{"id":7381,"date":"2025-09-04T08:38:19","date_gmt":"2025-09-04T06:38:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.eren.ch\/neuchatel\/?page_id=7381"},"modified":"2025-09-04T08:44:15","modified_gmt":"2025-09-04T06:44:15","slug":"mexique-2025","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.eren.ch\/neuchatel\/enfance-et-jeunesse\/aumonerie-de-jeunesse\/mexique-2025\/","title":{"rendered":"Voyage d\u2019entraide, de partage et de solidarit\u00e9 de l\u2019AJ au Mexique 2025"},"content":{"rendered":"\n
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L\u2019arriv\u00e9e au Mexique<\/h2>\n\n\n\n

Le 18 juillet dernier, nous prenions l\u2019avion le c\u0153ur ouvert \u00e0 la rencontre et l\u2019esprit curieux pour atterrir une quinzaine d\u2019heures plus tard \u00e0 Mexico city. Apr\u00e8s une journ\u00e9e de d\u00e9couverte de l\u2019histoire et des cultures mexicaine par une visite du centre-ville et du mus\u00e9e d\u2019Anthropologie, nous avons voyag\u00e9 deux heures pour enfin arriver \u00e0 Apaxco en d\u00e9but de soir\u00e9e. Depuis un an, nous avions entendu parler de cette petite ville dans l\u2019\u00e9tat de Mexico par lequel passe le train de marchandise \u00ab La Bestia \u00bb (la B\u00eate, ou le Monstre) et o\u00f9 Holcim poss\u00e8de une usine de ciment qui fait la taille de la petite ville. Au r\u00e9veil, nous avons d\u00e9couvert un paysage soupoudr\u00e9 de poussi\u00e8re de ciment qui affecte la sant\u00e9 de la nature comme celles des \u00eatres humains. C\u2019est l\u00e0 que nous avons pass\u00e9 deux semaines dans les 4 murs de l\u2019\u00e9glise m\u00e9thodiste et du centre d\u2019accueil pour les migrants qui ont entam\u00e9 le long p\u00e9riple des pays d\u2019Am\u00e9rique centrale pour rejoindre les USA.<\/p>\n\n\n\n

Servir<\/h2>\n\n\n\n

Nous avions beaucoup discut\u00e9 des possibilit\u00e9s d\u2019\u00eatre au service de la communaut\u00e9 d\u2019Apaxco et des migrants de passage et 3 axes avaient \u00e9t\u00e9 esquiss\u00e9. La politique migratoire des USA a modifi\u00e9 compl\u00e8tement la possibilit\u00e9 d\u2019y entrer, c\u2019est encore plus risqu\u00e9. Si le centre pouvait accueillir jusqu\u2019\u00e0 1000 personnes par semaine en fin d\u2019ann\u00e9e 2024, cet \u00e9t\u00e9 il a \u00e9t\u00e9 un refuge pour environ une cinquantaine de personnes durant notre s\u00e9jour dont la plupart b\u00e9n\u00e9ficie de la possibilit\u00e9 de prendre une douche, un repas ou demande des habits. Rare sont ceux et celles qui s\u2019arr\u00eatent pour dormir, le d\u00e9sir d\u2019avancer dans le p\u00e9riple les pousse \u00e0 poursuivre le chemin. Les contr\u00f4les sont devenus plus fr\u00e9quents sur le train \u00ab la Bestia \u00bb, les migrants pr\u00e9f\u00e8rent marcher, jusqu\u2019\u00e0 12- 14 heures par jour.<\/p>\n\n\n\n

Faire de l\u2019espace et trier<\/h3>\n\n\n\n

Le centre d\u2019accueil a accumul\u00e9 de nombreux sacs d\u2019habits remplissant des pi\u00e8ces enti\u00e8res qui ne peuvent pas \u00eatre utilis\u00e9es pour des activit\u00e9s ou comme dortoirs. Patiemment et durant deux semaines, des jeunes de l\u2019AJ ont tri\u00e9, rang\u00e9 dans des cartons, jet\u00e9, nettoy\u00e9 pour organiser les stocks d\u2019habits et surtout cr\u00e9er de l\u2019espace, offrir un peu d\u2019air dans le centre.<\/p>\n\n\n\n

Arracher et planter<\/h3>\n\n\n\n

Une bande de terre laiss\u00e9e \u00e0 l\u2019abandon a \u00e9t\u00e9, au fil des jours, transform\u00e9e en un jardin potager. Arracher l\u2019herbe, enlever les cailloux, ramasser tous les d\u00e9chets et constater que la terre est tellement pollu\u00e9e qu\u2019il ne sera pas possible de planter des l\u00e9gumes, c\u2019est trop risqu\u00e9 pour la sant\u00e9. Des jeunes de l\u2019\u00e9quipe ont alors imagin\u00e9 un jardin sur\u00e9lev\u00e9 dans des bacs et des tuyaux fix\u00e9s au mur : camomille, arnica, tomates, courgettes ont \u00e9t\u00e9 plant\u00e9s. Les enfants de la communaut\u00e9 ont particip\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9laboration du jardin dont ils prendront soin \u00e0 notre d\u00e9part avec l\u2019esp\u00e9rance que ce petit coin soit une oasis o\u00f9 l\u2019on prend soin de la vie malgr\u00e9 la pollution si pr\u00e9sente \u00e0 Apaxco.  <\/p>\n\n\n\n

