{"id":20656,"date":"2026-10-27T12:44:43","date_gmt":"2026-10-27T11:44:43","guid":{"rendered":"https:\/\/www.eren.ch\/vdt\/?p=20656"},"modified":"2026-10-27T12:44:49","modified_gmt":"2026-10-27T11:44:49","slug":"cest-fait","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.eren.ch\/vdt\/cest-fait\/","title":{"rendered":"C\u2019est fait\u00a0!"},"content":{"rendered":"\n

Culte du samedi 24 octobre 2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n

Lectures bibliques\u00a0:\u00a0 Psaume, Matthieu 24, 45-51<\/em> et Luc 16, 10-13<\/em><\/p>\n\n\n\n

Accueil, salutation, invocation<\/u><\/strong><\/p>\n\n\n\n

Le matin, quand on se l\u00e8ve, on se dit : bonjour<\/p>\n\n\n\n

A midi, lorsqu\u2019on se met \u00e0 table, on dit : bon app\u00e9tit !<\/p>\n\n\n\n

Le soir, avant d\u2019aller se coucher, on se souhaite : bonne nuit !<\/p>\n\n\n\n

\u00c0 tout moment, lorsque l\u2019\u00eatre humain ouvre l\u2019\u00c9vangile, Dieu lui dit. Bonne nouvelle !<\/p>\n\n\n\n

En fin de semaine (puisque nous sommes samedi), en arrivant au culte, Dieu nous dit : bienvenue !<\/p>\n\n\n\n

Il nous arrive d\u2019\u00eatre inquiets<\/p>\n\n\n\n

A cause d\u2019un souci, d\u2019une angoisse, d\u2019une peur qui s\u2019infiltre en nous et nous ronge<\/p>\n\n\n\n

Et il y a de quoi, avec le monde anxiog\u00e8ne dans lequel nous vivons.<\/p>\n\n\n\n

A cause de cette inqui\u00e9tude,<\/p>\n\n\n\n

Nous ne trouvons plus le repos<\/p>\n\n\n\n

Nous nous agitons, devenons f\u00e9briles<\/p>\n\n\n\n

Nous nous fatiguons<\/p>\n\n\n\n

A cause de cette agitation, nous avons de plus en plus de difficult\u00e9s<\/p>\n\n\n\n

\u00c0 d\u00e9nicher Dieu dans les creux de notre vie<\/p>\n\n\n\n

Nous sommes alors dans une spirale qui va de l\u2019inqui\u00e9tude \u00e0 l\u2019agitation<\/p>\n\n\n\n

De l\u2019agitation \u00e0 la fatigue,<\/p>\n\n\n\n

Et de la fatigue au d\u00e9couragement<\/p>\n\n\n\n

Et du d\u00e9couragement au repli sur soi<\/p>\n\n\n\n

Et pourtant, dans le livre d\u2019Esa\u00efe, il est \u00e9crit :<\/p>\n\n\n\n

Ainsi parle le Seigneur Dieu, le Saint d\u2019Isra\u00ebl :<\/p>\n\n\n\n

Votre salut est dans la conversion et le repos,<\/p>\n\n\n\n

Votre force est dans le calme et la confiance<\/p>\n\n\n\n

Je vous invite \u00e0 la pri\u00e8re :<\/p>\n\n\n\n

Nous sommes rassembl\u00e9s en cette fin d\u2019apr\u00e8s-midi<\/p>\n\n\n\n

A l\u2019\u00e9coute de la parole de Dieu<\/p>\n\n\n\n

Que par son Esprit, cette parole convertisse notre c\u0153ur<\/p>\n\n\n\n

Qu\u2019elle apaise nos inqui\u00e9tudes !<\/p>\n\n\n\n

Qu\u2019elle fasse grandir en nous le calme et la confiance !<\/p>\n\n\n\n

Et qu\u2019elle nous garde ouverts et attentifs \u00e0 celles et ceux qui nous entourent<\/p>\n\n\n\n

Pr\u00e9dication<\/strong><\/p>\n\n\n\n

La parabole du serviteur digne de confiance suit ce qu\u2019on appelle l\u2019apocalypse de Matthieu, des textes o\u00f9 J\u00e9sus annonce la fin des temps, son retour. Il y recommande particuli\u00e8rement de veiller, de se tenir pr\u00eat spirituellement.<\/p>\n\n\n\n

