Semaine du 6 au 12 février 2017. Etre chrétien: ah bon?

 

Icône de Sœur Albertine de Grandchamp

 

Moi, je suis venu pour qu’ils aient la Vie et qu’ils l’aient en abondance

(Jean 10, 10b)

 

 

 

Je suis chrétien. Ah bon ?

Sans trop y réfléchir, cela me semble une évidence. Baptisé dans la Paroisse de l’Ermitage, notre église réformée m’accompagne sur mon chemin de vie et me fait vivre nombre de moments avec Dieu et avec mes frères et mes soeurs. De l’Eveil à la foi, j’ai retenu plusieurs images, celle de Jonas jeté à l’eau, celle de notre pasteure chantant « Quand l’Esprit de Dieu habite en moi, je chante comme David » (Vitrail 208). Du culte de l’enfance, je retiens par exemple l’histoire d’Esther, une explication tant du Notre Père que du sens des mains jointes pour prier. D’une activité proposée par le Pasteur Florian Bille, « Mission Zoom », les liens possibles entre la parabole du Bon samaritain et du film « I, Robot », film de science-fiction sorti à cette époque. Du catéchisme… beaucoup de choses, bibliques bien sûr, mais également plus insolites, comme un sens aigu de la camaraderie : je découvris alors qu’en se mettant à trois, nous il était possible de déchausser une porte d’armoire et d’en faire une table pour pouvoir jouer tranquillement au poker… N’en disons pas plus, ce fut des moments mémorables.

L’Eglise a donc joué un certain rôle dans mon développement. Quel est donc le point de départ de ma foi chrétienne ? Ce point est-il ancré dans l’Eglise réformée ? Il est nécessaire pour moi de réfléchir à ce sujet, me rendant compte d’une certaine incapacité à rassembler mes esprits face à une personne cherchant à comprendre quelles peuvent bien être les sources de ma foi.

Cette chronique s’adresse donc avant tout à des gens se situant dans cette recherche, mais mon souhait est également d’entraîner des « chrétiens depuis toujours » dans le mouvement, afin qu’ils se questionnent, car c’est à eux que revient le rôle de témoins face à un monde qui ne les comprend pas toujours bien. Je prendrai comme base de réflexion un cahier rédigé par Fr. John de Taizé, « Je suis venu pour qu’ils aient la Vie. Trois points de départ vers la foi chrétienne », et développerai à partir de là mes réflexions.

Bonne lecture !

Guillaume

Lundi 6 février

Le temps est accompli, et le Royaume de Dieu est tout proche : changez vos cœurs et croyez à la Bonne Nouvelle. (Marc 1, 15).

Bonjour!

La foi chrétienne est une Vie. Voici ce qu’affirme Frère John. Une vie d’un style particulier. Les premiers chrétiens ne se distinguaient ni par leurs vêtements, ni par une langue ou un pays qui leur auraient été propres. Ce qui frappe un auteur chrétien de la fin du 2ème siècle, anonyme, dans sa « lettre à Diognète », c’est la façon dont les chrétiens vivent et dont les Actes des Apôtres rendent compte : une communauté de prière et de partage profond, ayant la faveur de tout le peuple. Même si une telle affirmation peut sembler peu réaliste, cette vision de la « nouvelle doctrine » pointe quelque chose du doigt : sa capacité à inspirer une vie « à contre-courant », qui contraste avec nombre de valeurs de la société environnante, tout en parlant aux aspirations enfouies dans le cœur humain.

Pour cela, une nécessité : la conversion, définie comme étant un changement, une transformation du cœur:

‘Venez à ma suite et je vous ferez devenir des pécheurs d’homme’. Et aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.

Il y a ici, en Marc 1, 17-18, une explication de ce changement radical, que le frère de Taizé résume ainsi : « Jésus appelle plutôt les gens à entrer dans ce que Dieu est en train d’accomplir, ici et maintenant, et qui s’exprime dans une nouvelle manière de vivre dans le monde ». Priorité à la vie, vie sur les traces de Jésus, dans une existence vécue dans le monde.

Fr. John donne également une autre facette de la foi chrétienne comme Vie : une vie active en nous, une puissance extraordinaire qui a ressuscité Jésus d’entre les morts… en quelque sorte, un formidable dynamisme à l’œuvre en nous. Cette vie intérieure nous donne la possibilité de l’action dans le monde et sa concrétisation.

