plus troublant, c’est qu’une prison int\u00e9rieure peut devenir tr\u00e8s confortable. Elle nous \u00e9vite de prendre des risques. Elle nous \u00e9vite d’esp\u00e9rer quelque chose qui pourrait nous d\u00e9cevoir. Elle nous dispense parfois d’essayer encore.<\/p>\n \u00ab Je suis comme \u00e7a \u00bb est une phrase qui peut prot\u00e9ger.<\/p>\n Mais elle peut aussi enfermer.<\/p>\n C’est dans ce contexte que j’entends la parole du psaume : \u00ab Il r\u00e9clame ta vie \u00e0 la tombe. \u00bb<\/p>\n Bien s\u00fbr, cette image parle d’abord de Dieu qui sauve de la mort. Elle \u00e9voque le Dieu qui ne laisse pas l’\u00eatre humain se perdre, le Dieu qui arrache \u00e0 la tombe celui qui semblait destin\u00e9 \u00e0 y rester.<\/p>\n Mais cette image peut aussi nous parler de toutes ces petites tombes que nous construisons dans notre existence, chaque fois que nous d\u00e9clarons quelque chose d\u00e9finitivement termin\u00e9.<\/p>\n Il y a des choses que nous avons enterr\u00e9es alors que nous sommes encore vivants.<\/p>\n Un d\u00e9sir auquel nous avons renonc\u00e9.<\/p>\n Une capacit\u00e9 que nous ne croyons plus avoir.<\/p>\n Une joie que nous n’attendons plus.<\/p>\n Une possibilit\u00e9 que nous avons cess\u00e9 d’envisager.<\/p>\n Et parfois, ce qui est le plus difficile n’est pas que quelque chose soit r\u00e9ellement impossible. C’est que nous ayons fini par croire que c’\u00e9tait impossible.<\/p>\n Nous avons ferm\u00e9 la porte avant m\u00eame de v\u00e9rifier si elle \u00e9tait vraiment verrouill\u00e9e.<\/p>\n Le psaume nous pr\u00e9sente un Dieu qui, lui, ne se r\u00e9signe pas aussi facilement \u00e0 nos \u00ab c’est fini \u00bb.<\/p>\n \u00ab Il r\u00e9clame ta vie \u00e0 la tombe. \u00bb<\/p>\n Autrement dit, Dieu ne nous laisse pas tranquillement nous installer dans tout ce qui nous dit que nous n’avons plus d’avenir.<\/p>\n Il vient chercher la vie l\u00e0 o\u00f9 nous avions commenc\u00e9 \u00e0 l’abandonner.<\/p>\n Et peut-\u00eatre est-ce cela que la foi nous demande parfois : accepter que Dieu ait sur nous un regard plus grand que celui que nous avons nous-m\u00eames.<\/p>\n Nous connaissons nos limites. Nous connaissons nos \u00e9checs. Nous connaissons les endroits o\u00f9 nous sommes fragiles. Dieu les conna\u00eet aussi. Mais l\u00e0 o\u00f9 nous voyons parfois une conclusion, Dieu voit encore un chemin.<\/p>\n Cela ne signifie \u00e9videmment pas que tout est possible, ni que nous pouvons devenir n’importe qui par la seule force de notre volont\u00e9. L’\u00c9vangile n’est pas une m\u00e9thode de d\u00e9veloppement personnel. Il ne nous promet pas que toutes les blessures dispara\u00eetront, que toutes les situations se r\u00e9pareront ou que nous obtiendrons tout ce que nous d\u00e9sirons.<\/p>\n Il dit quelque chose de plus simple et de plus profond : notre pass\u00e9 n’a pas re\u00e7u le pouvoir de d\u00e9cider seul de notre avenir.<\/p>\n Et cela change aussi notre regard sur les autres.<\/p>\n Parce que si Dieu refuse de nous r\u00e9duire \u00e0 ce que nous avons \u00e9t\u00e9, peut-\u00eatre pouvons-nous apprendre, nous aussi, \u00e0 ne pas r\u00e9duire trop vite les autres \u00e0 ce que nous avons connu d’eux.