{"id":20425,"date":"2026-08-18T14:22:40","date_gmt":"2026-08-18T12:22:40","guid":{"rendered":"https:\/\/www.eren.ch\/vdt\/?p=20425"},"modified":"2026-08-19T15:49:19","modified_gmt":"2026-08-19T13:49:19","slug":"une-femme-etrangere-croit-en-jesus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eren.ch\/vdt\/une-femme-etrangere-croit-en-jesus\/","title":{"rendered":"L\u00e0 o\u00f9 l’on voit un \u00abnon\u00bb, elle voit un \u00aboui\u00bb"},"content":{"rendered":"\n
Buttes, le dimanche 16 ao\u00fbt 2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n Lectures : Es 56, 1 et 6-7\u00a0; Rm 11, 13-15 et 29-32\u00a0; Mt 15,<\/strong><\/em> 21-28<\/strong><\/p>\n\n\n\n Pr\u00e9dication<\/strong> de Hyonou Paik<\/em><\/p>\n\n\n\n L\u2019histoire que nous venons de lire nous montre un J\u00e9sus surprenant, presque choquant. Il est possible que J\u00e9sus et ses disciples soient venus chercher un peu de calme en passant la fronti\u00e8re, dans le territoire de Tyr et de Sidon, au bord de la M\u00e9diterran\u00e9e ; peut-\u00eatre la demande de la femme canan\u00e9enne leur a-t-elle fait l\u2019effet d\u2019un natel qui sonne un dimanche matin \u00e0 6 heures dans un chalet de vacances. Mais quand m\u00eame. \u00c0 une femme qui souffre pour sa fille, J\u00e9sus ne r\u00e9pond pas un mot. Est-ce qu\u2019il l\u2019ignore ? Est-il occup\u00e9 par quelque chose de plus important, de plus int\u00e9ressant ?… La r\u00e9action des disciples nous fait comprendre que la femme continue de supplier malgr\u00e9 ce premier silence. Elle crie si fort qu\u2019ils ne le supportent plus, et ils veulent que J\u00e9sus fasse quelque chose. Imaginez : ils sont plusieurs. Des p\u00eacheurs du lac, solides, qui n\u2019ont pas la langue dans leur poche. Et \u00e0 eux tous, ils n\u2019arrivent pas \u00e0 la faire partir. Il n\u2019y a qu\u2019une solution : J\u00e9sus seul peut la renvoyer \u2014 sans doute en lui accordant ce qu\u2019elle demande. Mais J\u00e9sus leur r\u00e9pond : on ne m\u2019a pas envoy\u00e9 pour \u00e7a. Cette deuxi\u00e8me r\u00e9action ne d\u00e9courage toujours pas la femme. Elle s\u2019agenouille devant lui et l\u2019appelle au secours. \u00ab Il n\u2019est pas bien, dit alors J\u00e9sus, de prendre le pain des enfants et de le jeter aux chiens. \u00bb Que dire de plus ? D\u2019abord le silence. Ensuite les disciples, qui n\u2019arrangent rien. Et pour finir, cette parole dure. Quel visage de J\u00e9sus se pr\u00e9sente \u00e0 vous ? Et ce visage correspond-il \u00e0 celui que vous reconnaissez comme votre Seigneur ?<\/p>\n\n\n\n Alors, on serait tent\u00e9 de se concentrer sur la fin de l\u2019histoire, en poussant gentiment de c\u00f4t\u00e9 ce genre de questions, et en se disant que \u00ab tout est bien qui finit bien \u00bb. On pourrait f\u00e9liciter cette femme qui a su tenir bon, malgr\u00e9 tout ce qui aurait pu la d\u00e9courager. On pourrait dire qu\u2019\u00e0 force de pers\u00e9v\u00e9rer, elle a fait tomber un \u00e0 un les trois murs que J\u00e9sus dressait devant elle. On a presque envie de dire que c\u2019est J\u00e9sus qui se convertit devant la foi d\u2019une pa\u00efenne. Dans cette mani\u00e8re de voir, la foi reviendrait \u00e0 attraper un tronc d\u2019arbre et \u00e0 le secouer, en priant et en criant, jusqu\u2019\u00e0 le d\u00e9raciner. La foi des plus forts arriverait m\u00eame \u00e0 arracher une montagne et \u00e0 la jeter \u00e0 la mer.