Semaine du 13 au 19 juin 2016. Football et religion…

 

Avec Dieu nous ferons des exploits :
c’est lui qui piétinera nos adversaires (Psaume 60)

Lundi 13 juin

Bonjour,

En cette semaine qui, pour un grand nombre, se vit au rythme de l’Euro 2016, je souhaite m’interroger sur mon rapport au football. A l’approche de la compétition, j’ai partagé les critiques adressées à ce sport qui, derrière ses multiples opérations de façade pour promouvoir la saine émulation, le respect et la socialité, est sur bien des points perverti. Comment ne pas dénoncer les millions dépensés, les footballeurs traités comme des bestiaux par les grands propriétaires des clubs, les actes violents de supporters fanatiques, les attitudes nationalistes exacerbées menant parfois aux actes racistes ?

Et pourtant, je suis la première à rejoindre les spectateurs devant les écrans des cafés. Plus rien n’existe, fascinée par le jeu, je participe pleinement à la ferveur populaire. J’admire, je critique, je juge… Je m’enthousiasme, je me morfonds, je vibre… Une attitude dans laquelle j’ai de la peine à me reconnaître. Lorsque je supporte une équipe, je ne suis pas loin parfois d’espérer, avec le psaume 60, qu’elle fera des exploits et qu’elle piétinera ses adversaires…

Denis Müller, dans son ouvrage Le Football, ses dieux et ses démons, paru chez Labor et Fides en 2008, a montré que ce sport, comme toute performance humaine, participe d’une fondamentale ambivalence et comporte le risque de basculer du côté de l’idolâtrie ne faisant plus la juste distinction entre ce qui relève du divin et ce qui relève de l’humain. L’auteur note que le football est l’illustration de l’inachèvement constitutif de l’homme en quête d’absolu, il reflète ce désir de perfection qui court le risque de conduire à l’idolâtrie. Ainsi, le football interroge mon rapport à Dieu et au monde et mes réactions footballistiques mettent en lumière ma tendance à confondre le plan divin et le plan humain, à prêter à l’homme ce qui appartient à Dieu ou, à l’inverse, à attribuer à Dieu ce qui est la part de l’homme…

Diviniser l’homme

Dans le premier cas, je remarque que le football a tendance à se profiler lui-même comme religion. On use souvent de métaphores religieuses pour y référer. Ses détracteurs en parlent comme d’un opium du peuple, nouvelle religion destinée à abrutir les masses. Si cette conception est certes partiale et partielle (cf. Denis Müller), nous devons concéder que l’UEFA n’est pas loin de promouvoir ce sport comme la nouvelle religion qui nous rassemble, témoin sa campagne #CelebrateFootball… « Célébrons le Football »… une incitation à l’idolâtrie, une injonction qui sonne comme celle de nombreux psaumes qui nous invitent à chanter la gloire du Seigneur. Cette comparaison me glace, je ne peux adhérer à cette conception du stade comme un temple dont les joueurs seraient les prêtres, l’arbitre le Grand Prêtre, et la foule de supporters les fidèles en quête de communion et d’édification…

Comme le note Denis Müller, lorsque le football en vient à se prendre, se vivre ou s’interpréter comme une religion, il transgresse sa condition humaine. De même que certains supporters mettent leur identité dans le support de leur équipe, je constate que, malgré moi, je maintiens certaines idoles qui me coupent de la réelle communion en Christ à laquelle j’aspire. Supporter des « Protestants », je me sens parfois opposée aux « Catholiques ». Pourtant, nos deux équipes visent la victoire de Dieu, qui transcende nos petites performances humaines… Ne faisons pas du football une religion, et ne faisons pas de la religion une compétition sportive…

Humaniser Dieu

Dans le second cas, le football reflète ma tendance à interpréter les événements et mes actes comme issus de la volonté de Dieu. Les psaumes remettent la victoire entre les mains de Dieu, car les mérites humains ne sauraient suffire… Il en va finalement de même au football, car s’il est une évidence dans ce sport, c’est que la victoire ne tient pas à une logique mathématique, à la somme des mérites techniques de chaque équipe, ni à la qualité globale de son jeu durant la partie… Aucun critère rationnel ne mène d’autorité à la victoire, les « injustices » sont nombreuses, le hasard et la chance s’en mêlent… hasard et chance qui, pour le supporter, sont souvent synonymes de grâce divine lorsque son équipe, malmenée durant nonante minutes, marque in extremis le but de la victoire…

