Cultes Terre Nouvelle

Cultes Terre Nouvelle
10 octobre, 17h30, Môtiers / 11 octobre, 10h, Fleurier

Guillaume Klauser et équipe TN de la paroisse

Les méditations de ce culte sont largement reprises du matériel de la Campagne DM 2026 et des pistes théologiques proposées par le Dr. Pierre Kaboré, Pasteur au sein des Assemblées de Dieu du Burkina Faso. Plus d’infos et pour effectuer un don : https://www.dmr.ch/campagne2026/ .

Accueil

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, amen !

Le Seigneur Jésus-Christ lui-même vous accueille, dans sa présence, dans sa chaleur, dans sa paix et sa joie, dans son amour.

Chers amis, enfilez vos bottes : cette année, la campagne d’automne de DM vous emmène dans les champs du Cameroun, à la rencontre d’un partenaire historique de DM, TerrEspoir Cameroun. TerrEspoir Cameroun est une coopérative qui accompagne des familles paysannes engagées dans une agriculture biologique, respectueuse de l’environnement, et dans la construction d’une filière équitable pour les produits tropicaux. Vous avez peut-être déjà eu l’occasion d’acheter ici ou là des ananas, bananes ou autres produits frais venant directement du Cameroun.

Née au début des années 1990, TerrEspoir Cameroun rassemble aujourd’hui plus d’une centaine de membres réparti∙es dans différentes régions du pays. Il regroupe 74 productrices et producteurs, dont 70% de femmes, ainsi que 22 personnes qui transforment ces produits. Derrière ces chiffres, il y a des visages, des familles, des parcelles, des gestes appris patiemment et une même conviction : l’agriculture peut nourrir dignement sans abîmer la terre.

Annonce de la Grâce

Chers frères et sœurs,

Une parole de Dieu nous est adressée dans le livre du prophète Jérémie :

« Moi, je sais les projets que j’ai formés pour vous – Parole du Seigneur – Projets de vie, et non de malheur. Je veux vous donner un avenir, une espérance ». (Jérémie 29, 11)

Oui, c’est bien des projets de vie, d’avenir et d’espérance de Dieu pour nous que chacune, chacun peut vivre, chaque jour ! Recevons et accueillons dans nos vies son amour pour nous. Amen !

Introduction à la méditation 1

Ce soir/matin, nous rendons visible le travail de TerrEspoir, qui change concrètement la vie des familles. Les ventes réalisées via TerrEspoir Suisse peuvent représenter 50 à 70% des revenus agricoles. Avec le soutien de DM, elles permettent de payer les frais scolaires, d’accéder aux soins, de subvenir à l’alimentation, de construire une maison, d’acheter une parcelle ou de lancer un petit projet d’élevage. Raoul Fokou, producteur de papayes témoigne avec ces mots : « Ça me nourrit, ça nourrit ma famille, j’emmène mes enfants à l’école et je m’épanouis dans mon travail ».

Par ce témoignage, Raoul nous dit la dignité retrouvée qui est au cœur de la dynamique TerrEspoir. Vendre mieux, être payé∙e justement, et ne plus être à la merci d’intermédiaires qui achètent avec des prix trop bas.

Méditation 1

Il y a une base biblique à la rémunération au juste prix.

Dès les premières pages de la Bible, Dieu se révèle comme le défenseur des personnes pauvres, opprimées et privées de leurs droits. Dans le livre de l’Exode, il entend le cri du peuple hébreu soumis à l’esclavage et intervient pour le libérer, en disant : « J’ai vu la souffrance de mon peuple […], j’ai entendu les cris que lui font pousser ses oppresseurs » (Exode 3, 7-8).

Cette même conviction traverse la lettre de Jacques, dans un verset éloquent : « Voyez le salaire des ouvriers qui travaillent dans vos champs : vous avez refusé de le verser ! C’est une injustice criante ! Les plaintes des moissonneurs sont parvenues jusqu’aux oreilles de Dieu, le Seigneur de l’univers » (Jacques 5, 4).

L’injustice commise envers les travailleuses et les travailleurs n’est pas invisible aux yeux de Dieu. Le salaire qui leur est refusé devient lui-même un cri qui parvient jusqu’à lui.

Cette parole biblique conserve toute son actualité. Dans de nombreuses régions du monde, des productrices et producteurs agricoles nourrissent leurs communautés sans parvenir à vivre dignement de leur activité. Leur travail demeure insuffisamment reconnu et rémunéré, alors même qu’il est indispensable à la vie collective.

Créé à l’image de Dieu (Genèse 1, 26-27), chaque être humain possède pourtant une dignité inaliénable, qui ne dépend ni de sa richesse, ni de sa fonction, ni de son statut social. Priver une personne du fruit de son travail constitue donc non seulement une injustice économique, mais également une atteinte à cette dignité voulue par Dieu.

Introduction à la méditation 2

Il y a un autre aspect très présent, un pilier de TerrEspoir, c’est de respecter la terre. Les produits TerrEspoir sont cultivés sans pesticides, sans engrais chimiques et sans activateurs de mûrissement. Des analyses ont été réalisées en 2024 à la recherche de résidus de substances chimiques. Rien n’a été détecté, aucune trace de contaminant.

Dans les champs, l’agroécologie est une pratique quotidienne : association de cultures, paillage, composts, fertilisants organiques, agroforesterie, lutte biologique contre les ravageurs et préservation de l’eau sont des réflexes acquis.

