Semaine du 6 au 12 juin 2016. Inclusivité: chrétiens et homosexuels

 

Quand, après cette prière, il se releva et vint vers les disciples, il les trouva endormis de tristesse. Il leur dit : « Quoi ! Vous dormez ! Levez-vous et priez afin de ne pas tomber au pouvoir de la tentation ! » (Luc 22, 45-46)

Lundi 6 juin

Bonjour, ces deux versets de Luc me semblent justifier de consacrer cette semaine encore ma chronique à la question de l’accueil et de la bénédiction des couples de même sexe au sein de l’Église. En effet, nous avons souvent l’impression d’avoir consacré assez de temps à une question et à nous endormir… Je me lève donc cette semaine avec la conscience que je n’ai pas donné la parole aux principales personnes concernées par mes précédentes chroniques, je souhaite donc cette semaine laisser la parole aux chrétien.ne.s homosexuel.le.s. Je présenterai aujourd’hui l’association David & Jonathan. Je l’ai choisie pour son ancienneté et son origine française, afin de donner un écho assez direct aux Attestants de l’Église Protestante Unie de France que j’ai présentés la semaine dernière.

David & Jonathan

Pour présenter David & Jonathan (D&J), je me réfère à leur site internet auquel je renvoie pour des détails supplémentaires. D&J se définit comme un mouvement homosexuel chrétien ouvert à toutes et à tous. Cette association française a été fondée en 1972, elle compte aujourd’hui 550 membres présent-e-s dans 22 groupes locaux. Deux tiers des membres se considèrent comme chrétien-ne-s, les autres se définissant comme « en recherche spirituelle » ou « agnostiques ».

D&J s’affirme comme « l’interface entre le milieu LGBT (lesbien, gay, bi, transsexuels), le monde des Églises et l’implication citoyenne ». Chaque groupe local propose des rencontres et sorties conviviales, des groupes de partage et de parole, des activités spirituelles, etc. toujours dans le but de cultiver la solidarité, l’accueil et l’écoute. De plus, des activités transversales sont pilotées au niveau national.

David & Jonathan n’est pas un mouvement d’Église et n’est rattaché à aucune confession ou institution religieuse. Cependant, nombre de ses adhérents sont engagé-e-s personnellement dans différentes Églises. L’association a à cœur de participer aux débats qui s’ouvrent au sein des Églises autour de la lutte contre l’homophobie, l’égalité des droits notamment sur le mariage civil, l’homoparentalité et les bénédictions de couples.

Sur le plan spirituel, la charte de David & Jonathan appelle chacun-e de ses membres à vivre sa spiritualité et sa foi en relation avec son identité homosexuelle et au sein des communautés de croyants.

Le groupe Protestants

Un groupe Protestants homosexuels s’est formé au sein de l’association David & Jonathan, une page du site  les présente et ils disposent d’un blog.

Réformés, luthériens et évangéliques, ils se réunissent au niveau national une fois par an, et reçoivent régulièrement également un invité, pasteur ou professeur, pour un apport sur un thème précis.

Lors du synode de 2015 où l’Église Protestante Unie de France a voté l’autorisation de la bénédiction des couples de même sexe, le groupe Protestants de D&J avait publié cette lettre ouverte « A l’Heure du Choix » dont je vous propose ici le résumé. Le texte complet est disponible sur leur site.

Le groupe rappelle que l’homophobie n’est pas uniquement une attitude de violence, mais relève également de toute considération (même gentiment exprimée) qui suggère que l’homosexualité est contre-nature.

Il y a parmi les Églises locales des personnes homosexuelles, adultes ou jeunes, présentes et engagées dans les activités. Si des individus ne font pas le choix de leur orientation sexuelle, ils peuvent par contre faire le choix de se rapprocher de la parole des Évangiles dans leurs principes de vie et dans leurs actes.

Aussi, accueillir l’homosexualité au sein de l’Église, c’est reconnaître que l’on peut apprendre de l’autre, et construire ensemble un espace où chacun puisse louer Dieu dans la communion aux autres, sans se sentir jugé sur son identité sexuelle.

L’association relève à juste titre qu’en tant que chrétiens, les couples homosexuels aspirent avant tout à être reconnus comme enfants de Dieu au même titre que les hétérosexuels. La communauté en Christ prime sur le couple, et c’est pour cela qu’il est essentiel pour eux d’être pleinement reconnus en tant que couple au sein de la Communauté, sous peine de vivre de manière « dissociée ».

L’association appelle l’Église à être ferme et volontaire dans la condamnation de l’homophobie sur un plan concret et pas uniquement théorique.

Après avoir rappelé les deux commandements d’amour de l’Evangile du Christ, le groupe conclut :

Rappelons qu’un couple de même sexe engage le même sérieux qu’un couple hétérosexuel quand il désire s’engager librement dans la fidélité, quand il dresse un contrat devant la société, y investit sa foi et demande la bénédiction de Dieu sur lui et ses projets.