Grande supportrice de l’Angleterre, il me semblait tout à fait mérité, après les nombreux tirs au but de la première mi-temps, que mon équipe favorite termine sur le score de 1 à 0 contre la Russie. Or, dans les dernières minutes, le sort en a décidé autrement… et la Russe égalise. Ma première réaction a été de crier à l’injustice, l’Angleterre « méritait » la victoire… Pourtant, il convenait, face à l’évidence d’un ballon au fonds des filets de Joe Hart, que le mérite n’est pas tout…

Denis Müller a noté au sujet du football qu’une certaine transcendance était inscrite au cœur de la confrontation. La victoire ne dépend pas que du mérite, et face à cette vérité, le football exige de nous un dépassement : accepter ce qui est, au-delà de l’idée que nous nous formons de nos mérites ou de la force de notre volonté. En cela, Denis Müller l’a noté, le fair-play n’est pas une simple attitude de terrain, mais une éthique et un art de vivre. C’est ce que m’a rappelé ce match Angleterre-Russie.

Le football reflète ainsi ma position ambivalente de créature humaine, entre un désir de perfection et une impuissance fondamentale à l’atteindre par soi-même. La foi réside dans un subtil équilibre entre persévérance et abandon, volonté et renoncement.

Je tenterai les prochains jours d’identifier et d’analyses mes réactions devant un match de football et de les relier à mon rapport au monde et à Dieu. Chaque match deviendra ainsi une façon d’interroger ma foi, une tentative de lui donner une plus juste orientation… Si vous souhaitez aussi vous prêter à l’exercice, n’hésitez pas à faire part dans vos commentaires de vos expériences de supporters chrétiens…

Bien à vous et à demain,

Cécile

Mardi 14 juin

Bonjour,

aujourd’hui, suite au match Belgique-Italie (0-2) d’hier soir, j’ai envie de partager avec vous ce qui me plaît dans le football.

Diables rouges et Azzurri

Des couleurs, des surnoms, des maillots et des drapeaux… Certes, je conçois que tout cela puisse être taxé de nationalisme excessif, sans parler des « spots publicitaires vivants » que deviennent les équipes. Du point de vue biblique, j’oserai néanmoins une comparaison un peu « excessive »: Sara devient Sarah, Abram devient Abraham… Lorsque la Belgique devient les Diables Rouges et l’Italie les Azzurri, c’est pour moi assigner à une équipe une vocation, de même que l’éloigner du réel politique pour la consigner au domaine particulier du football.

Le football est un jeu et pas une guerre… Dépassant la nationalité, c’est la réunion de talents particuliers dans un esprit d’équipe… A entendre les commentaires, l’histoire du football est certes liée aux nations qui l’ont écrites, mais c’est avant tout les équipes qui sont mises en avant. Le foot a sa propre histoire, indépendante de l’histoire nationale, qui se construit au fil des championnats par un style particulier, par les joueurs qui lui impriment son identité et la font évoluer. Ainsi, la défense de la Juve donne son caractère à cette équipe d’Italie 2016, et est probablement à l’origine de la solidité de la formation dont certains doutaient avant le début du match.

Le joueur et l’équipe

Ce que m’a montré l’équipe d’Italie hier, c’est le subtil mélange entre construction du jeu en équipe et initiative personnelle du joueur qui décide de tirer vers le but adverse. Sans solidarité, l’équipe se met en danger, mais sans action singulière, elle a peu de chance de marquer. Discipline et inventivité doivent la caractériser. Comment ne pas penser à la métaphore paulinienne du corps ?

