Le miracle d’un Dieu qui prend soin

Culte des récoltes – Travers
4 octobre 2026

Guillaume Klauser


Un immense merci à toutes les personnes qui ont
organisé ce culte et mis en valeur les dons de Dieu !


Prière de louange (d’après : Wild Goose Resource Group (communauté d’Iona), Petit livre
des célébrations, OPEC/Olivétan, 2017, p. 102)
O Dieu, Dieu Créateur, créateur de la couleur, du son, des textures, du calme et de la beauté
infinie des choses vivantes, nous te bénissons.
O Dieu, Dieu Créateur, créateur de nos terres fertiles et de la graine de moutarde, des
nuages gris et de la lumière des étoiles, des roulements de tonnerre et des battements
de coeur, nous te bénissons.
O Dieu, Dieu créateur, créateur de tout ce qui est invisible, de ce tout ce qui a été, de tout
ce que nos mots ne cerneront jamais, nous te bénissons.
O Dieu, Dieu notre Créateur, nous qui sommes les enfants de ton amour, les créatures de
ta bonté, les gardiens de ta création, nous te bénissons. Nous te bénissons pour tous tes
dons, pour la confiance que tu as mise en nous, pour ton amour pour nous et pour ta
bonté sans fin. Amen !
Lectures bibliques : Deutéronome 8, 7-18 et Marc 8, 1-9
Message
Un récit de miracle, pour nous aujourd’hui. Un récit de miracle, alors que nous savons bien
que le pain, ça ne se multiplie pas. Il faut travailler dur pour avoir un vrai bon pain. Il faut
être patient et appliqué, pour obtenir ses légumes, ses fruits. Il faut être attentifs lorsqu’on
prépare sa confiture ou autres produits « faits maison ».
Voilà trois jours que Jésus enseigne, dans un lieu à l’écart. Pas de supermarché à
proximité. La foule s’est amassée autour de lui et l’écoute religieusement. L’évangile ne
nous donne aucun compte-rendu de cet enseignement. Nous ne savons absolument pas
ce qu’il enseignait à la foule à ce moment-là. Peut-être parce qu’un autre enseignement
se cache, derrière les paroles, dans la façon d’agir de Jésus.
Jésus semble parfaitement savoir que si l’on ne vit pas de pain seulement, on en vit quand
même ! Les discours sur le Royaume des cieux nourrissent, mais ne remplissent pas les
ventres creux. Trésors du ciel et de la terre, nous avons besoin des deux. On pourrait dire,
avec le philosophe Bertrand Vergely, que « l’être humain est un arbre qui relie le Ciel et la
Terre. Privons-le de la Terre, il s’écroule. Privons-le du Ciel, il étouffe »1. Jésus le sent bien
et, nous dit-on, est bouleversé par cette foule qu’il sait avoir faim. N’est-ce pas formidable,
que Dieu, par Jésus-Christ, se préoccupe de nos besoins tout terrestres ?
Nous pouvons être témoins ici du souci de l’autre qu’a Jésus, qui, au lieu de poursuivre
son enseignement, essaie de comprendre celles et ceux qu’il a en face de lui. De quoi
1 Bertrand Vergely, Retour à l’émerveillement, Paris, Albin Michel, 2017.
2
nous inspirer, peut-être, dans notre monde où il est de plus en plus difficile de savoir
écouter l’autre : comprendre son point de vue, voir d’où il parle, même si on n’est pas
d’accord sur le fond. Jésus est donc bouleversé par les visages qu’il a en face de lui, et
s’arrête d’enseigner. Immédiatement, l’inquiétude s’empare des disciples. Comment va-ton
bien pouvoir se sortir de cette situation ?
Et voilà que Jésus, très calme, leur demande de partager le peu qu’ils ont. Aucune
annonce fracassante pour leur dire qu’il va opérer un miracle. Il leur demande seulement
d’avoir confiance. La confiance est probablement au coeur de ce texte. Partant de
l’existant, Jésus remercie Dieu, prend le pain, et le partage. C’est ensuite aux disciples
d’entrer en action et de le distribuer.
L’enseignement de Jésus est ici un enseignement pratique, à destination des disciples,
inquiets et immédiatement défaitistes. Bien plus inquiets que la foule, d’ailleurs. Vous
êtes-vous demandé ce qui a permis à toutes ces femmes et tous ces hommes de la foule
de rester plantés là, pendant trois jours, à écouter le Christ parler ? Il y a, dans l’attitude
de la foule, une profonde confiance. Et la confiance, c’est la foi. Ces deux mots ont la
même racine, « fide », en latin. Foi, fiance, confiance, tout cela n’est qu’une seule chose.
« Le vrai miracle c’est lorsque nous devenons capables de renoncer aux garanties (…). Le
vrai et le seul miracle qui soit se nomme « la foi », la confiance exclusive et entière en
Dieu »2.
Au fond, ne sommes-nous pas comme les disciples, « terre à terre » mais inquiets ?
Pourtant, le Deutéronome et tout l’Ancien Testament nous appellent à la confiance, en
conjuguant au futur la promesse de Dieu : « 7Le SEIGNEUR ton Dieu te fais/fera (note GK :
l’hébreu autorise les deux traductions) entrer dans un bon pays, un pays de torrents, de
sources, (…), 8un pays de blé et d’orge, de vignes, de figuiers et de grenadiers, un pays
d’huile d’olive et de miel, 9un pays où tu mangeras du pain sans être rationné, où rien ne
te manquera » (Deutéronome 8, 7-9).
« La foi est le seul vrai miracle que propose le christianisme. La foi c’est lorsque nous
sommes rendus capables, lorsque nous acceptons, de mettre notre confiance dans
l’histoire d’un homme qui avait fini abandonné de presque tous sur une croix, même de
ses disciples. La foi, c’est lorsqu’à notre tour nous sommes rendus capables
d’abandonner toutes nos sécurités pour remettre, comme Jésus, notre esprit à Dieu »3.
Chers amis, Jésus révèle aux disciples que nous sommes que le mouvement de la foule
contient l’essentiel de la foi : des individus divers et variés, qui se sont rendus dans le
désert poussés par la confiance, en quête de guérison. Et Jésus, ému, les rassasie en leur
donnant du pain en abondance, symbole de la vie.4
S’approcher du Christ dans la confiance, c’est recevoir de lui le pain de vie, ce pain donné
qui relie notre terre au ciel de Dieu. Alors peut jaillir un élan authentique de
reconnaissance, un « merci » à Dieu pour tous ses dons. Amen !


2 Aide à la prédication du pasteur Jean-Mathieu Thallinger, Mulhouse – Saint Marc, 04.10.20.
3 Aide à la prédication du pasteur Jean-Mathieu Thallinger, Mulhouse – Saint Marc, 04.10.20.
4 D’après la pasteure UEPAL Rita Cresswell, 04.10.2020.