Il pose finalement la question suivante : où le couple de même sexe peut-il trouver ailleurs que dans l’Église du Seigneur sa dimension spirituelle ? 

Questions à David & Jonathan

Après avoir pris connaissance du groupe Protestants de D&J, je souhaite poser quelques questions quant à sa position intermédiaire entre l’Eglise Protestante Unie de France et l’association D&J :

  • En tant que groupe Protestants engagés dans l’association D&J, n’avez-vous pas l’impression parfois que cette affiliation vous coupe de l’Église ?
  • L’aspect militant de D&J convient-il encore à votre groupe à l’heure où l’EPUdF a rendu possible la bénédiction des couples ?
  • Le groupe Protestants de D&J ne doit-il pas aujourd’hui s’affirmer d’abord comme un organe de soutien aux paroisses souhaitant faire le pas de l’inclusivité et aux couples souhaitant s’affirmer dans leurs paroisses ?
  • L’Église rencontre en son sein des résistances à la décision du synode, n’est-ce pas à cette échelle-là que le groupe Protestant devrait s’investir ?
  • Comment soutenez-vous, ou envisagez-vous d’apporter votre soutien aux paroisses qui souhaitent cheminer vers une pleine inclusivité mais font face à des tensions internes ?
  • En bref, comment épaulez ou pourriez-vous épauler l’Église (sans simplement l’exhorter à changer) concrètement ?

Je suis sûre que des choses se font déjà en ce sens, mais je serais curieuse d’avoir quelques précisions de votre part.

Réponse de David&Jonathan

Denis Gaultier, co porte-parole du groupe Protestants de David & Jonathan est, suite à mes questions, entré en correspondance avec moi. Il a généreusement proposé à partir de mes questions et des propos tenus dans mes chroniques de mettre en forme une fiche pratique augmentée de ses réflexions. Nous proposons ainsi, ce me semble, un document de base précieux pour chaque Église, toutes confessions confondues, qui souhaiterait s’engager dans la voie de l’inclusivité et de l’accueil inconditionnel. Vous pouvez consulter cette fiche pratique ici.

En outre, il m’a également transmis une proposition de trame de liturgie pour la bénédiction d’un couple de mariés afin de répondre – positivement – à ma question de savoir s’il était possible d’envisager une liturgie du mariage, fondée théologiquement, qui convienne au couple quelle que soit sa « composition ».

Finalement, je me permets d’indiquer ici un lien vers un document qu’il avait rédigé et mis sur son site, concernant le projet de loi français qui a ouvert le mariage civil aux personnes homosexuelles.

Je le remercie infiniment pour la promptitude et le soin qu’il a mis à me répondre. Je rends grâce pour la belle collaboration qui en a découlé et lui adresse ma profonde reconnaissance pour tout le travail qu’il a effectué afin de m’accompagner dans ma démarche. J’espère de tout mon cœur que ce lien noué se maintiendra dans l’avenir.

Prions…

Aujourd’hui, j’aimerais prier cette prière à la manière de saint François d’Assise proposée par l’Oratoire du Louvre afin que, au-delà de nos divergences, notre première volonté soit de nous mettre au service de Dieu et de notre prochain:

Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix :
Là où il y a de la haine, que je mette l’amour,
Là où il y a l’offense, que je mette le pardon,
Là où il y a la discorde, que je mette l’union,
Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité,
Là où il y a le doute, que je mette la foi,
Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance,
Là où il y a les ténèbres, que je mette ta lumière,
Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.

Ô Maître, que je ne cherche pas tant :
À être consolé… qu’à consoler,
À être compris… qu’à comprendre
À être aimé… qu’à aimer.

Car,
C’est en donnant… qu’on reçoit,
C’est en s’oubliant… qu’on trouve,
C’est en pardonnant… qu’on est pardonné,
C’est en mourant… qu’on ressuscite à la vie éternelle.

Amen.

Je vous souhaite à tous une belle entrée dans cette semaine, au plaisir de vous retrouver demain

Cécile

Mardi 7 juin

Bonjour,

Je ne pensais pas au départ présenter l’association Devenir Un en Christ, car je croyais un peu naïvement que la position de l’Eglise catholique au sujet des personnes homosexuelles était trop éloignée de nos points de vue protestants. Cependant, en prenant connaissance des activités et buts de l’association, qui propose de nombreuses réponses concrètes pour l’accueil et l’accompagnement des chrétiens homosexuels bien au-delà des différences confessionnelles, j’ai souhaité aujourd’hui présenter Devenir Un en Christ et inviter tout en chacun à découvrir son site internet.

Devenir Un en Christ

L’association propose un accueil inconditionnel des personnes homosexuelles, quelle que soit leur situation, afin de les aider à trouver paix et confiance, à cheminer vers un sain équilibre entre leur identité sexuelle et leur foi en Christ.

Or Dieu nous aime sans condition, et nous sommes tous appelés à vivre de sa vie. Animée par cette conviction, l’association désire

être un lieu d’accueil chrétien et d’écoute inconditionnels

permettre à chacun d’être lui-même et de partager librement ses questions avec d’autres vivant des parcours semblables,

être un lieu de réflexion pour la foi et de prière avec l’Église,

chercher ensemble des chemins d’Evangile pour aujourd’hui,

témoigner de cette recherche.

