Cultes des 8 et 9 août 2026
Môtiers et Les Verrières
Prière
Nous prions, pour trouver la paix qu’il nous donne.
Seigneur, tu t’es approché de nous. Tu nous as invités à t’écouter et à te parler. Nous te remercions pour ce temps que tu nous offres, au cœur de l’été.
Nous accueillons le souffle de ta présence afin d’apprendre, encore et encore, qu’en toi nous pouvons trouver communion les uns avec les autres et redécouvrir le sens véritable de nos vies.
Devant toi nous faisons silence pour accueillir ton Esprit-Saint. Amen !
Evangile : Jean 10, 11-18 et 27-30
Message de Guillaume Klauser
Chers amis,
Il arrive parfois qu’on vienne vers nous en nous demandant : « Dis, c’est quoi la foi chrétienne ». Là, il est toujours possible de renvoyer à un livre, à une page Wikipédia, ou à quelqu’un qu’on connaît qui en sait un rayon. On peut bien sûr, sans trop se mouiller, avancer des phrases comme : « Croire, c’est croire en Jésus ».
Mais là où ça devient compliqué, c’est lorsqu’on nous demande de raconter notre propre foi. Dire avec des mots ce que je crois, ce qu’est ma foi, c’est un sacré défi. Raconter à ses petits-enfants qui ont des questions, ou à des amis qui nous interrogent par curiosité… Mais ce n’est pas uniquement devant les autres que nous sommes parfois déstabilisés. Notre cheminement spirituel, où que nous en soyons, est parfois lui aussi un grand point d’interrogation.
Au fond, pourquoi Christ plutôt qu’un autre ? Il y a tellement de voix qui m’appellent, sans cesse, tout autour de moi. Des voix fortes qui parfois m’envahissent et m’assourdissent. Il y a tellement de choix possibles, des offres de toutes sortes, politiques, religieuses. La voix de la publicité, qui crée en moi toutes sortes de désirs. Et la voix de tant de gens qui disent préférer ne pas s’occuper de ces questions de religion. Au milieu de ce brouhaha, « la voix du berger peut être timide, discrète et étouffée par tant d’autres voix plus fortes et évidentes »[1].
Jésus, quant à lui, se présente donc comme un berger dont on entend la voix. A la première lecture, cette image peut faire bondir. Ne serais-je qu’un mouton, destiné à suivre bêtement le troupeau ? Qu’un ballot de paille sans personnalité ni autonomie ? Si le texte parle avec cette image de la brebis, c’est en réalité non pour nous traiter de mouton, mais pour décrire lien entre le Christ et nous. Jésus est décrit comme un berger, mais plus important encore, comme « le bon » berger.
N’en restons pas à cette image pieuse véhiculée depuis longtemps, celle d’un bon berger mièvre, comme on en voyait beaucoup sur des représentations du XIXe siècle.
Le cœur du message est ailleurs. Le bon berger n’est pas bon parce qu’il serait doux, ou gentillet. Il est bon parce qu’il donne sa vie pour la vie de ses brebis. Le berger est bon parce qu’il se soucie du bien de chacune d’entre elles. Il y a entre lui et elles un lien d’amour d’une incroyable profondeur.
C’est cela qui permet à mon cœur de le reconnaître comme bon. Souvent on croit que la foi est synonyme de renoncements, de privation, et que sans religion on se porte bien mieux. Je ne le crois pas. En tout cas pas avec ce berger, qui ne me demande pas la lune, mais qui me donne une identité nouvelle. Je ne suis pas seulement celui ou celle que mon histoire, mes réussites, mes blessures ou mes échecs ont façonné: je suis celui ou celle que le Christ connaît, qu’il appelle et qu’il accueille.
« 14Moi je suis le bon berger. Je connais mes moutons et ils me connaissent (…) ils écouteront ma voix, et ils deviendront un seul troupeau avec un seul berger »
Face à la multitude de voix dans la société, l’infinité de choix et de possible, il s’agit donc de tendre l’oreille et d’apprendre à le connaître…
Connaître le Christ. Voilà le grand défi. Oui, la foi est affaire de connaissance. Mais peut-on vraiment connaitre quelqu’un en amassant de la connaissance, par des livres scientifiques ou des pages Wikipédia ?