Le constat peut être fait qu’au cours du temps et de l’histoire, l’équilibre entre la vie et la réflexion sur la vie a basculé : plus la nouvelle foi devenait acceptable, moins la spécificité de cette voie est devenue manifeste. En d’autres termes, le temps a permis un affaiblissement de la vie comme signe. Et Frère John de conclure : « Une redécouverte de la priorité de la vie semblerait être ainsi un pas nécessaire pour dépasser les divisions entre chrétiens et offrir un témoignage authentique à un monde en recherche de la vie véritable ».

Pour moi et à mon échelle, une vie vécue dans le monde se traduit en action par l’engagement. Engagement au service de mon prochain, parfois au travers de l’église parfois hors de l’institution. Quand je réfléchis à la foi chrétienne en tant que vie, je pense tout de suite à mes différents engagements, et je remarque que ma motivation centrale en vue de les accomplir est ma croyance que par eux, mon Dieu est un peu plus présent dans ce monde. Cela peut paraître présomptueux, mais en réalité je crois fort en la maxime bénédictine ordonnant : « Prie et travaille pour qu’il règne ». Vouloir qu’Il règne, et cela ne serait que mots en l’air si Dieu ne me mettait pas efficacement en mouvement, ou plutôt s’il ne m’avait pas déjà interpellé et fait bouger.

Beaucoup de questions concernant la foi chrétienne comme vie se posent à moi. Je dois avouer que, réfléchissant au rôle éthique du chrétien engagé dans le monde, je me rends compte de la difficulté pour moi de définir une ligne éthique claire que je pourrais adopter. Non qu’il n’existe aucune possibilité de recherche dans le domaine, mais plutôt que ma réflexion à propos du sujet de cette chronique m’amène à considérer la relativité de mon appartenance au protestantisme, lorsque je réfléchis aux fondements de ma foi. Plus simplement, je pense que (re)découvrir les fondements de ma foi m’amène à reconsidérer les possibilités éthiques qu’offre la vie chrétienne.

Je serais désireux de connaître les réflexions de personnes plus avancées que moi dans recherche des fondements de la foi chrétienne.

A demain et belle journée à chacune et à chacun !

Guillaume

Mardi 7 février

Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, afin que vous aussi soyez en communion avec nous. Quant à notre communion, elle est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ. (1 Jean 1, 3)

Bonjour à toi, cher frère, chère sœur !

L’affirmation sur laquelle je vais me pencher aujourd’hui est la suivante : la foi chrétienne est une vie avec les autres.

Frère John note, comme on l’a vu, que ce qui distingue les premiers chrétiens du reste du monde est la vie particulière dont ils vivaient et témoignaient les uns envers les autres. Les premières communautés chrétiennes étaient formées d’hommes et de femmes d’origines linguistiques, sociales et ethniques diverses. Il faut souligner le caractère extraordinaire et paradoxal, au premier siècle, de ce « mélange ». En réalité, cette grande famille multiculturelle et multiethnique est rassemblée uniquement par la foi en Jésus comme Messie, comme Sauveur. « Ce qui était unique dans l’entreprise des premiers chrétiens, c’était que leur vie commune était une traduction, dans la réalité sociale, du sens de l’existence de chacun en tant que disciple du Christ », remarque Fr. John.

Ceux-ci, ayant découvert que la foi chrétienne est une Vie, ont cherché à la partager, à créer une communion. C’est qu’ils ont découvert en la foi la joie, prise de conscience d’une vie vécue en plénitude. « Quand nous sommes pleinement vivants et devenons entièrement les êtres que nous devons être, nous ressentons la joie. […] Cette expérience de vie partagée entre les humains et avec Dieu est une révélation du sens véritable de l’existence. » Nous comprenons alors le sens de la vie commune des croyants et son importance : partager cette foi n’est plus simplement qu’un vague souhait, mais un dynamisme si puissant qu’il devient impossible de le contenir.

