{"id":5768,"date":"2026-10-25T08:44:03","date_gmt":"2026-10-25T07:44:03","guid":{"rendered":"https:\/\/www.eren.ch\/barc\/?p=5768"},"modified":"2026-10-25T08:47:22","modified_gmt":"2026-10-25T07:47:22","slug":"qui-peut-encore-nous-deranger","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eren.ch\/barc\/2026\/10\/25\/qui-peut-encore-nous-deranger\/","title":{"rendered":"Qui peut encore nous d\u00e9ranger ?"},"content":{"rendered":"\n
Message apport\u00e9 lors du culte du 25 octobre au Temple d’Auvernier<\/em><\/p>\n\n\n\n 21\u00a0<\/sup>Tu ne maltraiteras point l’\u00e9tranger, et tu ne l’opprimeras point; car vous avez \u00e9t\u00e9 \u00e9trangers dans le pays d’\u00c9gypte.<\/span><\/p>\n 22\u00a0<\/sup>Tu n’affligeras point la veuve, ni l’orphelin.<\/span><\/p>\n 23\u00a0<\/sup>Si tu les affliges, et qu’ils viennent \u00e0 moi, j’entendrai leurs cris;<\/span><\/p>\n 24\u00a0<\/sup>ma col\u00e8re s’enflammera, et je vous d\u00e9truirai par l’\u00e9p\u00e9e; vos femmes deviendront veuves, et vos enfants orphelins.<\/span><\/p>\n 25\u00a0<\/sup>Si tu pr\u00eates de l’argent \u00e0 mon peuple, au pauvre qui est avec toi, tu ne seras point \u00e0 son \u00e9gard comme un cr\u00e9ancier, tu n’exigeras de lui point d’int\u00e9r\u00eat.<\/span><\/p>\n 26\u00a0<\/sup>Si tu prends en gage le v\u00eatement de ton prochain, tu le lui rendras avant le coucher du soleil;<\/span><\/p>\n 27\u00a0<\/sup>car c’est sa seule couverture, c’est le v\u00eatement dont il s’enveloppe le corps: dans quoi coucherait-il? S’il crie \u00e0 moi, je l’entendrai, car je suis mis\u00e9ricordieux.<\/span><\/p>\n Exode 22, 21 \u00e0 27<\/p>\n<\/blockquote>\n\n 34\u00a0<\/sup>Les pharisiens, ayant appris qu’il avait r\u00e9duit au silence les sadduc\u00e9ens, se rassembl\u00e8rent,<\/span><\/p>\n 35\u00a0<\/sup>et l’un d’eux, docteur de la loi, lui fit cette question, pour l’\u00e9prouver:<\/span><\/p>\n 36\u00a0<\/sup>Ma\u00eetre, quel est le plus grand commandement de la loi?<\/span><\/p>\n 37\u00a0<\/sup>J\u00e9sus lui r\u00e9pondit: Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton \u00e2me, et de toute ta pens\u00e9e.<\/span><\/p>\n 38\u00a0<\/sup>C’est le premier et le plus grand commandement.<\/span><\/p>\n 39\u00a0<\/sup>Et voici le second, qui lui est semblable: Tu aimeras ton prochain comme toi-m\u00eame.<\/span><\/p>\n 40\u00a0<\/sup>De ces deux commandements d\u00e9pendent toute la loi et les proph\u00e8tes.<\/span><\/p>\n Matthieu 22, 34 \u00e0 40<\/p>\n<\/blockquote>\n\n <\/p>\n Il y a des images que nous connaissons presque trop bien : des rues occup\u00e9es par des manifestants, des visages en col\u00e8re, des forces de l’ordre, parfois des vitrines bris\u00e9es. Et puis, il y a ces images de villes bombard\u00e9es, de familles qui fuient, d’hommes, de femmes et d’enfants qui tentent de survivre au milieu des ruines.<\/p>\n \n\n<\/p>\n Ailleurs, la vie continue. Il faut payer les factures, faire face aux inqui\u00e9tudes et essayer de pr\u00e9server ce que l’on a, dans un monde o\u00f9 bien des choses semblent devenir incertaines.