Il y a donc plusieurs membres, mais un seul corps. L’œil ne peut pas dire à la main : « Je n’ai pas besoin de toi », ni la tête dire aux pieds : « Je n’ai pas besoin de vous ». Bien plus, même les membres du corps qui paraissent les plus faibles sont nécessaires (1Co 12, 20-22)

Je crois que cette dynamique à la fois collective et individuelle que l’équipe italienne a offert hier, caractérisée dans la première épître aux Corinthiens est une clef essentielle pour le bonheur en société. Nous avons besoin à la fois de faire partie de l’équipe, de nous savoir partie prenante d’un tout qui nous soutient et que nous soutenons. Nous avons également besoin de pouvoir développer notre identité unique, nos capacités propres. Cela non dans le but de s’élever au-dessus des autres, mais de concourir à la victoire de tous. Se démarquer… terme du football qui reflète bien à la fois la place spéciale que l’on peut prendre selon les circonstances, mais pour mieux se rendre visible à sa propre équipe, lui montrer que nous pouvons œuvrer en son nom. Se démarquer n’a de sens que dans la dynamique collective.

Le jeu des supporters

Enfin, ce qui m’a particulièrement plu dans le match hier a été l’attitude des supporters. Je remarque que beaucoup de « fans » font la différence entre la réalité et le monde du football. Déguisements, grimages qui rappellent le carnaval, moment de licence autorisé où s’exhibent les passions néanmoins mises à distance par le jeu. Déjà dans l’Antiquité, cette dimension cathartique des jeux était mise en avant. Certes, il en faut peu pour que le football devienne l’opium du peuple ou au contraire le lieu de débordements de violence, mais n’est-il pas pour un grand nombre une occasion de mettre à distance, le temps d’un match, ses responsabilités, son sérieux et ses doutes sur la société dans laquelle nous vivons ? Un temps pour souffler, s’émerveiller, se décharger d’une réalité parfois pesante ?

Personnellement, j’ai été profondément attristée des actes violents des supporters anglais et russes à Marseille. Cependant, n’est-il pas tout simplement incroyable de se dire que le football peut aussi réunir plus de trente mille supporters qui, au-delà du sincère et complet engagement pour leur équipe, savent ensemble créer une ambiance festive et joyeuse ?

Je ne suis pas une vraie supporter…

Je finirai la chronique de ce jour sur le constat qui décevra peut-être… je ne suis pas une vraie supporter ! En effet, hier, avant le match, mon soutien allait tout entier à l’équipe belge… Pourtant, au cours de la partie, je me suis laissée séduire par le jeu italien… Ce n’est qu’au premier but que je me suis rendu compte de cette nouvelle orientation d’esprit. Pour moi (exception faite peut-être de l’équipe d’Angleterre que, sans raison particulière, je soutiens depuis ma plus tendre enfance), le football c’est aussi laisser se transformer mes émotions au cours de la partie, me laisser émerveiller et surprendre… il arrive bien souvent qu’à l’issue d’un match je n’ai toujours pas su démêler mes sentiments pour accorder ma préférence à l’une ou l’autre équipe. Hier j’ai préféré un verre de Montepulciano à une bière d’Orval, mais qui sait si la semaine prochaine je ne dégusterai pas avec plus de plaisir des moules-frites qu’un Irish Stew ?

Je vous souhaite une belle journée

Cécile

Mercredi 15 juin

Bonjour,

Hier, je n’ai pu suivre aucun match… Par contre, j’ai découvert un document émanant de l’Atlas of European values destinés aux professeurs pour une activité de réflexion autour des liens entre religion et football intitulée “Est-ce que le football est aussi important que la religion?”

Je me suis prêtée à l’exercice et retracerai le parcours didactique proposé. Je signalerai toutefois que je l’ai librement adapté, ne trouvant pas toujours leurs questions pertinentes. Il me semble que les rédacteurs de ce document ont tendance à mélanger le choix de supporter une équipe selon sa religion et le fait de faire du football une religion. Par contre, leur étude historique des clubs du Royaume-Uni me semble un lieu effectivement privilégié pour interroger ces rapports.

Faisons-nous du football une religion?