<\/p>\n\n\n\n Cette image \u2014 la foi comme une ceinture de judo, blanche, marron ou noire \u2014 dit quelque chose de vrai. Mais elle ne suffit pas \u00e0 d\u00e9crire la foi chr\u00e9tienne, si elle ne parle que de nos efforts \u00e0 nous. Car la foi chr\u00e9tienne ne vient pas de nous-m\u00eames : ce n\u2019est pas une capacit\u00e9 que nous pourrions d\u00e9velopper et poss\u00e9der, comme une force physique ou mentale.<\/p>\n\n\n\n Au fond, tout le monde croit en quelque chose \u2014 m\u00eame celui qui dit ne pas croire en Dieu. Chacun de nous tient \u00e0 quelque chose plus qu\u2019\u00e0 tout, quelque chose sans quoi la vie perdrait son go\u00fbt. Cette chose-l\u00e0, c\u2019est notre vrai \u00ab dieu \u00bb, qu\u2019on l\u2019appelle ainsi ou non. Pour l\u2019un, ce sera l\u2019argent ou le pouvoir ; pour un autre, la r\u00e9ussite, ou m\u00eame une personne. Et la mani\u00e8re dont notre c\u0153ur s\u2019accroche \u00e0 ce \u00ab dieu-l\u00e0 \u00bb, c\u2019est notre foi.<\/p>\n\n\n\n Quel est le visage de ce dieu ? S\u2019il a le visage du pouvoir, le c\u0153ur s\u2019attachera \u00e0 tout ce qui donne de la puissance \u2014 parfois l\u2019argent, parfois m\u00eame la violence. S\u2019il a le visage du pardon, le c\u0153ur mettra sa confiance dans une vie o\u00f9 la r\u00e9conciliation reste toujours possible. Alors la vraie question n\u2019est pas : \u00ab Est-ce que j\u2019ai la foi, oui ou non ? \u00bb De toute fa\u00e7on, une foi m\u2019habite. La vraie question, c\u2019est : \u00e0 quel Dieu mon c\u0153ur est-il attach\u00e9 ? Est-ce le vrai Dieu \u2014 ou une fausse image de Dieu, que je me suis fabriqu\u00e9e moi-m\u00eame ?<\/p>\n\n\n\n Si donc la foi de la femme canan\u00e9enne est grande, comme J\u00e9sus le d\u00e9clare \u00e0 la fin, la bonne question n\u2019est pas \u00ab qu\u2019a-t-elle fait ? \u00bb, mais \u00ab quel visage de Dieu a-t-elle vu en J\u00e9sus ? \u00bb. En quel Dieu a-t-elle mis toute sa confiance ? Une confiance si vivante que J\u00e9sus lui-m\u00eame la reconna\u00eet, et que sa fille retrouve la vie. Pour le dire en un mot : la femme canan\u00e9enne voit un J\u00e9sus qui dit \u00ab oui \u00bb, l\u00e0 o\u00f9 on aurait envie de ne voir qu\u2019un \u00ab non \u00bb. Regardons comment, par trois fois, elle voit un Dieu qui l\u2019accueille, l\u00e0 o\u00f9 on aurait vu trois refus.<\/p>\n\n\n\n Comme je vous ai dit au d\u00e9but, J\u00e9sus donne l\u2019impression d\u2019\u00eatre dur envers cette femme. Mais il faut remarquer une chose importante : jamais, dans toute l\u2019histoire, il ne prononce un refus d\u00e9finitif.<\/p>\n\n\n\n La femme vient \u00e0 J\u00e9sus, pleine de confiance dans ce qu\u2019on lui a dit de lui. Mais il reste muet devant sa demande. Elle aurait pu se dire : \u00ab Ce qu\u2019on m\u2019a racont\u00e9 de sa bont\u00e9 et de son amiti\u00e9, ce n\u2019\u00e9tait donc pas vrai ; je m\u2019\u00e9tais tromp\u00e9e. \u00bb Au lieu de cela, elle continue de lui faire confiance. Apr\u00e8s tout, J\u00e9sus n\u2019a pas dit qu\u2019il refusait de l\u2019entendre. Il se tait \u2014 et elle prend son silence pour un oui.