<\/p>\n \n\n<\/p>\n Nous regardons ces images, nous en parlons, nous nous indignons parfois. Nous cherchons \u00e0 comprendre qui a raison, qui est responsable, qui est all\u00e9 trop loin. Et nous avons raison de chercher \u00e0 comprendre : le monde ne devient pas plus juste si nous renon\u00e7ons \u00e0 distinguer le vrai du faux, le juste de l’injuste, une revendication l\u00e9gitime d’une violence qui d\u00e9truit.<\/p>\n \n\n<\/p>\n Mais une autre question m\u00e9rite que nous nous y arr\u00eations : qu’est-ce que tout cela change \u00e0 notre mani\u00e8re de regarder les autres ?<\/p>\n \n\n<\/p>\n \u00c0 force d’\u00eatre confront\u00e9s au d\u00e9sordre, nous finissons peut-\u00eatre par d\u00e9sirer une chose avant tout : que l’ordre revienne, que les rues redeviennent calmes, que les conflits cessent et que nous puissions retrouver un peu de s\u00e9curit\u00e9. Ce d\u00e9sir est l\u00e9gitime. Nous avons besoin de stabilit\u00e9, et nous ne pouvons pas vivre ind\u00e9finiment dans la peur.<\/p>\n \n\n<\/p>\n Mais voici la question que nous ne pouvons pas esquiver :\u00a0un ordre est-il juste simplement parce qu’il nous permet de vivre tranquillement ?<\/strong><\/p>\n \n\n<\/p>\n C’est l\u00e0 que le texte de l’Exode vient nous rejoindre.<\/p>\n \n\n<\/p>\n Il ne nous parle ni de manifestations ni de conflits arm\u00e9s, mais de l’\u00e9tranger, de la veuve, de l’orphelin et du pauvre. Autrement dit, de personnes qui ne disposent pas toujours des moyens n\u00e9cessaires pour d\u00e9fendre leurs droits, faire entendre leur voix ou se prot\u00e9ger de ceux qui d\u00e9tiennent le pouvoir.<\/p>\n \n\n<\/p>\n Or, ce qui frappe dans ce passage, c’est que Dieu ne leur demande pas de prouver qu’elles m\u00e9ritent d’\u00eatre secourues. Il ne leur demande pas de pr\u00e9senter un dossier convaincant, de d\u00e9montrer qu’elles ont toujours agi correctement ou de se rendre sympathiques aux yeux de ceux qui pourraient les aider.<\/p>\n \n\n<\/p>\n Dieu dit qu’il entend leur cri.<\/p>\n \n\n<\/p>\n Et ces quelques mots changent tout.<\/p>\n \n\n<\/p>\n Nous pensons souvent que la justice commence lorsque nous disposons de suffisamment d’informations pour nous faire une opinion. Il faut conna\u00eetre les faits, comprendre les responsabilit\u00e9s et distinguer les situations. Tout cela est n\u00e9cessaire. Pourtant, le texte biblique nous rappelle qu’avant m\u00eame que nous ayons termin\u00e9 notre enqu\u00eate, il y a quelqu’un qui souffre, quelqu’un dont la vie est menac\u00e9e, quelqu’un qui risque de ne pas \u00eatre entendu.<\/p>\n \n\n<\/p>\n Et Dieu, lui, entend.<\/p>\n \n\n<\/p>\n Il y a m\u00eame quelque chose de d\u00e9rangeant dans ce passage. Dieu ne demande pas simplement aux plus forts d’\u00eatre g\u00e9n\u00e9reux ; il leur rappelle que leur pouvoir a des limites. Le cr\u00e9ancier peut prendre un manteau en gage, mais il ne peut pas le garder pendant la nuit si le pauvre en a besoin pour se prot\u00e9ger du froid. Le droit du cr\u00e9ancier ne lui donne donc pas tous les droits.<\/p>\n \n\n<\/p>\n C’est une id\u00e9e simple, mais exigeante : ce que je peux faire n’est pas n\u00e9cessairement ce que je dois faire, et ce que la loi me permet ne suffit pas toujours \u00e0 d\u00e9terminer ce qui est juste.