L’association propose à ses membres des activités régulières à Paris, son siège principal, et dans diverses régions de France et de Belgique. Des personnes-relais existent dans plusieurs pays et peuvent être contactées par tout en chacun. Des groupes de partage se réunissent dans plusieurs villes. Des week-ends pour aborder des thèmes et situations spécifiques sont mis en place plusieurs fois par an. Un camp Marche et Prière d’une semaine a lieu chaque été, et une retraite de cinq jours est organisée annuellement. Une messe mensuelle a lieu à Paris, Lyon et Toulouse, chaque premier mercredi du mois.

Si l’association DUEC est catholique, elle donne des conseils concrets, valables quelles que soient les communautés, pour cheminer vers un accueil respectueux et soucieux des problèmes spécifiques rencontrés par les homosexuels chrétiens.

Je renvoie en lien à ce très intéressant article que je me propose ici de résumer.

DANS LE CAS D’UN ENTRETIEN AVEC UNE PERSONNE HOMOSEXUELLE

Quel message faire passer ? Comment réagir devant certaines questions ?

Tout d’abord, l’article insiste sur le fait qu’il s’agit d’être conscient que le pas qu’une personne homosexuelle fait pour s’adresser à une Église a probablement été difficile et que la personne est sans doute emplie de la peur d’être jugée et rejetée. Il s’agit donc de faire preuve de douceur et de mesurer ses mots qui pourront facilement être mal interprétés, éviter les discours préfabriqués, moralisateurs, d’une curiosité appuyée, etc.

Il est ensuite important de placer l’homosexualité à sa juste place, à savoir comme une composante de la personne, mais pas son essence. Cette personne a d’autres qualités et centres d’intérêt qui la caractérisent. Nous pouvons la mettre en valeur sur d’autres critères que son orientation sexuelle, la première identité du chrétien étant d’être fils et fille de Dieu.

Si la personne aborde le sujet de la position de l’Église qui l’a blessée ou culpabilisée, il est inutile de partir d’emblée dans des grands débats théologiques. La personne attend avant tout d’être rassurée, et quelques réponses simples au sujet de l’homosexualité dans la Bible peuvent être rappelées : la Bible parle peu d’homosexualité et ne l’entend pas au sens d’orientation sexuelle, mais comme un comportement d’hétérosexuels qui rencontraient des hommes, généralement mariés. À propos de Paul, nous pouvons rappeler que son message essentiel est qu’il n’y a plus ni Juif ni Grec, ni homme ni femme, ni homosexuel ni hétérosexuel, mais des enfants de Dieu. D’autres réponses claires quant à l’homosexualité dans la Bible sont données sur le site internet de l’association.

Vis-à-vis de l’Église en laquelle la personne a pu vivre de mauvaises expériences, nous pouvons rappeler qu’être chrétien n’est pas obéir à des dogmes, mais répondre à l’appel de Dieu qui tient compte de ce que nous sommes en vérité. L’Église n’est pas parfaite, et composée de membres qui eux aussi sont en chemin, avec leurs défauts et leurs peurs.

Si la personne évoque la question du péché, rappeler que la tentation et le péché ne portent pas sur des actes précis, mais sur la séparation de l’homme avec son Dieu. Nous pouvons alors insister sur tout ce qui permet de maintenir et vivifier ce lien : la prière, les lectures bibliques, la participation au culte et à la Cène, etc.

Finalement, face à une personne désœuvrée, nous pouvons avec elle chercher des moyens concrets pour avancer pas à pas dans la confiance en Dieu, lui proposer de réfléchir au sens à donner à sa vie, formuler un projet d’espérance, lui proposer un soutien spirituel, la participation à des groupes de rencontres, etc.

Questions à Devenir Un en Christ

Vous donnez de justes conseils pour l’accueil d’une personne homosexuelle lors d’un entretien. Auriez-vous des conseils à donner à une paroisse qui souhaite améliorer son accueil parmi les questions suivantes :

  • Faut-il amener des paroissiens qui cachent leur identité sexuelle à l’affirmer librement, malgré des réactions individuelles négatives imprévues qui pourraient émerger parmi la communauté ?
  • Comment mener la communauté à accueillir avec respect cette part identitaire de la personne ?
  • Comment concilier une attitude naturelle d’accueil avec celle plus spécifique des personnes homosexuelles, pour éviter que celles-ci se sentent « en marge »?
  • Comment afficher l’accueil que l’on souhaite faire aux personnes homosexuelles sans que celles-ci se sentent considérées en situation d’infériorité, de faiblesse ?
  • Je n’ai trouvé nulle part votre avis sur la bénédiction des couples homosexuels, quelle est la position de DUEC ?