Imaginer et peindre<\/h3>\n\n\n\n

Un artiste de la communaut\u00e9 a imagin\u00e9 une grande fresque sur le th\u00e8me de la migration qui raconte les histoires de 3 personnes qui sont pass\u00e9s dans le centre.  Chacun-e du groupe a aid\u00e9 \u00e0 peindre cette fresque, tous y ont mis leur touche de couleur. \u00ab N\u2019oubliez pas l\u2019hospitalit\u00e9, car sans le savoir,  certains ont accueilli des anges \u00bb, c\u2019est avec cette invitation que nous sommes partis au Mexique. Un jeune du groupe a imagin\u00e9 la suite de la fresque en int\u00e9grant des symboles qui disent un bout de la rencontre interculturelle de cet \u00e9t\u00e9 comme une trace de notre passage. Cette fresque peinte en deux semaines a suscit\u00e9 de l\u2019\u00e9tonnement et de la reconnaissance tant pour les habitants d\u2019Apaxco qui s\u2019arr\u00eataient pour discuter sur la fresque, la migration et la raison de notre pr\u00e9sence dans leur ville, que pour les personnes migrantes : \u00ab c\u2019est notre histoire que vous avez peinte ! \u00bb.<\/p>\n\n\n\n

Une histoire de scorpions et l\u2019Ahorita<\/strong><\/h2>\n\n\n\n

Un voyage d\u2019entraide, de solidarit\u00e9 et de partage, c\u2019est aussi diff\u00e9rentes mani\u00e8res de voir, de comprendre le monde et d\u2019y vivre. Quelle ne f\u00fbt pas notre surprise de d\u00e9couvrir des scorpions qui ont \u00e9veill\u00e9s la peur en nous, mais quoi de plus normal pour les jeunes mexicains qui ont \u00e9cout\u00e9 notre surprise et nos questions avec un petit sourire au coin. \u00ab C\u2019est vrai, il n\u2019y a pas de scorpions en Suisse et nous avons besoin de vous pour savoir comment r\u00e9agir. Alors racontez-nous quoi faire ! \u00bb Alors nous avons \u00e9t\u00e9 attentifs, secou\u00e9 nos chaussures avant de les mettre et renvers\u00e9 les sacs d\u2019habits par terre pour trier au lieu de plonger nos mains dedans.<\/p>\n\n\n\n

Il y a eu de la frustration aussi parce que nous n\u2019habitons pas le monde de la m\u00eame mani\u00e8re. Une grande partie du mat\u00e9riel n\u00e9cessaire pour pouvoir servir la communaut\u00e9 et le centre manquait. Nous avons d\u00fb demander de nombreuses fois pour avoir des cartons, du terreau, de la peinture. Nous avons fr\u00e9quemment entendu \u00ab Ahorita \u00bb qui peut signifier \u00ab tout de suite \u00bb, \u00ab bient\u00f4t \u00bb, \u00ab dans quelques jours \u00bb, ou m\u00eame \u00ab jamais \u00bb et qui a mis notre patience et l\u2019impatience de pouvoir poursuivre notre service \u00e0 rude \u00e9preuve. Le temps est v\u00e9cu diff\u00e9remment, peut-\u00eatre avons laiss\u00e9 une pinc\u00e9e d\u2019organisation \u00e0 Apaxco et emport\u00e9 avec nous une dose d\u2019Ahorita parce que certaines choses peuvent attendre et que prendre le temps de souffler en d\u00e9gustant un caf\u00e9 fait du bien au c\u0153ur et au corps.<\/p>\n\n\n\n

La gratitude  <\/h2>\n\n\n\n

La vie communautaire et le prendre soin des uns des autres est une exp\u00e9rience forte de ces deux semaines au Mexique tant dans le groupe que dans les contacts avec les personnes migrantes et la communaut\u00e9 m\u00e9thodiste d\u2019Apaxco. Partager du temps, des rires, nos histoires de vie et chanter ensemble a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9cieux et a fa\u00e7onn\u00e9 notre communaut\u00e9 v\u00e9cue durant notre s\u00e9jour. Ainsi d\u00e9couvrir que la vie est fragile et que m\u00eame dans les difficult\u00e9s, il peut y avoir de l\u2019espace pour rire,  chanter, partager et nourrir ainsi notre esp\u00e9rance.<\/p>\n\n\n\n

Nous avons \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s touch\u00e9s par les si nombreux cadeaux que nous avons re\u00e7us lorsqu\u2019est venu le temps de dire au revoir aux personnes. Et nous avons accueilli ces gestes de gratitude comme signe de ce qui a peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 partag\u00e9 durant ce s\u00e9jour, les traces visibles de notre passage comme les matelas, une machine \u00e0 laver, des panneaux solaires pour l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, la fresque, le potager, les rangements et les traces invisibles peut-\u00eatre pour nous dans les relations tiss\u00e9es, les instants partag\u00e9s. Ce qui est certain, c\u2019est que nous avons rencontr\u00e9 des anges qui ont pris soin de nous au quotidien en cherchant \u00e0 communiquer avec nous malgr\u00e9 la barri\u00e8re de la langue, en nous nourrissant de leur mets succulents et un peu \u00e9pic\u00e9s, en faisant la lessive pour nous, en nous bousculant dans notre mani\u00e8re de voir le monde et de vivre la vie, en nous faisant d\u00e9couvrir leur culture, leur foi, leur amiti\u00e9. Qu\u2019ils re\u00e7oivent toute notre gratitude ! Rencontrer ces personnes formidables a nourri notre foi en l\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n

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Galerie d’images<\/h2>\n\n\n\n