En guise d’amorce à la réflexion, une citation provocante de Bill Shanklin rappelle à quel point l’engouement pour le football peut prendre des proportions démesurées :

Certaines personnes considèrent le football comme une question de vie ou de mort. Cette attitude me déçoit énormément. Je peux vous assurer qu’il est beaucoup, beaucoup plus important que cela. (Bill Shanklin)

C’est ce fort attachement qui fait que l’on rapproche souvent le football de la religion. L’amour que certaines personnes éprouvent pour leurs équipes est tellement fort qu’ils le décrivent comme une religion. Neuchâtel Xamax joue d’ailleurs sur ce rapprochement entre le football et la religion dans sa campagne de publicité pour les abonnements de la saison prochaine, dont je n’ai pas trouvé l’illustration, mais qui en substance, montre une jeune femme qui a juré fidélité à son mari… et à onze joueurs.

Cet amalgame entre religion et football n’est cependant pas uniquement métaphorique… En effet, l’histoire du football anglais montre que la religion et le football sont en relation concrète.

Sommes-nous des supporters selon notre confession ?

La première partie du document consiste à étudier la très intéressante histoire des supporters de football de Manchester et Glasgow. En voici un résumé. Les deux villes comportent deux grandes équipes dont les supporters sont d’impitoyables rivaux. La population et la presse locale de chaque ville expliquent les rivalités existantes avec les divergences religieuses des supporters de football et des clubs.

Historiquement, Manchester United et Celtic sont deux clubs de football catholiques. Manchester City et Rangers sont deux clubs de football protestants. Le lien entre ces clubs est tellement puissant que le Manchester United et Glasgow Celtic ont un club de supporter conjointe.

La relation entre ces villes et le catholicisme provient principalement de leurs situations géographiques. En termes de position géographique et de moyen de transport, Manchester et Glasgow sont toutes les deux des villes portuaires proches de l’Irlande. La communauté irlandaise est importante dans ces deux villes et les immigrés irlandais fuyant la persécution des protestants irlandais forment une communauté catholique importante.

Manchester United a très tôt signé avec des joueurs irlandais, le football contribuant à créer un lien entre la communauté et son lieu d’accueil qui se forme dans les tribunes. Le club rendait visite aux équipes de l’église pour signer des contrats avec de nouveaux talents.

Cependant, le nombre important des supporters de ces clubs peut s’expliquer autrement. En effet, leur situation au Nord du Pays en font des clubs de villes industrielles. Or le football est le sport préféré par les classes sociales ouvrières et l’importance du nombre de supporters pourrait s’expliquer par un intérêt social plutôt que religieux pour le football. Bien qu’il existe certaines raisons historiques pour lesquelles ces équipes ont des supporters catholiques et protestants, les raisons premières sont davantage liées à l’immigration qu’à la religion… Dans un dernier temps, l’étude propose une comparaison des statistiques de l’Enquête des Valeurs Européennes. Un tableau nous met devant l’évidence : le Nord du Royaume-Uni n’est pas plus pratiquant ni plus croyant que le Sud.

Si les liens historiques entre religion et football sont indéniables, il peut exister de nombreuses autres raisons pour lesquelles les personnes soutiennent une équipe de football.

Quelles sont nos raisons de supporter une équipe?

L’étude nous propose de nous questionner :

Selon vous, pourquoi les personnes préfèrent soutenir une équipe de football ?

A la suite je me pose les questions suivantes, si vous avez un avis sur la question, n’hésitez pas à poster un commentaire:

Le facteur de la religion est-il réellement déterminant pour le supporter ?

Le supporter moderne fait-il le lien entre sa confession et son attachement au foot ?

Une population européenne de plus en plus laïque n’a-t-elle tendance à faire du football sa religion en dehors de toute croyance en Dieu ?

Une Europe qui croit… en quoi?

En dernier lieu, le document propose ensuite de considérer la carte de la proportionalité des croyants dans les divers pays d’Europe et de nous interroger sur le rapport qui pourrait exister entre la religion et l’attachement au foot… Force est de constater que l’on ne peut tirer aucune conclusion générale… Le foot est tout aussi populaire dans une Allemagne laïcisée que dans un Portugal très pieux…

carte_croyance

Aussi, je vous propose en cette journée de réfléchir à la question posée par le document :

Pouvez-vous suggérer une meilleure théorie pour expliquer la raison pour laquelle les personnes choisissent de soutenir une équipe de football ?