Réponse de Devenir Un en Christ

Un membre de l’association DUEC a généreusement pris le temps de correspondre avec moi suite à la publication de cette présentation. Nous avons convenu ensemble de la réponse que nous pouvions publier ici. L’association nous a indiqué qu’elle se réjouissait de notre initiative d’aider à un meilleur accueil des personnes concernées par l’homosexualité au sein de nos paroisses, qu’elles soient protestantes ou catholiques. En revanche, elle n’avait pas de document de repères tout faits sur les questions de l’accueil en paroisses, le sujet ne se présentant pas exactement de la même manière en France et en Suisse. Des liens se sont en tout cas tissés au travers de ce petit échange, et je ne manquerai pas de tenir au courant ses membres de nos discussions.

Prions…

Hier, Devenir Un en Christ proposait sa prière du lundi sur le thème de la « La résurrection du fils de la veuve de Naïm ». Après un commentaire du passage, voici la prière signée Jean-Philippe que je vous propose de partager ensemble aujourd’hui :

Seigneur
Nous te rendons grâce car nous savons que tu es sans cesse présent à nos côtés, en particulier dans les moments d’épreuves intenses, et que tu es toujours « remué jusqu’aux entrailles » par ce que chacun de nous peut vivre.
Au milieu de nos difficultés, aide-nous à entendre les paroles de vie nécessaires et pleines d’espérance que tu adresses à chacun, par ta Parole et par nos frères et sœurs. 
Prends soin tout particulièrement de ceux qui ont perdu un enfant ou un être cher. Et qu’à l’image du Christ, nous sachions nous arrêter pour eux et avec eux, et trouver le geste ou les paroles qui pourront les consoler et les aider à rester dans l’espérance. 
Amen

Il me reste, à mon habitude, à vous souhaiter une très belle journée

Bien à vous

Cécile

Mercredi 8 juin

Bonjour,

aujourd’hui se tient le synode de l’EREN auquel j’irai assister… A titre personnel, je suis de plus en plus convaincue que nous devons réfléchir, si ce n’est directement à la question de la bénédiction des couples de même sexe, du moins à l’accueil des personnes homosexuelles, et d’avantage, réfléchir à comment mieux nous montrer présents auprès de toutes les minorités qui se sentent en marge de notre Eglise… Je suis donc très curieuse de tout ce qui se profilera en ce sens lors de la présentation de la législature de ces prochaines années.

Je présenterai aujourd’hui l’association genevoise C+H (Chrétiens et Homosexuels) et son engagement à accueillir et aider les personnes homosexuelles à vivre en paix avec sa foi et à trouver sa place dans la communauté en Christ que nous formons.

C+H

Le groupe C+H est né au sein de l’association homosexuelle Dialogai de Genève en 1988. Il est ouvert à tous et se réunit une fois par mois pour une discussion à thème. La plupart de ses membres assume son homosexualité et cherche à la vivre en accord avec sa foi. Son site internet vous permettra d’en apprendre plus.

Nous sommes intuitivement convaincus que nous pouvons être à la fois chrétiens et homosexuels : pour nous, l’orientation sexuelle a moins d’importance que la qualité de nos relations affectives.

En tant que chrétiens, ils se fondent sur les Écritures, avec la ferme conviction que les propos qui condamnent l’homosexualité dans la Bible ne s’applique jamais à leur situation, à savoir « une relation affective et sexuelle entre deux personnes responsables et de même sexe ».

Face aux Églises dont les positions sont diverses, le groupe se donne pour mission de contribuer à développer la compréhension de l’homosexualité. Dans ce but, ils proposent une brochure qui se veut « l’expression d’un groupe de chrétiens qui se trouvent être des homosexuels ».

« Le fait homosexuel », par le groupe C+H

Je proposerai ici un résumé, mais vous engage à lire l’entier de la brochure disponible en pdf sur le site internet de C+H.

Cette brochure a été conçue pour donner un aperçu de l’homosexualité, une approche volontairement personnelle. Le vœu des auteurs est de pouvoir « montrer que les homosexuels sont des personnes comme les autres, confrontés à des choix difficiles et qui essayent de vivre en accord avec leur conscience ».

Cette brochure aborde dans un premier temps le « fait homosexuel » en rappelant que la sexualité ne se limite pas aux seuls rapports sexuels, mais engage aussi « notre vie affective, notre sensibilité, une grande partie de notre personnalité ». Elle rappelle que l’homosexualité ne peut être considérée comme une maladie. On sait aujourd’hui que l’orientation sexuelle est déterminée en partie par nos gènes et en partie par des facteurs psychologiques. Impossible de déterminer la part respective de ces origines, toujours est-il qu’on ne « choisit » pas d’être homosexuel, on le « découvre », et bien souvent cette découverte est douloureuse et dans un premier temps niée et combattue.

Le choix n’est pas de savoir si nous sommes homo- bi- ou hétérosexuel, mais comment vivre ce que nous sommes.