DM accompagne d’ailleurs spécifiquement TerrEspoir Cameroun pour renforcer cette agriculture durable et mieux adaptée aux besoins du marché dans un contexte de changement climatique.

Méditation 2

Là encore, un ancrage biblique fort se trouve à la base de cette façon de pratiquer l’agriculture. Il s’agit bien de cultiver et garder la terre.

Le cri des travailleuses et des travailleurs de la terre est aussi indissociable de celui de la création. Leur activité dépend directement de la fertilité des sols, de l’accès à l’eau, du climat et du rythme des saisons. Or, la dégradation des terres et les changements climatiques frappent en premier lieu les communautés rurales déjà fragilisées par la pauvreté et les inégalités.

La justice sociale ne peut donc pas être séparée de la sauvegarde de la création. En d’autres termes, on peut dire que protéger les conditions de vie des paysannes et des paysans, au Cameroun comme ici en Suisse, suppose aussi de préserver les milieux naturels dont leur activité dépend.

Cette responsabilité trouve son fondement dans la vocation confiée par Dieu à l’être humain, dans le livre de la Genèse : « cultiver et garder » la terre (Genèse 2, 15). Cultiver signifie produire ce qui est nécessaire à la vie, en collaborant à l’œuvre créatrice de Dieu. Garder signifie protéger, prendre soin et transmettre la création aux générations futures. Ces deux dimensions sont inséparables.

Produire sans préserver épuise les ressources et détruit les conditions mêmes de la vie ; vouloir préserver sans répondre aux besoins humains risque, à l’inverse, d’ignorer les réalités sociales.

La terre appartient à Dieu, et l’être humain n’en est pas le propriétaire absolu, mais l’intendant responsable.

Introduction à la méditation 3

Derrière la mise en place de TerrEspoir, il y a aussi une forte conviction de se battre pour la justice. Et pour mener ce combat, c’est aussi une forme d’espérance qui a dû être chevillé au corps de celles et ceux qui ont créé cette structure. Car des obstacles, il y en a eu et il y en a toujours.

L’histoire commence en 1992, à Yaoundé, lorsqu’un pasteur camerounais échange avec un technicien agronome suisse, expert-conseil de DM. Tous deux font le même constat : beaucoup de jeunes formé·es au travail de la terre se retrouvent en situation précaire faute de pouvoir vendre dignement leur production. Le problème n’est pas seulement de produire, mais de commercialiser.

De cette rencontre naît une idée audacieuse. Celle de créer un système de commercialisation reliant différentes régions du Cameroun, puis ouvrant aussi un débouché en Europe.

Dès 1992 donc, les premiers fruits camerounais sont testés en Suisse, vendus grâce aux Magasins du Monde, à des épiceries alternatives, à des paroisses et à des réseaux militants.

Les débuts sont fragiles, parfois incertains. Les prix paraissent élevés à certains acheteurs, les débouchés restent à construire, et même au sein de DM, le débat existe : une organisation missionnaire peut-elle porter une activité commerciale ?

Il a ensuite fallu clarifier les responsabilités, les contraintes et l’avenir institutionnel du projet. Bref, des aléas d’une histoire qui ne peut être poursuivie qu’avec une espérance en la nécessité d’une meilleure justice !

Méditation 3

Oui, cette histoire, qui se poursuit, ne relève pas seulement de la générosité individuelle.

Elle est une remise en question des relations économiques fondées sur l’exploitation et affirment que toute personne doit pouvoir vivre dignement du fruit de son travail. La Bible présente en effet le travail comme une participation à l’œuvre créatrice de Dieu et rappelle que celles et ceux qui travaillent doivent être les premiers à bénéficier des fruits de leur travail. C’est d’ailleurs le verset qui a été choisi pour figurer sur le papier que vous avez reçu, de la 2ème lettre de Paul à Timothée : « La personne qui cultive et qui s’est chargée du travail pénible doit être la première à recevoir sa part de récolte » (2 Timothée 2, 6).

La justice n’est donc pas une dimension secondaire de la foi chrétienne : elle en est une exigence spirituelle.

Toute injustice envers les travailleuses et travailleurs de la terre est une atteinte à leur dignité, mais aussi une offense au Créateur dont ils prennent soin de la création.

La communauté chrétienne, dans son ensemble, ici et partout, est ainsi appelée à vivre une foi engagée, attentive à la justice, à la solidarité et à la préservation de la vie. En défendant les personnes vulnérables, en soutenant une agriculture durable, en encourageant l’action collective et en promouvant une économie plus équitable, les Églises témoignent concrètement de l’amour de Dieu.

Écouter le cri des travailleuses et des travailleurs et celui de la terre, c’est répondre à l’appel de Dieu et participer à la construction d’un avenir de dignité, de solidarité et d’espérance. Amen !

Envoi et bénédiction

Le Seigneur, notre Dieu, nous donne ses yeux, ses oreilles, ses mains. Il ouvre nos cœurs, Il nous donne l’intelligence, la force et l’endurance nécessaires pour faire germer des fleurs d’espérance et d’amour là où il y a de la fragilité et de la vulnérabilité.

Que le Dieu qui fait grandir la plus petite graine fasse grandir en vous la force d’espérer. Que le Christ, arbre de vie, étende sur vous ses branches de paix et vous apprenne à devenir refuge pour les autres.

Et qu’il vous bénisse et vous garde, notre Dieu Père, Fils et Saint Esprit. Amen !