<\/p>\n Nous avons parfois une m\u00e9moire tr\u00e8s pr\u00e9cise des d\u00e9fauts des autres. Nous savons ce qui nous a agac\u00e9s, ce qui nous a d\u00e9\u00e7us, ce qui nous a bless\u00e9s. Et il peut arriver que nous ne remarquions plus les petits changements, les efforts discrets, les gestes qui ne ressemblent pas \u00e0 ceux d’hier.<\/p>\n Nous avons tellement bien connu quelqu’un dans une certaine p\u00e9riode de sa vie que nous continuons \u00e0 le regarder avec les lunettes de cette p\u00e9riode-l\u00e0.<\/p>\n Or un \u00eatre humain est toujours plus grand que le dernier chapitre que nous avons lu de son histoire.<\/p>\n Il peut y avoir quelque chose de nouveau qui commence en lui sans que nous le sachions encore.<\/p>\n Et cela vaut pour nous-m\u00eames.<\/p>\n Nous sommes toujours plus grands que notre dernier \u00e9chec. Nous sommes plus grands que la p\u00e9riode la plus difficile de notre vie. Nous sommes m\u00eame plus grands que l’image que nous avons fini par construire de nous-m\u00eames.<\/p>\n Parce que Dieu nous regarde avec un regard qui ne s’arr\u00eate pas l\u00e0 o\u00f9 nous nous sommes arr\u00eat\u00e9s.<\/p>\n Et puis le psaume ajoute cette parole magnifique : \u00ab Il te couronne d’amour et de tendresse. \u00bb<\/p>\n Une couronne, normalement, c’est ce que l’on pose sur la t\u00eate de quelqu’un qui a gagn\u00e9. On couronne le vainqueur, celui qui est arriv\u00e9 au bout, celui qui a r\u00e9ussi.<\/p>\n Mais la couronne que Dieu donne n’est pas une m\u00e9daille.<\/p>\n C’est l’amour et la tendresse.<\/p>\n Comme si notre valeur ne d\u00e9pendait pas d’abord de notre capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9ussir notre vie. Comme si, avant m\u00eame tout ce que nous allons accomplir ou rater, il y avait d\u00e9j\u00e0 cette dignit\u00e9 fondamentale : \u00eatre regard\u00e9 par Dieu avec amour.<\/p>\n Et peut-\u00eatre que c’est pr\u00e9cis\u00e9ment ce regard qui rend le changement possible.<\/p>\n Quand quelqu’un nous enferme dans une d\u00e9finition, nous avons souvent envie de nous d\u00e9fendre, de prouver que nous ne sommes pas ce qu’il pense.<\/p>\n Mais lorsqu’une personne nous regarde avec confiance, lorsqu’elle voit en nous quelque chose que nous ne voyons plus nous-m\u00eames, cela peut nous donner la force de recommencer.<\/p>\n Il y a une diff\u00e9rence immense entre entendre : \u00ab Tu dois changer \u00bb et entendre : \u00ab Je crois qu’il y a encore de la vie en toi. \u00bb<\/p>\n La premi\u00e8re parole peut peser comme une obligation.<\/p>\n La seconde ouvre un espace.<\/p>\n Et peut-\u00eatre que c’est cela que Dieu fait avec nous.<\/p>\n Il ne nous dit pas : \u00ab Ton pass\u00e9 n’existe pas. \u00bb<\/p>\n Il nous dit : \u00ab Ton pass\u00e9 n’est pas tout ce que tu es. \u00bb<\/p>\n Il ne nous dit pas : \u00ab Tu n’as jamais fait d’erreur. \u00bb<\/p>\n Il nous dit : \u00ab Tes erreurs ne sont pas ton identit\u00e9. \u00bb<\/p>\n Il ne nous dit pas : \u00ab Tout sera facile d\u00e9sormais. \u00bb<\/p>\n Il nous dit : \u00ab Je suis encore l\u00e0, et il y a encore un chemin. \u00bb<\/p>\n C’est peut-\u00eatre pour cela que le psaume commence par cette \u00e9trange invitation : \u00ab B\u00e9nis le Seigneur, \u00f4 mon \u00e2me, n’oublie aucun de ses bienfaits. \u00bb<\/p>\n Pourquoi faut-il se parler \u00e0 soi-m\u00eame pour se rappeler les bienfaits de Dieu ?