<\/p>\n \n\n<\/p>\n La Bible ne nous demande pas de supprimer toutes les r\u00e8gles, pas plus qu’elle ne nous demande de renoncer \u00e0 toute autorit\u00e9. Elle nous emp\u00eache cependant de croire que l’ordre \u00e9tabli est juste simplement parce qu’il existe. Une soci\u00e9t\u00e9 ne se juge pas seulement \u00e0 son bon fonctionnement, mais aussi \u00e0 la mani\u00e8re dont elle traite ceux qui ont le moins de moyens pour se d\u00e9fendre.<\/p>\n \n\n<\/p>\n Cela vaut pour les pays lointains, pour les soci\u00e9t\u00e9s travers\u00e9es par des tensions et pour les populations prises dans les guerres. Mais cela vaut aussi plus pr\u00e8s de nous, dans nos institutions, nos relations et nos communaut\u00e9s. Un syst\u00e8me peut tr\u00e8s bien fonctionner pour ceux qui en connaissent les r\u00e8gles et en ma\u00eetrisent les codes, tout en rendant la vie tr\u00e8s difficile \u00e0 ceux qui n’y trouvent pas leur place.<\/p>\n \n\n<\/p>\n La question n’est donc pas seulement de savoir si nous voulons vivre en paix. Bien s\u00fbr que nous le voulons. Mais\u00a0quelle paix d\u00e9sirons-nous : une paix qui permette \u00e0 chacun de vivre, ou une tranquillit\u00e9 qui nous \u00e9vite d’\u00eatre d\u00e9rang\u00e9s ?<\/strong><\/p>\n \n\n<\/p>\n C’est \u00e0 cet endroit que nous pouvons entendre la question pos\u00e9e \u00e0 J\u00e9sus.<\/p>\n \n\n<\/p>\n Un sp\u00e9cialiste de la Loi lui demande quel est le plus grand commandement. La question semble simple : parmi toutes les exigences de la Loi, laquelle faut-il placer au premier rang ?<\/p>\n \n\n<\/p>\n J\u00e9sus r\u00e9pond en citant deux commandements de l’\u00c9criture : aimer Dieu de tout son c\u0153ur, de toute son \u00e2me et de toute sa pens\u00e9e, et aimer son prochain comme soi-m\u00eame.<\/p>\n \n\n<\/p>\n Nous connaissons ces paroles. Peut-\u00eatre les connaissons-nous m\u00eame si bien que nous n’entendons plus vraiment ce qu’elles nous demandent.<\/p>\n \n\n<\/p>\n Car J\u00e9sus ne propose pas simplement une r\u00e8gle suppl\u00e9mentaire, plus importante que les autres. Il ne cherche pas non plus une formule qui permettrait de r\u00e9duire toute la Loi \u00e0 une id\u00e9e g\u00e9n\u00e9reuse. Il rassemble toute la Loi et les Proph\u00e8tes autour de ces deux commandements : aimer Dieu et aimer son prochain.<\/p>\n \n\n<\/p>\n Mais ce rapprochement est plus exigeant qu’il n’y para\u00eet, car il nous emp\u00eache de s\u00e9parer notre relation \u00e0 Dieu de notre mani\u00e8re de vivre avec les autres. Il nous emp\u00eache aussi de r\u00e9duire l’amour \u00e0 un sentiment, \u00e0 une bonne intention ou \u00e0 une disposition int\u00e9rieure.<\/p>\n \n\n<\/p>\n L’amour du prochain se joue \u00e9galement dans ce que nous acceptons de lui prendre, dans les limites que nous imposons \u00e0 notre pouvoir, dans la place que nous lui laissons et dans notre mani\u00e8re de l’\u00e9couter lorsque ses paroles viennent troubler nos certitudes.<\/p>\n \n\n<\/p>\n Aimer son prochain ne signifie pas \u00eatre d’accord avec lui. Cela ne signifie pas approuver toutes ses d\u00e9cisions, justifier toutes les violences ou renoncer \u00e0 chercher la v\u00e9rit\u00e9. Il y a des conflits r\u00e9els, des responsabilit\u00e9s \u00e0 \u00e9tablir et des actes \u00e0 condamner. L’amour ne nous dispense pas de discerner.