<\/p>\n\n\n\n J\u00e9sus dit ensuite qu\u2019il n\u2019a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 que pour les brebis perdues du peuple d\u2019Isra\u00ebl. Sa r\u00e9ponse n\u2019est ni un vrai oui ni un vrai non. Canan\u00e9enne, venue d\u2019un pays ennemi d\u2019Isra\u00ebl, la femme aurait pu se taire, d\u00e9courag\u00e9e. Au lieu de cela, elle garde la ferme confiance que la bont\u00e9 du Christ se cache peut-\u00eatre encore derri\u00e8re cette r\u00e9ponse. Et sa pri\u00e8re monte : \u00ab Seigneur, viens \u00e0 mon secours. \u00bb Comme si elle disait : \u00ab Moi, je ne suis pas n\u00e9e dans le peuple d\u2019Isra\u00ebl ; mais toi, tu peux ouvrir la porte \u00e0 d\u2019autres brebis perdues comme moi. Si tu es le Christ, tu es celui qui accomplit la promesse : la maison de Dieu sera un jour une maison de pri\u00e8re pour tous les peuples \u00bb (Es 56,7).<\/p>\n\n\n\n Enfin, J\u00e9sus dit qu\u2019il n\u2019est pas bon de prendre le pain des enfants pour le jeter aux chiens. La femme aurait pu croire que, m\u00eame accueillie dans la maison de tous les peuples, elle resterait parmi les perdus, les mal-aim\u00e9s. Au lieu de cela, elle croit fermement que le Dieu annonc\u00e9 par J\u00e9sus est un Dieu qui donne \u00e0 profusion, bien plus qu\u2019il n\u2019en faut. Rappelez-vous : quand J\u00e9sus nourrit cinq mille hommes avec cinq pains et deux poissons, il reste, apr\u00e8s le repas, douze paniers pleins \u2014 de quoi nourrir toutes les tribus d\u2019Isra\u00ebl (Mt 14,13-21). Et quand il nourrit quatre mille hommes avec sept pains et quelques poissons, il reste sept corbeilles pleines \u2014 de quoi nourrir, cette fois, tous les peuples du monde. Chez ce Dieu-l\u00e0, il y a toujours assez de pain pour elle aussi.<\/p>\n\n\n\n L\u00e0 o\u00f9 les personnes de peu de foi voient le refus, l\u2019exclusion et le m\u00e9pris, la femme canan\u00e9enne voit autre chose : une porte encore ouverte, un accueil qui reste offert. Elle fait confiance \u00e0 la parole de Dieu qu\u2019elle a entendu un jour et crue pour toujours. Elle garde les yeux fix\u00e9s sur le vrai visage de Dieu \u2014 alors que notre c\u0153ur, quand il est troubl\u00e9, se fabrique si facilement une image de Dieu bien commode, une image qui nous d\u00e9tourne du vrai Dieu. Le c\u0153ur de cette femme s\u2019attache \u00e0 un Dieu dont l\u2019amour n\u2019a pas de limite, dont la mis\u00e9ricorde n\u2019a pas de fronti\u00e8re, et qui secourt sans faire de diff\u00e9rence entre les gens. Ce Dieu-l\u00e0, c\u2019est le Dieu que J\u00e9sus r\u00e9v\u00e8le par sa vie, sa mort et sa r\u00e9surrection. C\u2019est pourquoi la foi de la femme canan\u00e9enne est grande. Car elle est vraie.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":" Buttes, le dimanche 16 ao\u00fbt 2026 Lectures : Es 56, 1 et 6-7\u00a0; Rm 11, 13-15 et 29-32\u00a0; Mt 15, 21-28 Pr\u00e9dication de Hyonou Paik L\u2019histoire que nous venons de lire nous montre un J\u00e9sus surprenant, presque choquant. Il est possible que J\u00e9sus et ses disciples soient venus chercher un peu de calme en passant … Continuer la lecture de « L\u00e0 o\u00f9 l’on voit un \u00abnon\u00bb, elle voit un \u00aboui\u00bb »<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":68,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[32],"tags":[],"class_list":["post-20425","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-predications"],"yoast_head":"\n