Le groupe répond ensuite aux idées reçues négatives sur l’homosexualité en montrant que celle-ci n’est pas « guérissable », que deux homosexuels peuvent vivre une vie de couple fidèle et épanouie. Le groupe décrit les obstacles sociaux qui souvent sont cause des « déviances » dont on accuse à tort les homosexuels, il revient ensuite sur la période de l’adolescence, moment où la découverte de l’homosexualité a tendance à s’imposer, avec les traumatismes qui peuvent en découler.

Dans un second temps, la brochure aborde le thème des « Écritures et l’homosexualité » et s’ouvre sur la question suivante :

Pour un chrétien, la Bible n’est-elle pas avant tout le témoignage rendu à Jésus-Christ, en qui Dieu s’est totalement révélé et donné ?

pour constater

De ce Jésus, les Évangiles ne rapportent aucune parole sur l’homosexualité.

Sur Genèse 19, le groupe rappelle que le comportement des habitants de Sodome est dénoncé comme viol, non comme  l’homosexualité telle qu’elle est entendue aujourd’hui, à savoir une relation entre deux adultes consentants. Au sujet de Romains 1, 26-27, le groupe souligne que Paul ne condamne pas en elle-même l’homosexualité, mais la cite parmi les exemples de comportements qu’il juge dégradants, la conception romaine de la sexualité étant fondée sur les rapports de dominant-dominé.

Pour résumer,

aucun texte ne traite de l’homosexualité en tant que telle, prise comme un sujet en soi. Lorsqu’un texte en parle, c’est tour à tour en relation avec la violence sexuelle, le refus de l’étranger, le culte des idoles ou la prostitution sacrée

La brochure rappelle donc la juste définition de l’homosexualité:

Quand nous parlons d’homosexualité, nous parlons d’une relation affective et sexuelle entre des personnes responsables, d’une orientation individuelle profonde, qui n’a pas été choisie, et qui n’est ni plus ni moins susceptible de conduire à la débauche et au vice que ne l’est l’hétérosexualité.

Finalement, le groupe pose une question aux Églises qui les condamne :

Déjà dans l’Ancien Testament, les prophètes sont soucieux de justice et d’équité sociale à l’égard des groupes défavorisés : veuves, orphelins, immigrés. N’est-il pas du devoir des Églises de promouvoir le respect envers chaque créature de Dieu ?

Dans un troisième temps, la brochure illustre la situation des homosexuels face à la société. Nous ne résumerons pas ici les très intéressants constats qui y sont dressés, mais passerons au sujet qui nous préoccupe et qui constitue le dernier chapitre de cette brochure : « L’Église et les homosexuels ».

Le groupe rappelle d’une part que beaucoup d’Églises ne se sentent pas concernées. Il revient sur l’argument de la stérilité qui caractérise l’union homosexuelle :

Nous ne participons pas à la perpétuation de l’espèce humaine, mais nous ne nous sentons pas plus en faute que des hétérosexuels célibataires ou sans enfants.

Par contre, au nom de leur vie affective, les membres du groupes estiment important de « présenter notre compagnon à tous, partager comme tout en chacun nos expériences affectives et ne pas avoir à cacher tout un pan de notre personnalité. »

Sur la question de la bénédiction, le groupe ne se confond pas avec les militants, et se rend compte « comme chrétiens, que, sur le plan symbolique-théologique, l’union homosexuelle est très différente de celle d’un homme et d’une femme qui vont donner la vie à des enfants », mais rappelle

Quoi qu’il en soit, que cette union soit oui ou non reconnue par une cérémonie officielle, nous savons qu’elle est placée sous la protection de Dieu, car Dieu est amour et il bénit tout amour vrai.

Au terme de cette brochure, le groupe met son lecteur face à des questions qui pourront l’orienter vers une vision différente, et clôt sur les défis qu’il entend relever.

Questions à C+H

  • Vous montrez à juste titre le rejet dont sont l’objet les homosexuels au sein de l’Église. Pourriez-vous envisager de témoigner également sur les solutions concrètes que cette dernière pourrait mettre en place en vue d’une juste reconnaissance ?
  • Outre des constats de rejets, pourriez-vous témoigner du chemin fait par des proches hétérosexuels qui ont d’abord évalué négativement puis positivement votre orientation sexuelle, nous indiquer, en quelque sorte, des chemins de conversion de notre regard ?
  • Quels conseils donneriez-vous à une paroisse d’engager le débat sur l’inclusivité ?
  • Comment pourriez-vous envisager d’accompagner une Église dans les débats autour de la bénédiction des couples de même sexe ?
  • Quelle présence concrète pourriez-vous envisager auprès des paroisses soucieuses de sensibiliser ses paroissiens à l’accueil des personnes homosexuelles ?

Vous avez certainement déjà mené un travail d’accompagnement ou de relais entre les chrétiens homosexuels et les paroisses, des expériences vécues qui répondraient à ces questions, et je serais assurément curieuse de les connaître…

Réponse de C+H

Sacha Perzoff, président de l’association C+H GE a répondu à mes questions avec sérieux, rapidité et bienveillance dans un document tout spécialement rédigé qui répond avec précision à chacune de mes questions, ce dont je le remercie infiniment. Grâce à lui, je me suis sentie dans la bonne voie avec le travail que je vous présente aujourd’hui… Suivant son conseil, j’espère contribuer à « sentir les possibilités, avancer à petits pas » dans l’avancée de notre Église vers un accueil digne de celui que le Christ a accordé à chacun et chacune… Je vous invite chaleureusement à découvrir ses réponses en suivant ce lien.