<\/p>\n \n\n<\/p>\n Mais il nous interdit de faire de notre d\u00e9saccord une raison suffisante pour retirer \u00e0 l’autre sa dignit\u00e9. Il nous emp\u00eache de penser que celui qui nous d\u00e9range ne m\u00e9rite plus d’\u00eatre \u00e9cout\u00e9, et nous oblige \u00e0 nous demander ce que nous ne voyons plus lorsque notre premi\u00e8re pr\u00e9occupation devient de retrouver notre tranquillit\u00e9.<\/p>\n \n\n<\/p>\n C’est peut-\u00eatre l\u00e0 l’un des aspects les plus difficiles du commandement de J\u00e9sus : le prochain n’est pas seulement celui que nous avons choisi d’aimer, celui avec qui nous nous entendons, dont nous comprenons les raisons ou dont nous approuvons les choix. Le prochain est aussi celui dont la pr\u00e9sence nous oblige \u00e0 sortir de nous-m\u00eames. Parfois, c’est pr\u00e9cis\u00e9ment celui que nous pr\u00e9f\u00e9rerions ne pas avoir \u00e0 rencontrer.<\/p>\n \n\n<\/p>\n Alors la question est : qui peut encore nous d\u00e9ranger ?<\/strong><\/p>\n \n\n<\/p>\n Les \u00e9v\u00e9nements de notre \u00e9poque nous placent devant des situations complexes que nous ne pouvons pas r\u00e9soudre en quelques phrases bibliques. Nous ne pouvons pas dire que toute manifestation exprime n\u00e9cessairement une injustice, pas plus que nous ne pouvons consid\u00e9rer tout appel \u00e0 l’ordre comme une preuve d’indiff\u00e9rence. La r\u00e9alit\u00e9 est plus complexe que cela.<\/p>\n \n\n<\/p>\n Mais nous pouvons laisser ces \u00e9v\u00e9nements nous interroger. Lorsque la col\u00e8re \u00e9clate, savons-nous encore entendre ce qui se trouve derri\u00e8re elle, sans pour autant justifier les violences qui peuvent l’accompagner ? Lorsque la guerre d\u00e9truit des vies, savons-nous encore voir les personnes autrement qu’\u00e0 travers le camp auquel elles appartiennent ? Et lorsque la peur nous gagne, savons-nous distinguer la protection n\u00e9cessaire du refus de faire une place \u00e0 l’autre ?<\/p>\n \n\n<\/p>\n Il y a aussi une question plus proche de nous, peut-\u00eatre plus difficile encore : dans nos propres vies, qui sommes-nous devenus incapables d’entendre ?<\/p>\n \n\n<\/p>\n Il ne s’agit pas de nous condamner parce que nous avons besoin de s\u00e9curit\u00e9, ni de pr\u00e9tendre que nous pourrions r\u00e9pondre \u00e0 toutes les d\u00e9tresses. Nous avons des limites ; nous ne pouvons pas porter toutes les souffrances du monde ni r\u00e9soudre toutes les injustices. L’\u00c9vangile ne nous demande pas de jouer les sauveurs.<\/p>\n \n\n<\/p>\n Il nous demande quelque chose de plus fondamental : ne pas confondre nos limites avec le droit de d\u00e9tourner le regard, ni notre besoin de s\u00e9curit\u00e9 avec le droit de d\u00e9cider que certaines vies peuvent rester au bord du chemin.<\/p>\n \n\n<\/p>\n Et c’est ici que nous devons entendre la bonne nouvelle.<\/p>\n \n\n<\/p>\n Car si ces textes ne faisaient que nous rappeler nos devoirs, nous repartirions avec une t\u00e2che suppl\u00e9mentaire, une exigence de plus \u00e0 laquelle nous savons d\u00e9j\u00e0 que nous ne r\u00e9pondons pas pleinement. Nous pourrions nous demander si nous avons assez aim\u00e9, assez donn\u00e9, assez \u00e9cout\u00e9, et finir par mesurer notre foi \u00e0 notre propre capacit\u00e9 d’\u00eatre justes.