Alors si le Christ revient bient\u00f4t, que faut-il faire ?<\/p>\n\n\n\n

Abandonner ses responsabilit\u00e9s pour consacrer tout son temps \u00e0 la pri\u00e8re ?<\/p>\n\n\n\n

Arr\u00eater de construire des maisons, des \u00e9coles, arr\u00eater de planter des arbres ?<\/p>\n\n\n\n

Non, dit le Christ.<\/p>\n\n\n\n

Apr\u00e8s avoir appel\u00e9 ses interlocuteurs \u00e0 la veille, il donne des instructions tr\u00e8s pratiques : distribuer \u00e0 ses serviteurs la nourriture en temps voulu.<\/p>\n\n\n\n

Une autre r\u00e9ponse \u00e0 cette question se trouve dans le chapitre suivant de l\u2019\u00e9vangile de Matthieu :<\/p>\n\n\n\n

Que faire en attendant la venue du Christ ?<\/p>\n\n\n\n

Veiller et \u00eatre pr\u00e9voyant, comme dans la parabole des dix vierges<\/p>\n\n\n\n

Utiliser les dons et les talents re\u00e7us de Dieu comme dans la parabole des talents<\/p>\n\n\n\n

Prendre soin des petits, comme dans la parabole du jugement des nations.<\/p>\n\n\n\n

Cette parabole o\u00f9 le Fils de Dieu dira \u00e0 ceux qui sont \u00e0 sa droite : venez, soyez b\u00e9nis et h\u00e9ritez du royaume qui a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9 pour vous. Car j\u2019ai eu faim et vous m\u2019avez donn\u00e9 \u00e0 manger ; j\u2019ai eu soif et vous m\u2019avez donn\u00e9 \u00e0 boire ; j\u2019\u00e9tais \u00e9tranger et m\u2019avez recueilli ; j\u2019\u00e9tais nu et vous m\u2019avez v\u00eatu ; j\u2019\u00e9tais malade et vous m\u2019avez visit\u00e9 ; j\u2019\u00e9tais en prison et vous \u00eates venus me voir. Quand vous avez fait cela pour l\u2019un de ces plus petits, l\u2019un de mes fr\u00e8res humains, c\u2019est \u00e0 moi que vous l\u2019avez fait.<\/p>\n\n\n\n

Il s\u2019agit de faire ce qu\u2019on a \u00e0 faire, ce dont on est responsables. \u00catre un serviteur, ou un g\u00e9rant avis\u00e9 de ce qui nous est confi\u00e9.<\/p>\n\n\n\n

L\u2019extraordinaire de l\u2019\u00c9vangile me renvoie \u00e0 l\u2019ordinaire de ma responsabilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n

C\u2019est Dietrich Bonhoeffer, ce pasteur allemand ex\u00e9cut\u00e9 par les nazis qui disait :<\/p>\n\n\n\n

\u00ab Notre responsabilit\u00e9 n\u2019est pas infinie, mais limit\u00e9e. Notre t\u00e2che n\u2019est pas de sortir le monde de ses gonds, mais de faire ce qui sera n\u00e9cessaire en tenant compte de la r\u00e9alit\u00e9. Parce qu\u2019en Christ, Dieu a dit oui \u00e0 l\u2019\u00eatre humain, nous ne pouvons vivre et agir qu\u2019en humain, devant Dieu et devant nos semblables, avec notre connaissance et notre discernement limit\u00e9s \u00bb.<\/p>\n\n\n\n

Dans notre parabole, nous avons un serviteur ou plut\u00f4t un intendant et un ma\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n

Du ma\u00eetre, on ne dit pas grand-chose, si ce n\u2019est qu\u2019il part en voyage ou en tous cas qu\u2019il est absent. Il confie ses affaires \u00e0 une personne de confiance, du moins c\u2019est ce qu\u2019il esp\u00e8re. Il d\u00e9l\u00e8gue, quitte \u00e0 ce que les choses ne se passent pas comme il le souhaite.<\/p>\n\n\n\n

