Chronique du 12 au 18 décembre 2016. Thierry Perregaux: sur Noël…

 

Préparez le chemin du Seigneur, faites-lui des sentiers bien droits! (Luc 3, 4b)

Bonjour

l’Avent est temps d’attente… temps heureux qui annonce la joie de la naissance de Jésus-Christ, Parole faite chair et petit enfant dans la crèche…

l’Avent coïncide aussi avec la nuit, longue et froide. Le jour est bien court, surtout sous le brouillard! C’est aussi parfois – souvent –  le temps de deuils…

Parmi ceux que nous avons pleuré, le pasteur Thierry Perregaux.  Il y a quelque mois, il a fait paraître un recueil de ses prédications qu’il a laissé en héritage à sa famille, mais aussi aux paroissiens qui aimaient ce porteur de bonne nouvelle!

Je vous propose cette semaine, au milieu de notre tristesse, de notre nuit, de rendre hommage à Thierry Perregaux qui nous rappelle que nos nuits sont illuminées par le Christ, ce dont nous faisons mémoire à Noël.

Je transcrirai cette semaine une de ses prédications sur ce thème de la venue du Christ parmi nous. J’espère ainsi humblement rendre hommage à Thierry Perregaux qui, les derniers mois de sa vie, a souhaité nous donner avec ses mots la Bonne nouvelle: Christ est né à Noël, et il éclaire nos vies. C’est dans la joie, au-delà de la mort, que nous pouvons faire mémoire de cet événement, de même que c’est avec reconnaissance et amour que nous pouvons évoquer à nos souvenirs la vie, le ministère et l’amitié de notre regretté pasteur,

Belle semaine

Cécile

Lundi 12 décembre

Avent… préparer le chemin du Seigneur

Jean se mit à parcourir toute la région voisine de la rivière, le Jourdain. Il lançait cet appel: « Changez de comportement, faites-vous baptiser et Dieu pardonnera vos péchés ». Ainsi arriva ce que le prophète Esaïe avait écrit dans son livre: « Un homme crie dans le désert: Préparez le chemin du Seigneur, faites-lui des sentiers bien droits! Toute vallée sera comblée, toute montagne et toute colline seront abaissées; les courbes de la route seront redressées, les chemins en mauvais état seront égalisés. Et tout le monde verra le salut accordé par Dieu » (Luc 3, 3-6)

[Thierry Perregaux: ] J’ai eu l’occasion de visiter le chantier du tunnel de l’autoroute à Serrières et j’ai été impressionné par le spectacle des ouvriers oeuvrant sur leurs énormes machines. Je ne cesse d’ailleurs de m’émerveiller devant les prodiges du génie civil: on construit des viaducs pour franchir les profondes vallées; on perce les montagnes; on passe sous les villes et même la mer! C’est gigantesque. Nos ingénieurs et nos techniciens sont capables de prouesses pour faciliter les communications.

A propos de communication, nous bénéficions encore des moyens sophistiqués de la microtechnique et de l’informatique: téléphones mobiles, ordinateurs, TV. Jamais dans l’histoire de l’humanité les communications n’ont été aussi faciles. Mais on ne peut pas dire pour autant que la qualité des relations humaines se soit améliorée. Et qu’en est-il de la communication avec Dieu qui est à l’origine de la vie et l’inspirateur des relations justes et bonnes? […]

Entre admiration et triste constat sur notre humanité et les relations humaines, je nous laisse méditer cette question: quelles relations entretenons-nous aujourd’hui, dans notre monde de communications, avec Dieu que nous ne pouvons pas simplement contacter par twitt, sms ou téléphone?

Belle journée

Cécile

Mardi 13 décembre

Bonjour,

reprenons notre écoute de Thierry Perregaux qui continue en citant Esaïe:

Six siècles avant Jésus-Christ, le prophète Esaïe proclamait:

« J’entends une voix crier: Dans le désert, ouvrez le chemin du Seigneur; dans cet espace aride, frayez une route pour notre Dieu. Qu’on relève le niveau des vallées, qu’on abaisse montagnes et collines! Qu’on change les reliefs en plaine et les hauteurs en larges vallées! Et tout le monde verra le salut accordé par Dieu » (Es. 40, .3-4)

[Thierry Perregaux:] C’était sa manière à lui d’inviter son peuple à établir une relation nouvelle, une véritable communion avec Dieu. Aujourd’hui un prophète dirait: « Faites une autoroute pour le Seigneur ». Dans les Evangiles, Jean-Baptiste est identifié comme cette voix qui proclame: Préparez le chemin du Seigneur! » Son exhortation reste toujours d’actualité.