Voici les raisons possibles qui me viennent en vrac :

  • La nationalité, la régionalité, le lieu d’habitation,
  • La tradition familiale, nos liens sociaux et professionnels.
  • Le style de jeu d’une équipe et son évolution récente, notamment ses succès. La popularité de certains joueurs, l’attitude des supporters de cette équipe.
  • Une grande part d’inconscient et de facteurs non quantifiables : notre amour pour la langue italienne, nos dernières vacances au Portugal, notre goût pour les saucisses bavaroises, notre tante préférée d’origine polonaise, vouloir se démarquer de son grand frère qui supporte l’Allemagne en se déclarant pour l’Angleterre, etc.

Cette carte m’inspire enfin une remarque humoristique : elle nous prouve au moins que Dieu ne soutient pas une population selon son degré de fidélité…

En conclusion, je ne peux que répéter : ne faisons pas du football une religion… et j’ajouterai : ne faisons pas du football un lieu privilégié de notre relation à Dieu…

Je vous souhaite une belle journée

Cécile

Jeudi 16 juin

Bonjour,

en ce jeudi je ne souhaite pas commenter les matchs d’hier… En partie par déception et d’autre part car mon emploi du temps ne m’a pas autorisée à les suivre dans leur entier. Je vous propose aujourd’hui la présentation de l’exposition « Divinement Foot » actuellement au musée d’histoire de Lyon qui confirme encore une fois à quel point la religion est associée, au sens métaphorique comme au sens propre au football.

Divinement Foot ! au musée Gadagne à Lyon

À l’occasion de l’UEFA Euro 2016, cette exposition est le fruit d’une collaboration entre plusieurs musées d’histoire européens et associe ainsi sociologie et histoire mondiale du football aux particularités locales. L’exposition propose d’explorer la question suivante

Cette passion partagée par tant de pays à travers le monde, ce phénomène international serait-il devenu une religion mondiale ?

L’écharpe aux couleurs de son équipe est-elle équivalente pour le supporter à la croix que certains chrétiens portent autour du cou ? La coupe est-elle le calice ? Maradona est-il un saint ? Les chants de stade sont-ils les nouveaux cantiques ?

L’exposition raconte ces liens entre l’univers du football et le monde religieux à travers les moments forts de l’histoire de ce sport afin de comprendre comment il est devenu une passion collective, une « religion contemporaine ». A Lyon, le musée propose de revenir sur l’histoire de son club de l’Olympique.

Divinement foot ! s’articule en une dizaine de modules en forme de cages de foot abritant vidéos, photographies et objets symboliques. Chaque module est construit autour d’un thème évoquant les liens entre l’univers du football et le monde religieux : les puissances supérieures, les idoles et les saints, les rituels, les normes et valeurs, etc.

L’exposition se tient à Lyon jusqu’au 4 septembre au musée Gadagne. Consultez le site du musée.

 

Une chronique de Marie Destraz pour bonnenouvelle

Sur le site bonnenouvelle.ch, Marie Destraz consacre un article qui rapproche cette exposition des propos de Denis Müller que j’ai évoqués ce lundi. Je vous conseille vivement la lecture de cet article en suivant ce lien.

Le stade devient cathédrale, les supporters des fidèles et, sur la pelouse, des saints en maillot se signent à tout va. Avec ses rituels, lieux de culte et surtout l’engouement du public, le football est vu comme une religion. A tel point que l’exposition « Divinement foot ! », à Lyon, s’interroge sur cette dévotion tout l’été. (Marie Destraz)

Une chronique de Stéphane Loeb pour culturebox

Sur le site de culturebox, Stéphane Loeb consacre un très intéressant, complet et illustré compte-rendu de cette exposition que vous pouvez découvrir en suivant ce lien.

D’entrée de jeu, le ton est donné : la première vitrine de l’exposition présente côte à côte une coupe de championnat remportée par l’Olympique Lyonnais et un calice catholique. Le parallèle est surprenant ! Le trophée emprunte visiblement la forme du calice, tel le Saint Graal dont sont en quête tous les joueurs. (Stéphane Loeb)

Les propos de Xavier de la Selle

Xavier de la Selle est le directeur du musée Gadagne à Lyon, et ses propose ont été recueillis par Stéphane Loeb.