L\u2019intendant a donc les mains libres, personne n\u2019est derri\u00e8re lui pour le contr\u00f4ler. Et nous, quand nous d\u00e9l\u00e9guons des t\u00e2ches, \u00e0 des coll\u00e8gues, \u00e0 des b\u00e9n\u00e9voles, ou \u00e0 nos enfants, savons-nous vraiment d\u00e9l\u00e9guer et laisser l\u2019autre faire ce qu\u2019il a \u00e0 faire ?  Sans tout contr\u00f4ler ? Etant entendu que nous confions une t\u00e2che \u00e0 une personne, adulte ou enfant qui a les comp\u00e9tences, qui conna\u00eet son travail. Quelle fiert\u00e9 pour un enfant quand il peut cuisiner quelque chose lui-m\u00eame, ou aller acheter du pain tout seul !<\/p>\n\n\n\n

On trouve de nombreuses images de l\u2019intendant dans diverses paraboles, tant\u00f4t c\u2019est un serviteur qui prend soin de la maison, un vigneron qui s\u2019occupe de la vigne, un gestionnaire qui g\u00e8re les biens de son ma\u00eetre, un berger qui veille sur les brebis de plusieurs \u00e9leveurs : l\u2019intendant est une figure \u00e9vang\u00e9lique centrale. Il n\u2019est pas propri\u00e9taire, mais il a l\u2019enti\u00e8re responsabilit\u00e9 des biens qui lui sont confi\u00e9s. La signification de cette figure est tr\u00e8s claire : les biens que nous avons ne nous appartiennent pas vraiment, mais nous sont confi\u00e9s temporairement, qu\u2019il s\u2019agisse de nos maisons, de notre argent, de nos entreprises, de nos capitaux, de nos statuts sociaux, de nos dons, nos comp\u00e9tences, notre connaissance, notre culture.<\/p>\n\n\n\n

Nous ne sommes pas non plus propri\u00e9taires, mais gestionnaires de la nature et de toutes ses ressources, de l\u2019Eglise, des institutions, et m\u00eame \u2026 de notre sant\u00e9 ! \u00c7a c\u2019est dur \u00e0 accepter, notre sant\u00e9 n\u2019est pas un bien acquis minimum !  De tout cela, nous ne sommes qu\u2019intendants. Le bon intendant, par ailleurs reconna\u00eet que ses biens ne viennent pas de lui, mais il g\u00e8re pour le bien de toute la maisonn\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n

Combien de chefs d\u2019entreprises, surtout de grandes entreprises arrivent \u00e0 r\u00e9aliser qu\u2019ils sont des gestionnaires au service de leurs employ\u00e9s et de leur client\u00e8le et pas au service de leur chiffre d\u2019affaires et de leurs actionnaires ?<\/p>\n\n\n\n

La figure de l\u2019intendant signifie donc ceci : premi\u00e8rement que les biens ne viennent pas de nous, mais de Dieu, deuxi\u00e8mement que les biens ne sont pas pour nous seuls, mais pour les autres.<\/p>\n\n\n\n

Le bon intendant est comme l\u2019homme du Psaume 1.<\/p>\n\n\n\n

Il agit avec droiture, n\u2019\u00e9coute pas les mauvais conseillers, il ne se moque pas, il sait dire non, ne pas suivre la pens\u00e9e dominante. Il ne laisse pas non plus corrompre par l\u2019argent, il sert son ma\u00eetre et non pas Mamon, dieu de l\u2019argent.<\/p>\n\n\n\n

Cette parole biblique \u00ab vous ne pouvez servir, deux ma\u00eetres, Dieu et Mamon \u00bb, est toujours terriblement d\u2019actualit\u00e9, il y a foule de mauvais intendants aujourd\u2019hui\u2026<\/p>\n\n\n\n

Le bon intendant a une ressource : la m\u00e9ditation de la parole, sa relation avec Dieu, il prend du temps pour se poser, se mettre en lien avec Dieu avant de se lancer dans l\u2019action. Ce n\u2019est pas facile pour nous, mais c\u2019est une n\u00e9cessit\u00e9 de ne pas se laisser emporter par l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration du monde, par les influences, les informations justes et moins justes qui nous bombardent \u00e0 longueur de journ\u00e9e\u2026<\/p>\n\n\n\n

Le bon intendant est solide, bien enracin\u00e9, il r\u00e9siste aux bourrasques et aux temp\u00eates.<\/p>\n\n\n\n