L’Avent est ce temps particulier de l’année où il nous est rappelé avec insistance que Dieu vient. Dieu ne cesse de vouloir venir à nous, de faire sa demeure en nous pour que son art de vivre féconde le nôtre.

Ce que j’aime particulièrement dans ces mots de Thierry Perregaux, c’est leur choix très soigné qui met l’accent sur l’essentiel. Jean-Baptiste a pris le relais d’Esaïe, et Thierry Perregaux reprend à son tour le flambeau des prophètes pour nous le transmettre. Il nous invite à dire la venue du Christ par la métaphore de l’autoroute… Dire avec les mots d’aujourd’hui la certitude que Dieu nous rejoint en Christ et que nous pouvons prendre part à cette réalité incroyable! Bien sûr, nous ne sommes pas tous ingénieurs en ponts et chaussées… c’est évidemment à l’intérieur de nous-mêmes que nous pouvons préparer la route, et nous pouvons à notre tour exhorter notre prochain à mener ces travaux en lui-même…

Belle journée

Cécile

Mercredi 14 décembre

Bonjour à vous!

Hier, nous avons donc vu que nous pouvions construire, au sens figuré, une autoroute pour le Christ… et Thierry Perregaux ne nie pas la complexité de tels travaux…

[Thierry Perregaux:] Le problème, c’est qu’il y a beaucoup de choses en nous qui font obstacle à Dieu. Il y a la vallée profonde du vide spirituel, le gouffre de l’indifférence, les carences de la connaissance de la Parole divine, la méconnaissance des bienfaits de Dieu, l’abîme de nos résistances, etc.

Il y a aussi la montagne de nos doutes, celle de nos révoltes contre Dieu et de notre méfiance à son égard. Il est donc nécessaire aujourd’hui comme toujours d’aplanir ces obstacles, de « relever le niveau des vallées et d’abaisser les montagnes pour frayer un chemin au Seigneur ». Malheureusement il est plus ardu pour l’humanité de se mettre en relation avec Dieu que de construire des autoroutes.

La difficulté que nous avons à établir une juste relation avec Dieu va de pair avec la difficulté que nous avons aussi à établir de bonnes relations avec notre prochain. Là aussi il faudrait combler les gouffres de l’égoïsme et de la peur, abaisser les barrages de nos complexes ou supprimer la montagne de nos rancunes.

Jean-Baptiste nous invite à préparer le chemin au Seigneur, c’est-à-dire à nous laisser toucher par Dieu pour que la vie nouvelle qui est en Lui s’épanouisse en nous.

J’aime beaucoup la manière dont Thierry Perregaux file la métaphore de la montagne et de la vallée: la richesse des métaphores bibliques dépend de celle des mots avec lesquelles nous pouvons les traduire pour nous aujourd’hui.

Grâce à Thierry Perregaux, je peux mettre des mots sur ce territoire intérieur, d’une part les obstacles: doute, révolte, méfiance, complexes, rancunes, d’autre part les « trous »: manques spirituels et de connaissance de la parole, indifférence, méconnaissance des bienfaits de Dieu, égoïsme et peur…

Ces mots sont à méditer afin que nous puissions répondre à cet appel de Jean-Baptiste de préparer en nous un endroit accueillant pour le Christ… et j’aime beaucoup le tendre humour de Thierry Perregaux: il est plus facile de construire une autoroute que de se mettre en relation avec Dieu… c’est une manière de ne pas éviter la difficulté tout en la formulant avec un humour qui évite le découragement et nous invite à la créativité!

Nous reprendrons demain le fil de cette prédication qui nous guide dans cette préparation de l’Avent…

Bien à vous

Cécile

Jeudi 15 décembre

Bonjour,

j’espère que vous vous portez-bien… et je laisse d’emblée la place à la suite de la prédication de Thierry Perregaux:

[Thierry Perregaux:] Au cours de mon ministère j’ai été frappé et attristé de constater que Dieu est souvent considéré de manière négative comme quelqu’un de très éloigné et d’incompréhensible qui ne répond pas à nos attentes ou qui ne se soucie pas de nous. Or l’évangile de Jésus-Christ c’est la bonne nouvelle d’un Dieu tout proche, mystérieux, fragile, qui transforme la vie de celui qui l’accueille. Ce Dieu nous est révélé par un petit enfant couché dans une crèche qui annonce l’humilité de Jésus de Nazareth qui partage notre condition humaine, qui fait route avec les humbles et qui nous accompagne jusque dans la mort.