Quand on envisage le football d’un point de vue sociologique et qu’on voit ce qu’il représente dans la vie des gens, on ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec la religion. Le fait religieux repose sur trois choses : croire en quelque chose, en un idéal, pratiquer sa religion à l’aide de rites et appartenir à une communauté. On retrouve tout ça dans le football ! (Xavier de la Selle).

Métaphore ou réalité?

Finalement, Stéphane Loeb souligne à quel point ce parallèle entre religion et football est parfois pris au premier degré :

Ce culte a atteint des sommets en 2001 avec la création de l’Iglesia Maradoniana par des supporters. Les fidèles de cette « église » fêtent Noël le 30 octobre, date de la naissance de leur idole, le dieu du foot ! […] Dans des cimetières allemands ou hollandais, des carrés sont réservés aux supporters de certains clubs, avec des fleurs aux couleurs des équipes ! Un cimetière de 70 000 places est même prévu pour les supporters à Sao Paulo, au Brésil. Sans oublier les urnes funéraires en forme de ballon de foot ! (Stéphane Loeb)

 

Ces dérives font peur… n’oublions pas cependant que de telles dérives existent aussi dans le domaine religieux. Il s’agit pour moi de ne pas condamner trop vite ce sport en se focalisant sur ses supporters fanatiques, de même que je regrette que certains condamnent notre religion chrétienne au nom des dérives passées et présentes de certains de ses membres.

J’espère en outre que les chrétiens sauront mettre à sa juste place ce sport et à ne pas en faire une idole rivale de notre Dieu auquel nous nous sommes librement et entièrement donnés en Jésus-Christ.

Cette exposition a pour moi le mérite de mettre le visiteur devant l’ampleur d’un phénomène et de le mener à s’interroger à son propre rapport au football, mais aussi à son rapport spirituel au monde de manière générale… j’espère pouvoir m’y rendre à Lyon, ou plus tard à Luxembourg ou à Barcelone…

Je vous souhaite une belle journée

Cécile

Vendredi 17 juin

Bonjour,

pour terminer cette semaine consacrée au foot, je vous propose quelques prières issues du site egliseetsport. Associons-nous à ces mots selon nos affinités, mais n’oublions pas d’une part que le sport est une activité humaine comme une autre pour laquelle nous pouvons demander soutien et pardon, pour laquelle nous pouvons louer le Seigneur, notre Dieu qui n’est pas le football, pas plus que Maradona n’est le Christ…

Prière du supporter de foot (Euro 2012)

Seigneur,
Je demande grâce pour les membres de mon équipe préférée.
Je veux les soutenir par ma prière.
Aide-les à obtenir les plus grandes distinctions et décorations sportives,
protège-les des contusions.
Que leur comportement apporte de la gloire à notre patrie et à la localité qu’ils représentent.
Aide-moi à soutenir mon équipe de manière civilisée,
en tout respect de l’équipe adverse et de ses supporters.
Permets-moi de garder l’objectivité dans la ferveur du match
et de contrôler mes émotions dans chaque mot et chaque geste.
Je demande aussi à me souvenir de toi et de ma responsabilité pour ma vie et celle de mes proches,
pendant que je consacre mon temps libre aux loisirs sportifs.
Amen.

Prière de Bruno Sautereau, prêtre et arbitre de football

Prière pour la coupe du monde 1998, adaptée ici pour l’Euro 2016.

Seigneur, nous te confions cet Euro 2016 !
Nous te prions pour les pays qui viendront
et pour ceux qui auraient voulu y être mais qui n’ont pu se qualifier.
Nous te confions tous les gens qui y assisteront.
Nous te remettons toutes les passions humaines de ce Mondial :
pardon pour les mauvais gestes, les paroles blessantes, les attitudes violentes.
Mais par-dessus tout, Seigneur,
nous te remercions pour la joie qui naîtra des matchs, dans la victoire ou la défaite.
Que la gloire des hommes qui sortiront vainqueurs
ne fasse pas oublier que le plus important est d’être ensemble !

Quant à moi, je vous souhaite un très beau week-end

Bien à vous,

… et « forza » pour vos vies comme pour vos moments sportifs

Cécile

 

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