Prions…

Nous prierons aujourd’hui avec l’auteur inconnu du Guide du Pèlerin, pour demander à Dieu de nous guider et de nous accompagner dans notre vocation chrétienne de service, avec une pensée spéciale pour le synode de l’EREN qui se réunit aujourd’hui:

Seigneur Jésus, tu nous as choisis pour travailler à ta vigne, pour la rendre plus vivante. Tu nous as appelés pour servir dans la charité nos frères et nos sœurs.
Ouvre nos yeux aux besoins et aux aspirations des plus petits, des plus blessés.
Ouvre notre intelligence à ta parole afin qu’elle soit notre lumière.
Ouvre nos cœurs à l’amour afin que naisse en nous tous, une ardeur nouvelle, un feu nouveau.
Nous comptons sur Toi, Seigneur, pour vivre cette rencontre dans la fraternité et le respect mutuel.
Nous confions la présidence de cette rencontre à ton Esprit Saint. Qu’il soit notre guide, notre conseiller.
Seigneur, nous voulons être des témoins authentiques de ton message, des artisans d’un monde nouveau. Cette mission, nous voulons la vivre dans l’humilité du bon et fidèle serviteur.
Esprit Saint, éclaire-nous.

Amen.

Je vous quitte donc pour prendre le chemin du Louverain, en espérant que la pluie cesse et que le soleil se lève sur notre paysage neuchâtelois si plein de beautés en cette saison,

Bien à vous

Cécile

Jeudi 9 juin

Bonjour,

À la suite la présentation du groupe C+H, je souhaite aujourd’hui résumer un article rédigé par son président d’honneur, Jean-Paul Guisan, « Je ne te lâcherai pas que tu ne m’aies béni » que vous trouverez en lien sur le site de C+H.

« Je ne te lâcherai pas que tu ne m’aies béni », rédigé par Jean-Paul Guisan

 

Ce titre aux sonorités militantes reprend les mots de Jacob à l’inconnu qui lutte avec lui (Gn 32, 26). Jean-Paul Guisan, rédacteur de cet article au nom de C+H a choisi cette « image forte pour le besoin d’un humain de bénédiction et qui se fera son chemin malgré tous les obstacles ».

L’auteur propose d’abord de préciser le terme de bénédiction :

Nous entendons par bénédiction la promesse de la proximité bienveillante de Dieu prononcée dans une situation spécifique.

Jean-Paul Guisan rappelle quelques situations où Dieu donne sa bénédiction dans la Bible, de la création qu’il bénit jusqu’à celle plus spécifique qui s’adresse à ceux qui ne peuvent pas faire d’enfants et sont pour cela méprisés par la société, dans Esaïe, 56 3b-5.

Concernant le monde d’aujourd’hui, il rappelle que l’Église ne prononce pas uniquement des bénédictions à l’occasion d’un mariage, mais également pour d’autres types d’engagements. Au niveau théologique, la bénédiction a, rappelle l’auteur, une triple portée : elle est parole de grâce qui exprime un encouragement. Elle est aussi engagement de la communauté bénissante et à ce titre, l’auteur concède que la bénédiction des couples de même sexe ne pourra avoir de sens que si la communauté estime ce projet compatible avec le projet de Dieu. Finalement, la bénédiction est confession de foi des personnes qui la demandent et la reçoivent, elle exprime que nous ne disposons pas de notre vie, mais que nous avons besoin de la présence protectrice et encourageante de Dieu.

Quant à la bénédiction des couples de même sexe, l’auteur relève des points communs avec le mariage hétérosexuel: l’envie de partager sa vie avec un être aimé, d’être reconnus en tant que couple et d’être pour les autre un rayonnement et un témoignage d’amour dans le monde. L’unique différence réside en ce que la procréation ne leur est pas possible.

Cette différence ne doit cependant pas être un obstacle, si l’on considère que dans la théologie protestante du mariage, la procréation n’est pas un but en soi. De plus, rappelle-t-il, le mariage n’est pas un sacrement. Au sujet de la forme liturgique, il relève à quel point elle est déjà diverse dans les mariages hétérosexuels. Evidemment, certains éléments ne pourraient être repris pour un couple de même sexe. Cependant, il remarque qu’à l’inverse, une telle bénédiction pourrait convenir sans problème à un couple hétérosexuel. Vouloir maintenir à tout prix une différence sur le plan liturgique est donc artificiel.