Le mystère de Dieu nous allons fêter à Noël, c’est que Dieu demande à être accueilli comme un tout petit enfant, avec attention, délicatesse et amour. Accueillir Dieu bouleverse notre existence comme la naissance d’un enfant bouleverse celle d’une famille. Elle oblige à tenir compte de la venue d’un autre et à en prendre soin! De même que l’irruption d’un petit enfant dans une famille peut être source de joie, de même l’irruption de Dieu dans notre existence peut devenir une source d’illumination.

Ces paroles de Thierry Perregaux m’émeuvent d’une part parce qu’il revient sur son ministère et me rappelle la chance que nous avons de pouvoir en avoir une trace aujourd’hui dans ce petit livre de prédications sur lequel je m’appuie. Bien que très attristée de sa mort, je me sens rassérénée quand je suis face à sa vision si profondément positive de la mort qui perd toute négativité dans la venue du Christ, je m’en remets à la confiance du pasteur sur la permanence de Christ à nos côtés même dans ce dernier instant de vie terrestre et je sens que notre « fin » n’en est pas une en Christ…

D’autre part, je suis très émue par sa constatation de la vision négative de Dieu qu’il remarquait chez certaines personnes. Moi aussi en cette période de nuit, de maladies et de deuils, j’ai parfois de la peine à percevoir la venue du Christ comme une source de joie complète… Je terminerai donc aujourd’hui par une courte prière: Pardonne, Seigneur, notre manque de confiance et aide-nous à accueillir ta venue avec cette délicatesse et cet amour que l’on accorde au petit enfant nouveau né. Donne-nous de voir ta lumière dans nos nuits, de sentir ton amour dans nos détresses, d’avoir foi en la vie même dans la mort, Amen.

Belle journée à vous et à demain pour la fin de cette belle prédication sur l’avent,

Cécile

Vendredi 16 décembre

Bonjour,

quel plaisir de partager avec vous aujourd’hui la fin de la prédication de Thierry Perregaux sur ce temps de l’Avent… je lui laisse la parole:

[Thierry Perregaux]: Cet accueil de Dieu mystérieux et fragile est signifié dans nos cultes par le sacrement de la sainte cène. Il nous faut tendre les bras pour recevoir le pain et le vin, signes mystérieux de la présence du Christ qui nous fait entrer dans la communion avec Dieu qui ouvre la voie à une communion renouvelée avec le prochain.

La bonne nouvelle de l’évangile c’est que Dieu veut faire sa demeure en nous pour nous inspirer, pour ranimer notre tendresse, la stimuler et la fortifier afin que nos vies deviennent justes et bonnes. Quand nous laissons Jésus-Christ venir à nous, il devient pour nous source de lumière et de paix. Il établit la communion avec Dieu et notre prochain.

Mais en avons-nous envie? Il y a quelque chose d’énigmatique dans l’être humain. Il arrive que nous préférions le poison de nos mauvaises habitudes à la vie nouvelle qui est en Dieu. Nous avons peur que Dieu nous transforme.

Dans la Bible on constate souvent que lorsque Dieu s’approche de quelqu’un il commence par lui dire: « Ne crains pas! » C’est en particulier le cas à Noël. Lorsque l’ange apparaît aux bergers, il leur dit: « Ne craignez pas car je vous apporte une bonne nouvelle qui réjouira tout le peuple. » (Luc 2, 10) L’approche de Dieu est une bonne nouvelle et il n’y a pas lieu d’avoir peur.

Le temps de l’Avent nous le rappelle: Dieu vient! Il ne reste qu’à lui ouvrir le chemin de notre coeur.

 

Quant à moi, je souhaite que ces belles paroles de notre regretté Thierry Perregaux résonne en nous en ce temps de l’Avent 2017. J’espère avoir cette semaine rendu hommage à ce pasteur dont nous étions proches et qui nous a quitté, mais qui reste présents en nos coeurs. En suivant son conseil, en ouvrant le chemin de notre coeur au Christ qui vient, il nous invite à nous réjouir. En pensée avec sa famille et ses amis, je prie pour que le Seigneur illumine ce temps marqué par le deuil,

Bien à vous

Cécile

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