<\/p>\n \n\n<\/p>\n Mais la foi chr\u00e9tienne ne commence pas par ce que nous r\u00e9ussissons \u00e0 faire pour Dieu. Elle commence par Dieu lui-m\u00eame, par le Dieu qui nous parle, qui entend le cri de ceux que nous n’entendons pas et qui ne nous laisse pas enferm\u00e9s dans nos propres crit\u00e8res de justice.<\/p>\n \n\n<\/p>\n Nous aussi, nous avons besoin d’\u00eatre accueillis. Nous aussi, nous avons besoin d’une gr\u00e2ce que nous ne pouvons pas nous accorder \u00e0 nous-m\u00eames. Nous ne sommes pas du c\u00f4t\u00e9 de ceux qui auraient compris la justice et appris \u00e0 aimer, comme si nous pouvions nous tenir au-dessus des autres. Nous sommes, nous aussi, des \u00eatres qui ont besoin d’\u00eatre relev\u00e9s, pardonn\u00e9s et renouvel\u00e9s.<\/p>\n \n\n<\/p>\n La gr\u00e2ce ne nous dispense donc pas d’aimer. Elle nous lib\u00e8re de l’id\u00e9e que nous devrions d’abord devenir irr\u00e9prochables pour pouvoir vivre devant Dieu. Et, en nous lib\u00e9rant de cette pr\u00e9tention, elle nous rend peut-\u00eatre plus libres de rencontrer l’autre sans devoir imm\u00e9diatement le juger, le classer ou nous justifier devant lui.<\/p>\n \n\n<\/p>\n Alors, le commandement de J\u00e9sus cesse d’\u00eatre un id\u00e9al inaccessible que nous contemplerions de loin. Il devient un chemin sur lequel nous sommes remis en mouvement.<\/p>\n \n\n<\/p>\n Aimer Dieu, c’est reconna\u00eetre que notre tranquillit\u00e9 n’est pas la mesure ultime de toute chose. Aimer le prochain, c’est accepter que sa vie compte, m\u00eame lorsque sa pr\u00e9sence d\u00e9range notre organisation, nos habitudes ou nos certitudes.<\/p>\n \n\n<\/p>\n Peut-\u00eatre que la fid\u00e9lit\u00e9 commence l\u00e0 : non pas lorsque nous avons trouv\u00e9 une r\u00e9ponse \u00e0 toutes les questions du monde, mais lorsque nous cessons de croire que nous pouvons vivre notre foi sans \u00eatre d\u00e9rang\u00e9s par ce qui arrive \u00e0 notre prochain.<\/p>\n \n\n<\/p>\n Dieu entend le cri de celui qui ne peut plus se faire entendre, et J\u00e9sus nous rappelle que l’amour de Dieu et l’amour du prochain sont ins\u00e9parables. Entre les deux, il y a une place pour nous : non pas celle des juges qui sauraient d\u00e9j\u00e0 qui m\u00e9rite quoi, mais celle des personnes appel\u00e9es, \u00e0 leur tour, \u00e0 \u00e9couter, \u00e0 discerner et \u00e0 aimer.<\/p>\n \n\n<\/p>\n Que Dieu nous donne de ne pas rechercher seulement une paix qui nous prot\u00e8ge du monde, mais une paix dans laquelle le prochain puisse, lui aussi, vivre.<\/p>\n \n\n<\/p>\n Amen.<\/p>\n <\/p>\n\n Dieu de justice et de compassion,<\/p>\n<\/div>\n nous te confions celles et ceux dont la voix ne porte pas, celles et ceux qui vivent dans la peur, l’exil, la pr\u00e9carit\u00e9 ou la solitude. Que des personnes se l\u00e8vent pour les d\u00e9fendre, que des portes s’ouvrent et que leurs besoins ne soient pas rel\u00e9gu\u00e9s au second plan.<\/p>\n<\/div>\n Nous te prions pour les r\u00e9gions d\u00e9chir\u00e9es par la guerre, pour les populations prises au pi\u00e8ge des violences, pour les familles endeuill\u00e9es et pour celles qui attendent des nouvelles de leurs proches. Donne du courage \u00e0 celles et ceux qui soignent, accueillent, prot\u00e8gent et cherchent \u00e0 pr\u00e9server la vie. Soutiens les efforts de paix et les personnes qui refusent de c\u00e9der \u00e0 la haine.