Connaître le Christ n’est en réalité pas une question de savoir. C’est une affaire de communion intime, qui se base sur une confiance fondamentale, qui se construit parce qu’au fond je sais qu’il me veut du bien.
Entendre sa voix et le suivre. Je peux le suivre parce que je sais qu’il me conduit sur un chemin de vie, un chemin où toutes mes morts intérieures sont renversées. Un chemin qui casse les déterminismes, ces choses que l’on porte avec soi de notre passé, ces éléments de vie parfois douloureux de notre héritage. Le Christ, qui nous connaît, vient nous rejoindre dans les recoins de notre existence.
Nous pouvons chercher par nous-mêmes le sens, l’apaisement, mais c’est bien le Christ qui vient nous donner la vie en plénitude, et c’est en lui que nous découvrons ce que nous cherchions.
« Moi, je donne à mes moutons la vie éternelle », dit le bon Berger. Oui, la vie, la vraie, donnée maintenant et qui demeure pour toujours. « Le souffle de l’Esprit mène à la vie », écrit Paul dans sa deuxième lettre aux Corinthiens.
Ainsi, il marche devant nous sur ce chemin de vie, et c’est à nous de le suivre. Non à distance, comme lorsqu’on perd de vue celui qui, dans un groupe, marche devant. Il s’agit de rester le plus près possible de celui qui va devant.
Dans notre vie de tous les jours, cela peut être par la prière, la lecture de l’Evangile comme une parole que je reçois « pour moi ». Mais aussi en se rappelant que celles et ceux que je croise peuvent aussi devenir pour moi des lieux où la voix du Christ se fait entendre.
« Dis, c’est quoi, ta foi chrétienne ? » – C’est une voix, qui murmure, mais qui est bien là. Je n’ai qu’elle à te proposer. Je ne vois pas le Christ, je ne peux que tendre l’oreille et écouter sa voix. Une voix que j’apprends à reconnaître dans l’Évangile et qui, peu à peu, résonne au plus profond de moi. Alors la foi, c’est quand je m’élance, que je le suis au son de sa voix, « partout où il va », sur un chemin que je ne connais pas à l’avance, un chemin que je découvre seulement quand je m’y risque.
Au cœur de cet été chaud, prend le temps, ralentit, écoute : déjà se fait entendre ce murmure qui reconstruit, qui unifie et qui guérit. Amen !
Intercession
Ô Dieu qui surpasse tout mais qui est en même temps tout proche, au cœur de cet été nous venons à toi pour nous rafraîchir.
Nous te demandons de donner de l’eau fraîche à toutes celles et tous ceux qui en ont besoin. Les vacanciers où qu’ils soient, bien sûr, mais aujourd’hui plus particulièrement les pompiers qui combattent les feux, un peu partout dans ce monde, et les agriculteurs et agricultrices, qui font face à la sécheresse. Nous prions aussi les personnes déplacées, celles et ceux qui les accueillent.
Nous confions aussi à ta bienveillance la communauté de Grandchamp, qui a accueilli deux nouvelles sœurs, Anna-Guna et Carolina. Bénis-les et donnes leur le feu de ton amour.
Nous te remettons enfin toutes les personnes que tu confies à notre prière, particulièrement celles qui ne trouvent pas la joie, celles qui ne sont pas en paix, parce que parfois l’épreuve est trop lourde, la ténèbre trop épaisse, l’espérance trop lointaine.
Seigneur, nous voici devant toi les mains ouvertes, pour que tu nous donnes ta joie et ta paix. Et si, d’une manière ou d’une autre, nous pouvons aussi les répandre autour de nous, montre-nous le chemin, ouvre nos yeux et éveille notre imagination.
Amen !
[1] Past. Michel Cornuz, prédication du dimanche 17 avril 2016, paroisse réformée francophone de Bâle.