Je souhaite m’arrêter ici un instant. Je pense qu’une réflexion globale sur la nature de l’Eglise serait une bonne chose pour imaginer l’avenir de notre institution. Dietrich Bonhoeffer, le célèbre théologien et pasteur allemand, fournit à ce propos une pensée très intéressante. J’y reviendrai probablement. Mais en lisant les paragraphes ci-dessus, je me demande si, à la question : « Qu’est-ce quelle est la nature du lien vous unissant cette personne que vous voyez là-bas, sur ce banc d’église ? », je réponds : « L’Eglise réformée » au lieu de répondre : « Jésus-Christ », je ne manque pas mon but et révèle par là même un problème réel… Un chrétien des premiers siècles n’aurait-il pas répondu : « Jésus-Christ » ? Certes, il y a un risque à trop considérer « les premiers chrétiens ». Ce risque consiste d’une part à les idéaliser et d’autre part à nier l’héritage considérable de la tradition. Même si, chez les protestants, cette dernière ne fait pas autorité face à la Bible, elle reste un bagage conditionnant notre vie chrétienne, et il n’est pas possible de s’en défaire (comme certains prétendent pouvoir le faire) en invoquant simplement le mode de vie des « premiers chrétiens ».

Malgré tout cela, j’aspire à vivre dans une paroisse dont les membres se rappelleraient sans cesse à la communion en Jésus-Christ, brisant ainsi certains murs… Cela peut sembler être un doux rêve, aujourd’hui en tout cas. Car je suis persuadé qu’un jour, ces questions deviendront actuelles. Par exemple si notre Eglise est un jour amenée à se redimensionner, la parole de Jésus disant : « là où deux ou trois se trouvent réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Matthieu 18, 20) revêtira un sens nouveau. Pour ne pas tomber dans ce défaitisme, je pense qu’il est urgent que nous redécouvrions cette joie que frère John décrit plus haut. Une joie qui nous fait toucher le Royaume. Une joie qui, une fois découverte, ne peut sous aucun prétexte se taire ou faire de la vie chrétienne une banalité.

Selon Fr. John, le sens de l’existence n’est pas de consolider le « moi » individualiste, mais de se réaliser dans une vie avec et pour les autres. Cela peut sembler paradoxal, dans notre monde occidental, à l’heure où l’individualisme bat encore son plein.

En découvrant la joie de Dieu et en la partageant, nous pouvons rayonner dans le monde. Non de manière factice, mais dans la confiance d’une joie profondément ancrée puisque vécue dans le concret de la vie en Dieu et en Eglise. Le protestantisme a été père du capitalisme. Je pourrais continuer à utiliser le champ lexical de la famille pour lier les deux « -ismes » qui précèdent à l’individualisme. Peut-être que notre Eglise sera un jour amenée à repenser les liens unissant ses membres, inventant par là une nouvelle façon de vivre ensemble. J’attends de tout cœur quelque initiative dans ce sens.

D’ailleurs, frère John nous pose frontalement la question : « Et, aujourd’hui, nos Eglises offrent-elles un style de vie extraordinaire et vraiment paradoxal, une vie alternative à une société basée sur la compétition et la consommation ? »

John lance un cri en guise de conclusion. A nous de l’entendre et de lui tendre la main : « Il faut réimaginer l’amour chrétien comme une force qui réconcilie les oppositions et crée une communauté à partir d’hommes et de femmes les plus divers, afin que de la vie de cette communauté puisse rayonner une puissance d’attraction capable de transformer les cœurs et de favoriser un avenir de paix pour notre planète ».

Je disais plus haut attendre avec impatience les signes concernant la naissance de liens nouveaux nous unissant les uns aux autres. A vrai dire, il se trouve que j’en ressens déjà, autour de moi. Certaines questions émergent, au détour de projets divers. Un exemple ? Je me suis engagé, l’été dernier, à faire partie d’une équipe préparant la prière mensuelle cantonale à la manière de Taizé. Chaque mois je retrouve donc des personnes qui ne sont pas de mon lieu de vie, qui n’ont pas mon âge, qui ont une autre expérience de vie, qui n’ont pas forcément la même confession, la même langue ou la même origine que moi… En réalité, seul le Christ nous rassemble ! A la question : « pourquoi t’engages-tu dans ce groupe ? », je peux répondre : « parce qu’en dépassant le cadre institutionnel, je découvre qu’entre deux personnes de ce groupe, il n’y a que le Christ, et aucune barrière. Et cela est déjà une nouvelle parabole de communion ».

Belle journée !

Guillaume

Mercredi 8 février

Mais je compte sur toi, Seigneur. Je dis : « Mon Dieu, c’est toi. » Psaume 31, 15.

Bonjour !