<\/p>\n Parce que notre m\u00e9moire est s\u00e9lective.<\/p>\n Nous pouvons nous souvenir pendant des ann\u00e9es d’une parole qui nous a bless\u00e9s, d’une erreur que nous avons commise, d’un moment o\u00f9 nous avons \u00e9chou\u00e9. Nous savons parfois exactement o\u00f9 nous \u00e9tions, ce que nous avons dit, ce que l’autre nous a r\u00e9pondu.<\/p>\n Mais nous oublions beaucoup plus facilement les signes de vie.<\/p>\n Les moments o\u00f9 nous avons \u00e9t\u00e9 capables de faire autrement.<\/p>\n Les personnes qui ont cru en nous.<\/p>\n Les rencontres qui nous ont remis debout.<\/p>\n Les forces que nous ne savions pas avoir et que nous avons pourtant trouv\u00e9es lorsque nous en avons eu besoin.<\/p>\n Les portes qui se sont ouvertes alors que nous pensions qu’il n’y en avait plus.<\/p>\n Le psaume nous demande de ne pas laisser tout cela dispara\u00eetre de notre m\u00e9moire.<\/p>\n \u00ab N’oublie aucun de ses bienfaits. \u00bb<\/p>\n Comme si la gratitude n’\u00e9tait pas seulement une mani\u00e8re de dire merci, mais aussi une mani\u00e8re de r\u00e9sister \u00e0 cette tendance que nous avons \u00e0 ne regarder notre vie qu’\u00e0 travers ce qui manque, ce qui a \u00e9chou\u00e9 ou ce qui n’est pas encore arriv\u00e9.<\/p>\n Peut-\u00eatre avons-nous parfois besoin de nous rappeler que notre histoire contient davantage de vie que nous ne le croyons.<\/p>\n Et peut-\u00eatre qu’aujourd’hui, chacun de nous peut laisser remonter une de ces phrases d\u00e9finitives que nous avons un jour prononc\u00e9es sur nous-m\u00eames.<\/p>\n \u00ab Je ne changerai jamais. \u00bb<\/p>\n \u00ab Je ne serai jamais capable. \u00bb<\/p>\n \u00ab C’est trop tard. \u00bb<\/p>\n \u00ab C’est fini pour moi. \u00bb<\/p>\n Et simplement la d\u00e9poser devant Dieu.<\/p>\n Pas pour nous convaincre artificiellement du contraire.<\/p>\n Mais pour faire de la place \u00e0 une possibilit\u00e9 que nous avions peut-\u00eatre oubli\u00e9e : et si ce n’\u00e9tait pas \u00e0 nous de prononcer le dernier mot sur notre propre histoire ?<\/p>\n Apr\u00e8s tout, nous ne connaissons pas encore la suite.<\/p>\n Et c’est peut-\u00eatre une des choses les plus belles de la foi : accepter de ne pas \u00eatre compl\u00e8tement termin\u00e9.<\/p>\n Nous aimerions parfois savoir exactement qui nous sommes, o\u00f9 nous allons, ce qui nous attend. Nous aimerions pouvoir tirer un trait, fermer le livre et dire : \u00ab Voil\u00e0, je sais qui je suis. \u00bb<\/p>\n Mais Dieu semble pr\u00e9f\u00e9rer les histoires qui restent ouvertes.<\/p>\n Il ne nous enferme pas dans notre pass\u00e9.<\/p>\n Il ne nous demande pas de nier ce que nous avons v\u00e9cu.<\/p>\n Il ne nous promet pas que tout sera r\u00e9par\u00e9 comme avant.<\/p>\n Il fait quelque chose de plus discret : il nous rend \u00e0 la possibilit\u00e9 d’un lendemain.<\/p>\n \u00ab Il r\u00e9clame ta vie \u00e0 la tombe et te couronne d’amour et de tendresse. \u00bb<\/p>\n Peut-\u00eatre est-ce cela que nous pouvons emporter aujourd’hui.<\/p>\n Nous ne sommes pas seulement ce qui nous est arriv\u00e9.<\/p>\n Nous ne sommes pas seulement ce que nous avons fait.