Venir à lui tel que l’on est

Culte des Rameaux

29 mars 2026, temple de Fleurier – avec les familles

Célébrant.es : Véronique T. A. / Guillaume K. / Brigitte R.

Culte et démarche avec les enfants adaptés d’une proposition de la pasteure Christina Weinhold, de l’Eglise Protestante unie de France.

Narration d’après Matthieu 21, 1-11 – Véronique Tschanz Anderegg

C’était le printemps. Il faisait beau et bien plus chaud qu’aujourd’hui !

Un groupe d’hommes et de femmes marchent sur la route de Jérusalem, tout joyeux. Ils vont fêter la Pâque juive, qui célèbre la libération du peuple d’Israël de l’Egypte. Ce groupe, c’est Jésus et ses disciples.

Je dois vous préciser qu’un disciple, c’est une personne qui accompagne, qui parle, suit et vit avec Jésus. Et justement, les disciples parlent de souvenirs qu’ils ont vécu avec Jésus.

  • « Tu te rappelles quand il a dit au paralytique : « Prends ta natte et marche ? »
  • « Oh ! Oui ! Et quand il a mis de la boue sur les yeux de l’aveugle pour lui rendre la vue ! »
  • « Moi, le miracle que je préfère, c’est quand Jésus a dit au vent de se calmer ! »
  • « Sacré Jésus, quel phénomène ! »

Tout en marchant, Jésus prend 2 de ses disciples à part et leur demande :

  • « Au prochain village, vous trouverez une ânesse et son ânon attaché à une maison. Détachez-les et amenez-les-moi »
  • « Ben… Jésus, c’est spécial ce que tu nous demandes ! Ça va paraître suspect, on va nous prendre pour des voleurs ! Et que va dire le propriétaire ?
  • « Vous lui direz simplement que le Seigneur en a besoin et que l’ânesse reviendra vite chez elle ».

Les disciples font ce que Jésus leur a demandé. Et effectivement, ils trouvent une ânesse et son ânon ! Et effectivement, le propriétaire leur a laissé prendre ses ânes ! Ah ! Sacré Jésus, quel phénomène !

Pour rendre le voyage de Jésus plus confortable, les disciples mettent leur tunique sur le dos de l’ânesse. Ça protégera Jésus des poils et des odeurs ! Il faut préciser que, à cette époque, les gens portaient souvent une tunique par-dessus leurs vêtements pour les protéger de la poussière et de la chaleur.

Jésus monte sur le dos de l’ânesse et tous repartent en direction de Jérusalem.

Lorsqu’ils arrivent à la ville, il y a une grande foule… les gens sont venus en nombre pour fêter la Pâque. En voyant arriver Jésus juché sur l’âne, des gens commencent à chuchoter :

  • « On dirait cet homme qui guérit des malades… »
  • «Oui, je crois qu’on l’appelle Jésus, il fait des miracles, il soigne les malades et arrive même à changer l’eau en vin »
  • « Peut-être est-il ce roi annoncé par le prophète ? »
  • « Il faudrait vraiment que nous puissions l’accueillir avec dignité et respect ».
  • « C’est sûr ! Mais nous n’avons rien prévu… ni fanfare, ni tapis rouge, ni discours !
  • « Comment faire pour l’accueillir en roi digne de ce nom ? »

Je crois que c’est à ce moment-là qu’une petite fille a dit timidement : « Certains d’entre nous pourraient couper de branches d’olivier et les agiter pour saluer son passage. Et d’autres pourraient enlever leur tunique et en faire un chemin pour permettre à l’ânesse de passer ? »

  • « Mais bravo ! C’est une excellente idée ! »

Aussitôt dit, aussitôt fait : des gens cueillent des rameaux d’oliver, d’autres mettent leur tunique sur le chemin pour en faire un tapis bariolé. Et toutes, tous crient : « Hosanna au plus haut des cieux ! Gloire à Celui qui vient de la part de Dieu »

Jésus est ému d’entendre la foule l’accueillir comme un roi. Il est surtout touché de voir ces gens lui faire un chemin fabriqué avec leurs propres vêtements. Bien sûr, leurs habits sont troués, sales. Ils sentent le poisson et la transpiration ! Mais l’important n’est pas là.

Ces habits, ils sont le reflet de la vie de ces gens : des vies raccommodées, des vies ternes ou bigarrées. Des existences déchirées, lourdes de tristesse et de malheurs. Des existences riches ou pauvres, qui sentent parfois mauvais.

Mais ce n’est pas cela qui compte pour Jésus. Lui, il aime ces gens tels qu’ils sont, avec leurs ombres et leur lumière. Ils l’accueillent avec leurs mots, leurs gestes, sans chichis !

Jésus aime qu’ils le reconnaissent comme leur roi. Même s’il sait que bientôt, les cris de joie se transformeront en cris de haine…

Venir à lui tel que l’on est

Quand les gens sont sortis précipitamment pour accueillir le Seigneur, ils se sont rendu compte qu’ils ne savaient pas comment l’accueillir. Ils étaient venus tels qu’ils étaient. Ils n’avaient rien prévu.

Alors comment faire ? Ils étaient plein d’attente et plein de reconnaissance vis-à-vis de lui, mais comment lui montrer ? Alors les premiers ont commencé à arracher les branches des arbres pour décorer la rue.

Puis, il y a eu des gens qui ont enlevé leur tunique, une sorte de cape qu’ils portaient au-dessus de leur robe ou tunique du dessous, et à les mettre sur le sol. Comme s’ils voulaient préparer un tapis pour le roi du monde qui arrivait. Pour qu’il ne marche pas dans la poussière, pour que même son âne sur lequel il est assis ne marche pas dans la poussière.

Le chemin que les gens ont préparé ne ressemblait pas à un tapis comme les autres. Ce n’était pas le tapis rouge qu’on met pour les princes et empereurs, c’est un tapis fait par des tuniques, un grand patchwork de leurs histoires et de leur vécu. C’est le tapis de leurs joies, de leurs angoisses, de leurs attentes et de leurs espérances. C’est le tapis de leur honte par rapport aux échecs de la vie, le tapis de leurs limites et de leurs fardeaux… en bref : le tapis de tout ce qu’ils portaient avec eux.

Prière

Nous voici nous aussi sur le chemin, pour t’accueillir, Seigneur Jésus.

Nous voici avec notre vécu et tel que nous sommes, avec tout ce qui remplit notre quotidien. C’est tout ce que nous pouvons t’offrir, et tu ne nous demandes rien de plus, juste d’être là. Alors voici le patchwork de notre diversité. Voici le patchwork de notre vie.

Nous comptons sur ton regard d’amour, et par notre simple présence sur ce chemin, nous voulons marcher à ta suite. Amen !