Une question surgit souvent en discutant, lorsque l’on aborde le sujet de la foi : qu’est-ce qui fait la spécificité de la foi chrétienne ? Comment répondre de manière transparente et personnelle ? Personnellement, la tendance à la simplification par l’universalisme est tentante. Il suffirait alors de dire que toutes les spiritualités se valent, mais cela ne répond pas vraiment à la question. Concernant la place unique qu’occupe le christianisme en tant que religion parmi les autres religions, je dois dire que je n’ai pas l’intention de m’étaler sur ce sujet aujourd’hui. C’est donc plutôt au niveau spirituel que je vais poursuivre.

Il est donc question maintenant de la spécificité de la spiritualité chrétienne. Il y aurait beaucoup à dire dessus, je souhaite ici simplement partager quelques points occupant une place centrale dans ma foi.

De plus en plus et avec bien d’autres, je remarque que beaucoup de gens ont un intérêt marqué pour la « spiritualité ». Il faut dire que cette dernière est aussi un argument de vente en vogue, qui va jusqu’à trouver des citations « méditatives » jusque sur les cartons de certains sachets de tisane commercialisés dans nos régions… « Puise ta force de l’intérieur », « De toi jaillit une source inépuisable », pour ne donner que ces deux phrases comme exemple de citations un peu niaises mais que l’on croise facilement actuellement. Je pense réellement que le christianisme se distingue radicalement de cette manière de penser la spiritualité.

Le point de rupture ? Il s’agit en fait du point d’ancrage. En effet, la « spiritualité du sachet de thé » (pour reprendre mon exemple) met l’accent sur l’individu. Tout, pour elle, part de là. L’individu, s’il est amené à se recentrer, se recentrera en lui-même. C’est là qu’intervient à mon sens la spécificité de la spiritualité chrétienne : en tant que chrétien, il se passe quelque chose de paradoxal : en me recentrant, c’est-à-dire véritablement en recherchant mon centre, je suis amené à découvrir que mon centre n’est pas en moi. C’est bien l’endroit de mon intimité la plus profonde, mais je constate que c’est en Dieu que le plus profond de ce que je suis se trouve. Ainsi se devrait produit une dynamique de décentrement : plus je me retrouve moi-même, plus je suis sensé tomber en Dieu. Or, j’ai pu remarquer dans ma vie de foi que bien souvent c’est en nous-même que l’on tombe et non en Dieu… Je crois en un Dieu sauveur, à qui je fais cette prière : Seigneur, sauve-moi de moi ! Donne-moi de me pencher en toi et non en moi !

Ce décentrement en Dieu me protège de moi : je ne suis pas mon propre fondement, je ne fais pas ma vie, mais je la reçois de Dieu. Avec ce mouvement je peux me laisser toucher par la Grâce de Dieu ! Je peux devenir un « Je » face à Dieu, et non un « Moi, je » face à moi-même. Je peux exister en tant qu’individu ayant réellement de la valeur, mais non comme étant le dieu créateur de ma vie. La Grâce de Dieu, l’opposé parfait des livres spirituels d’accomplissement de soi ? J’y crois !

Belle journée à chacune et à chacun

Guillaume

Jeudi 9 février

Même les ténèbres ne sont pas ténébreuses pour toi, et la nuit devient lumineuse comme le jour et les ténèbres comme la lumière ! » Psaume 139, 12.

Comment pourrais-je parler du christianisme sans parler de résurrection ? Lorsque je me suis posé la question des fondements de ma foi, je me suis rapidement demandé quel rôle jouent la mort et la résurrection du Christ dans ma vie. Ce qui est étonnant lorsque je discute avec une personne n’ayant pas la foi chrétienne, c’est la tentation de parler de tout sauf de ce point-là. Pourtant, n’est-ce pas l’un des points centraux de la foi ? Ici encore, nulle volonté de faire un exposé théologique : je souhaite simplement dire en quoi ma compréhension de la mort et de la résurrection de Jésus de Nazareth influence ma vie chrétienne.