En conclusion, Jean-Paul Guisan constate que le souhait de bénédiction des couples de même sexe correspond au besoin humain de recevoir la bénédiction de Dieu. L’Église doit donc se poser la question de savoir si elle peut admettre qu’un projet de vie homosexuel peut être digne de bénédiction :

Pour notre part, nous sommes convaincus que la réponse à cette question ne peut être que positive. C’est pourquoi les homosexuels croyants vont continuer à faire cette demande avec la même obstination que celle déployée par la veuve à l’égard du juge inique. Avec le courage et la foi d’un Jacob qui a dû harceler un ange pour recevoir la bénédiction de Dieu.

Questions à Jean-Paul Guisan

  • Vous admettez que la bénédiction n’a de sens qu’au sein de la communauté. Quelles sont concrètement les moyens mis en place pour que le groupe C+H se fasse connaître- et reconnaître- des communautés locales ?
  • Comment frappez-vous à la porte des Églises comme la veuve à celle du juge ?
  • Beaucoup d’hétérosexuels acquis à votre cause le sont car ils ont parmi leurs proches des couples homosexuels. Ce n’est pas le cas pour de nombreux paroissiens, d’autant plus que les homosexuels ont tendance à ne pas afficher leur orientation en Église. Comment créer un contact qui ne vous expose pas à l’homophobie mais qui puisse donner une chance de, petit à petit, faire apparaître le couple homosexuel comme une présence réelle et positive, naturellement présente au sein des communautés ?

Prions…

Afin de refléter l’infinie variété des bénédictions de Dieu, je vous propose cette prière d’un indien Huron converti aux alentours de 1840 :

Que le Seigneur bénisse votre regard: qu’il soit clair comme la pleine lune.

Que le Seigneur bénisse vos pensées les plus secrètes: 
qu’elles soient pures et fraîches comme la glace sur les lacs.

Que le Seigneur bénisse votre travail: 
qu’il soit fécond comme le maïs dressé dans les champs.

Que le Seigneur bénisse votre repos: 
qu’il soit temps de réflexion et de méditation.

Que le Seigneur bénisse votre famille: 
qu’elle soit joyeuse comme les loutres au bord du ruisseau et travaillante comme les abeilles dans la prairie.

Que le Seigneur bénisse votre temps: 
qu’il coule comme la rivière après la débâcle.

Que le Seigneur bénisse vos larmes: 
qu’elles soient douces comme celles de l’érable au retour du printemps.

Que le Seigneur bénisse votre vie de chaque jour et même votre mort: qu’elles soient à jamais entre ses mains puissantes et généreuses.

Que la pluie de bénédictions du Seigneur descende sur vous tous et vous comble de sa rosée qui fera fleurir des fleurs de joie et de paix, d’amour et d’espérance en vous et autour de vous.

Amen.

Je souhaite que nous puissions considérer cette journée pluvieuse comme un reflet de cette « pluie de bénédictions du Seigneur », cela nous aidera à attendre avec sérénité et joie les rares rayons de soleil qui s’annoncent,

Bien à vous

Cécile

Vendredi 10 juin

Bonjour,

Aujourd’hui sera le dernier jour que je consacrerai à la question de l’accueil et la bénédiction des couples homosexuels. Je proposerai donc un bilan personnel des semaines passées à recenser les différentes positions en trois volets. En premier lieu, j’ai résumé le point de vue des pasteurs et théologiens qui défendent l’inclusivité et la bénédiction des couples de même sexe dans l’Accueil radical. Dans un deuxième temps, j’ai donné place aux argument des pasteurs et théologiens opposés à cette même bénédiction et appelant l’Église à suivre un autre chemin en sachant « dire non » tout en accueillant inconditionnellement chaque personne. Finalement, j’ai présenté quelques groupes de chrétiens homosexuels qui soutiennent leurs membres dans la quête d’une foi en accord avec leur identité sexuelle au sein des communautés chrétiennes.

Je mesure à quel point la balance est inégale, puisque la présentation de l’Accueil radical est beaucoup plus fournie que celles dévolues aux voix opposées. Ceci est dû au fait que je ne pensais pas aller au-delà d’un simple résumé du livre au départ, ce n’est qu’ensuite que j’ai souhaité donner place aux arguments contraires afin de rendre le débat réellement inclusif.  Par faute de temps et de connaissances bibliographiques, je ne leur ai pas donné une place égale, ce que je regrette. Par ailleurs, je dois également signaler que mon recensement reste centré sur la Suisse et la France, et cela ne reflète pas pleinement l’avancée de la réflexion qui est bien plus développée dans le monde anglo-saxon. Cependant, je pense ainsi être restée au plus proche de notre réalité quotidienne, ce qui a l’avantage de nous situer au cœur des débats auxquels nous pourrons prendre part de façon concrète, de nous mettre en contact avec des personnes ou des groupes partageant notre culture, notre langue et une grande part de nos positions théologiques ecclésiales.