<\/p>\n Nous ne sommes pas seulement ce que nous avons rat\u00e9.<\/p>\n Et nous ne sommes m\u00eame pas condamn\u00e9s \u00e0 \u00eatre \u00e9ternellement la personne que nous avons \u00e9t\u00e9 jusqu’\u00e0 aujourd’hui.<\/p>\n Parce que Dieu regarde encore notre vie avec tendresse.<\/p>\n Et l\u00e0 o\u00f9 nous voyons parfois une fin, lui peut encore voir un commencement.<\/p>\n Alors peut-\u00eatre pouvons-nous laisser cette question nous accompagner, sans chercher \u00e0 lui r\u00e9pondre tout de suite :<\/p>\n Quelle phrase d\u00e9finitive ai-je prononc\u00e9e sur moi-m\u00eame que Dieu, peut-\u00eatre, n’a jamais prononc\u00e9e ?<\/strong><\/p>\n Et peut-\u00eatre que, quelque part derri\u00e8re cette phrase, Dieu est d\u00e9j\u00e0 en train de faire passer un peu de lumi\u00e8re.<\/p>\n Parce qu’il y a encore un chemin.<\/p>\n Et il y a encore de la vie.<\/p>\n <\/p>\n Et je vous invite \u00e0 la pri\u00e8re\u00a0:<\/p>\n Seigneur notre Dieu,<\/p>\n nous te louons parce que tu es le Dieu qui ne renonce pas \u00e0 l’\u00eatre humain.<\/p>\n Nous te louons parce que tu ne nous r\u00e9duis pas \u00e0 nos erreurs, ni \u00e0 nos \u00e9checs, ni aux p\u00e9riodes les plus difficiles de notre existence.<\/p>\n Nous te louons parce que ton amour est plus vaste que nos propres jugements.<\/p>\n Tu es celui qui rel\u00e8ve, celui qui ouvre un chemin lorsque nous ne voyons plus d’issue, celui qui fait surgir la vie l\u00e0 o\u00f9 nous pensions qu’elle \u00e9tait termin\u00e9e.<\/p>\n Tu es tendresse et patience.<\/p>\n Tu ne maintiens pas sans fin tes reproches.<\/p>\n Tu nous couronnes d’amour et de tendresse.<\/p>\n Pour ta fid\u00e9lit\u00e9 qui nous pr\u00e9c\u00e8de, Seigneur, nous te louons.<\/p>\n Amen<\/p>\n \u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":" Message apport\u00e9 lors du culte du 13 septembre au temple de B\u00f4le Lecture: Psaume 103 B\u00e9nis le Seigneur, \u00f4 mon \u00e2me,b\u00e9nis son nom tr\u00e8s saint, tout mon \u00eatre !B\u00e9nis le Seigneur, \u00f4 mon \u00e2me,n\u2019oublie aucun de ses bienfaits ! Car il pardonne toutes tes offenseset te gu\u00e9rit de toute maladie ;il r\u00e9clame ta vie \u00e0 … Continuer la lecture de « Notre pass\u00e9 n\u2019a pas le dernier mot »<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":19,"featured_media":5740,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2204],"tags":[],"class_list":["post-5739","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-cultes"],"yoast_head":"\nLecture: Psaume 103<\/h6>\n
b\u00e9nis son nom tr\u00e8s saint, tout mon \u00eatre !
B\u00e9nis le Seigneur, \u00f4 mon \u00e2me,
n\u2019oublie aucun de ses bienfaits !<\/p>\n
et te gu\u00e9rit de toute maladie ;
il r\u00e9clame ta vie \u00e0 la tombe
et te couronne d\u2019amour et de tendresse.<\/p>\n
ne maintient pas sans fin ses reproches ;
il n\u2019agit pas envers nous selon nos fautes,
ne nous rend pas selon nos offenses.<\/p>\n
fort est son amour pour qui le craint ;
aussi loin qu\u2019est l\u2019orient de l\u2019occident,
il met loin de nous nos p\u00e9ch\u00e9s.<\/p>\nMessage<\/h6>\n
pour ta pr\u00e9sence qui nous accompagne,
pour l’avenir que tu continues \u00e0 ouvrir devant nous,<\/p>\n