Un point de départ important pour moi est de suffisamment considérer le rôle de la mort. J’ai souvent entendu des gens me parler de la résurrection sans aborder ce thème pourtant central. La mort est un passage obligé pour la résurrection. De quoi ressusciter si l’on n’est pas mort ? Il ne faut pas pour autant faire de cette dernière une recherche ultime, car en réalité la mort prend divers visages déjà au quotidien de la vie terrestre. Lorsqu’on vit un événement tragique, inutile que l’on nous conte la beauté de la vie. La mort est bien là, dans toute sa dimension de négation de l’existence. Je ne crois pas que Jésus ait utilisé un subterfuge pour renaître « comme par magie ». Non, il est bel et bien mort, anéanti à un point tel que le rideau du Temple se déchire…

La mort, souvent associée à ce qui est sombre, à la nuit, n’attend que le matin que Dieu fait se lever. Il y a une tension entre cette mort totale et la vie que Dieu provoque. Dans ma vie, je peux constater tant de « mouvements de mort ». Certains viennent de ma condition humaine qui me fait me tourner incessamment vers mon « moi égocentré ». D’autres viennent d’éléments que je contrôle un peu ou pas du tout…

Ce qui change la donne, c’est que du plus profond de ma « mort », c’est Dieu qui vient me ressusciter. Il a donc fallu humainement que je meure complétement pour que renaisse la vie, en Dieu cette fois. Je redécouvre alors la valeur de la vie, en lui et accompagné par lui. Pour moi, ce n’est pas de croire que j’aurai une vie nouvelle dans le lointain et par moi-même, c’est d’être dans la confiance qu’en Dieu une vie nouvelle est possible, une vie libérée de ce qui m’oppresse.

Je suis donc très attaché à cette vision de la foi qui place Dieu comme étant le premier dans la relation avec moi. Il vient me tirer de mes obscurités. Car devant lui, la ténèbre n’est point ténèbre, la nuit comme le jour est lumière, comme il est écrit dans le Psaume 139 au verset 12. Ce n’est pas moi qui peux me faire renaître, c’est lui seul. Se laisser toucher par lui et par sa résurrection, c’est, je le crois, se laisser interpeller par sa Parole révélée dans la Bible. Tout se rejoint, finalement. Après ces quelques lignes, on se rendra facilement compte de l’importance que les paroles de grâce ont pour moi, lorsque je vis la liturgie. « Vivons en tant que fille et fils pardonnés et délivrés ! »

Bien à vous et belle journée !

Guillaume

Vendredi 10 février

Bonjour,

En ce vendredi, j’aurais encore envie d’aborder plusieurs autres points relatifs au sujet de cette semaine, mais je constate que cette entreprise est bien vaste et que je n’ai pas les moyens de réaliser en une semaine un panorama satisfaisant des fondamentaux de ma foi.

Pour ne pas simplement conclure cette semaine mais plutôt l’ouvrir à votre méditation, je me propose de vous faire découvrir quelques lignes de l’abbé Maurice Zundel, tirées de son livre : « Avec Dieu dans le quotidien ». Ce passage a une certaine importance dans ma vie et m’a profondément marqué. Je souhaite de tout cœur qu’il en sera de même pour vous.

Bonne lecture !

[…] Depuis l’Ascension, Jésus a quitté le plan de l’histoire visible. Depuis l’Ascension, le Christ ne peut être visible qu’à travers nous. C’est ce qu’il y a de plus bouleversant, de plus magnifique, que l’Incarnation se continue à travers nous. […] Par conséquent, chacun de nous est le visage du Christ pour les autres. […] Vous êtes le Christ des autres. Ils n’ont pas d’autres Christ que vous, parce que c’est uniquement à travers vous qu’ils voient le Christ. Ils chercheront le Christ à travers vous, ils ne pourront L’aimer que dans la mesure où Il sera aimable. […]

Tout cela tient en un seul mot : être Jésus. Là, nous ne pouvons pas nous tromper. Notre foi trouvera toujours plus ses assises en entrant dans ce mystère, en le vivant et en étant pour les autres le visage du Seigneur. Rien n’est plus beau et rien n’est meilleur que ce crédit infini, que cette identité avec Lui-même qu’il accomplit en nous.

Voilà toute notre grandeur, et quand nous sommes à bout de forces, il reste toujours que le Seigneur a besoin de nous et que, finalement, nous sommes la seule chance de Dieu dans le monde d’aujourd’hui. Si nous pouvions montrer le Christ en nous, sans en parler, enfin l’heure serait accomplie et le monde serait sauvé. […]

Finalement, il dépend de nous aujourd’hui que le Christ soit reçu, qu’Il se fasse chair et qu’Il habite parmi nous.

(Maurice Zundel, Avec Dieu dans le quotidien)

Bon weekend ! Fraternellement en Christ,

Guillaume

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