<\/p>\n<\/div>\n Nous te prions pour nos soci\u00e9t\u00e9s, travers\u00e9es par des d\u00e9saccords et des tensions. Donne \u00e0 celles et ceux qui exercent des responsabilit\u00e9s le souci du bien commun, le discernement n\u00e9cessaire et le courage de d\u00e9cisions justes. Que la recherche de l’ordre ne fasse jamais oublier les personnes que cet ordre doit prot\u00e9ger.<\/p>\n<\/div>\n Nous te prions pour celles et ceux qui se sentent menac\u00e9s par les changements, qui ont peur de perdre leurs rep\u00e8res ou de ne plus trouver leur place. Que leurs inqui\u00e9tudes puissent \u00eatre entendues, sans qu’elles deviennent un motif de rejet envers d’autres.<\/p>\n<\/div>\n Nous te prions aussi pour nos communaut\u00e9s, nos familles et nos relations quotidiennes. Montre-nous les personnes que nous ne savons plus \u00e9couter, les d\u00e9tresses que nous avons appris \u00e0 ne plus voir et les gestes simples par lesquels nous pouvons rendre la vie plus habitable.<\/p>\n<\/div>\n Enfin, nous te confions ce que chacun porte en silence : une inqui\u00e9tude, une d\u00e9cision \u00e0 prendre, une absence, une esp\u00e9rance fragile. Re\u00e7ois nos pri\u00e8res, m\u00eame lorsque les mots nous manquent.<\/p>\n<\/div>\n Dieu, nous ne savons pas toujours comment agir, et nous ne pouvons pas tout changer. Mais garde-nous disponibles \u00e0 ton Esprit, afin que notre pri\u00e8re ne nous \u00e9loigne pas du monde et que notre esp\u00e9rance prenne corps dans nos vies.<\/p>\n<\/div>\n Amen.<\/p>\n<\/div>\n\n Que Dieu nous donne la libert\u00e9 de ne pas vivre enferm\u00e9s dans nos seules pr\u00e9occupations.<\/p>\n<\/div>\n Que le Christ nous apprenne \u00e0 regarder chaque personne sans lui retirer sa dignit\u00e9, m\u00eame lorsque nous ne comprenons pas ses choix.<\/p>\n<\/div>\n Que l’Esprit nous donne le courage d’\u00e9couter, le discernement pour agir justement et la pers\u00e9v\u00e9rance pour chercher la paix.<\/p>\n<\/div>\n Et que la gr\u00e2ce de Dieu nous accompagne, aujourd’hui et chaque jour, afin que notre pr\u00e9sence rende un peu plus habitable le monde qui nous est confi\u00e9.<\/p>\n<\/div>\n Allez dans la paix de Dieu.<\/p>\n<\/div>\n Amen.<\/p>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":" Message apport\u00e9 lors du culte du 25 octobre au Temple d’Auvernier Lectures\u00a0 21\u00a0Tu ne maltraiteras point l’\u00e9tranger, et tu ne l’opprimeras point; car vous avez \u00e9t\u00e9 \u00e9trangers dans le pays d’\u00c9gypte. 22\u00a0Tu n’affligeras point la veuve, ni l’orphelin. 23\u00a0Si tu les affliges, et qu’ils viennent \u00e0 moi, j’entendrai leurs cris; 24\u00a0ma col\u00e8re s’enflammera, et je … Continuer la lecture de « Qui peut encore nous d\u00e9ranger ? »<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":19,"featured_media":5769,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[2204],"tags":[],"class_list":["post-5768","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-cultes"],"yoast_head":"\nLectures\u00a0<\/strong><\/h5>\n\n\n
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\n
Message<\/h5>\n
Pri\u00e8re d’intercession<\/h5>\n
B\u00e9n\u00e9diction<\/h5>\n