Si la question de l’accueil fait l’unanimité et que nous pouvons en confiance développer cet aspect au sein de notre Église, il n’en va pas de même des modalités concrètes de cet accueil, particulièrement sur la question de la bénédiction des couples de même sexe. Après avoir pris connaissance des débats autour de la question, je remarque que les différentes lectures de la Bible sont orientées et partiales, mais en même temps pertinentes et argumentées ; elles mènent ainsi à des conclusions contraires. Les deux postures peuvent se fonder sur une foi sincère et fondée théologiquement en l’Évangile, et nous ne pouvons qu’espérer que l’Esprit de notre Seigneur viendra nous éclairer pour une juste compréhension des Écritures, dépassant nos prises de positions intellectuelles contraires.

Quant à mes souhaits, j’espère avoir montré l’importance que le travail de réflexion sur l’accueil des personnes LGBT soit accompagné d’une sensibilisation des membres de l’Église et fasse place à la participation des paroissiens et paroissiennes. J’espère de même avoir donné à mon Église un document permettant d’orienter un travail de réflexion sur l’inclusivité qui pourrait éventuellement mener à proposer des changements institutionnels concrets dans le cadre du travail de la révision de la Constitution attendue pour 2023.

D’un point de vue personnel, je rêve que l’on puisse un jour officialiser l’union et la bénédiction des couples de même sexe en proposant une forme de liturgie de statut officiel, fondée théologiquement, peut-être différente sur certains points de la bénédiction traditionnelle des couples hétérosexuels. Différente dans le sens où certains éléments des dernières célébrations hétérosexuelles auxquelles j’ai assisté ne pourraient convenir. En effet, le pasteur avait inclus dans sa bénédiction l’éventuelle procréation future du couple et citait la Genèse pour bénir l’union à laquelle Dieu avait destiné l’homme et la femme…

Cependant, je pense qu’une liturgie commune est préférable, telle celle que m’a transmise Denis Gaultier (cf. lundi 6 juin), car elle propose, selon moi, une « formule » plus juste, destinée aussi bien aux homosexuels qu’aux hétérosexuels, qui met l’accent sur la bénédiction mutuelle et surtout sur l’engagement librement consenti, responsable et commun à suivre le Christ pour la gloire et l’amour de Dieu. Je poserais enfin comme condition qu’une telle liturgie soit célébrée librement uniquement par ceux et celles des pasteur.e.s qui ont la ferme conviction que Dieu les appelle à le faire.

Mais ne voyons pas si loin, je serais déjà enchantée si, avec les personnes qui se sont senties interpellées par la présentation du livre l’Accueil radical, nous pouvions, à la rentrée prochaine, constituer un groupe de rencontre et de réflexion. Nous sommes en effet plusieurs à souhaiter nous impliquer pour aller à la rencontre des chrétiens LGBT, nous mettre à leur écoute et travailler à leur donner l’accueil inconditionnel auquel nous aspirons en tant que fils et filles de Dieu en Christ.

À la suite de cette réflexion et au-delà, je me sens appelée à vivre ma foi chrétienne dans la joie de pouvoir l’annoncer et la partager avec le monde, dans une attitude d’ouverture et d’accueil. J’ai ainsi à cœur de prendre acte et travailler à mettre en pratique les conclusions du groupe de travail Passons en mode évangélisation. J’espère pouvoir m’engager dans ma paroisse pour améliorer, communiquer et vivre au quotidien notre vocation d’accueillir et d’appeler notre prochain à nous rejoindre en Christ.

Cet appel, je souhaite l’adresser non seulement aux minorités de chrétiens qui se sentent en marge, telles les personnes LGBT, mais également à la majorité laïque de notre société qui a rompu avec son Église et qui attend peut-être qu’on lui tende la main pour renouer le lien. Certains n’ont tout simplement jamais entendu parlé de Jésus-Christ, malgré que leur famille soit de « souche » protestante… Qui sait s’ils ne se sentent pas en marge et n’attendent pas de notre part une attitude d’accueil plus appuyée ? Qui sait s’ils ne sont pas en quête de Dieu sans le savoir ?

Je vous quitte pleine de la joie de me sentir appelée au service de notre Seigneur, pleine de l’ardeur à me mettre à la suite du Christ et pleine de l’espérance que, par son Esprit, je serai guidée sur ce chemin…

Prions…

Je prie avec ceux qui partagent mon envie de me mettre en mouvement, au-delà des difficultés, du manque de temps, du découragement et du fatalisme. Prions pour que notre engagement soit réel et durable, ancré dans l’amour du Christ qui nous sauve et nous donne la vie :

Jésus, remets-nous en mouvement
Quand nous sommes paralysés
Par la peur ou l’échec,
Qui nous enlèvent toute joie
Et nous referment sur nous-mêmes.

Fais-nous entendre ton « Lève-toi et marche »
Quand, dans notre Église,
Tout semble figé,
Que l’on ne ressent plus le souffle de ton Esprit
Sur nos idées bien arrêtées.

Révèle-nous la beauté
Et la force de vie de nos désirs
Qui nous retournent vers toi
Et nous font goûter ta présence et ton pardon.

Jésus, remets-nous en mouvement.

(Prière proposée par Marthe Lamothe).

A tous et toutes, je vous souhaite un très beau week-end

Bien à vous,

Cécile

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