Méditorial Marie-Laure Jakubec
Paru dans la pive n°149
Carême est un temps où Dieu lui-même se met à notre rencontre. Le chemin du Carême est un peu comme celui de l’Avent. Il est fait de confrontations, de questions, de combats intérieurs. Mais il va déboucher sur ce qui forme le fondement de notre foi chrétienne, la mort et la résurrection de Jésus.
C’est donc aussi un temps de dépouillement, un temps où nous faisons place à Dieu au creux de notre vulnérabilité, de ces endroits où il nous semble manquer de forces, où notre vie manque de cohérence…Un temps où nous faisons place à ce Dieu qui refuse de se nommer mais qui nous dit plutôt : « Tu verras »
Ces semaines qui s’ouvrent le 20 février, se poursuivent à travers mars jusqu’à Pâques, le 5 avril, pourront être à l’image des semaines de désert, comme celui où Jésus a vécu, 40 jours, avant d’être tenté par le diable, parce qu’il avait faim.
Les 4 évangiles rapportent cet épisode et ne disent rien de ces jours de simplification. Mais ce temps nous est offert comme une occasion de retrouver notre humilité première. Carême n’est pas un temps de mortifications. Si on choisit de se priver, ce n’est pas pour obtenir quoi que ce soit, mais faire l’expérience du manque, et donner place à plus grand que nous. Nous avons le choix de tracer notre chemin durant ces 6 semaines et ce chemin, souvent, croise celui d’autres gens. Par exemple, avec l’expérience « Détox la terre ». Ou bien en pratiquant une semaine de jeûne. Ou en participant simplement aux cultes de la région, ou encore en participant aux Soupes de Carême.
Et c’est aussi l’occasion de nous ouvrir à la situation du monde. Celle sur laquelle TERRE NOUVELLE veut attirer notre attention. Pendant 3 années c’est le thème de la FAIM qui a été choisi pour mobiliser nos forces. Et cette année, la question des semences, des graines, est mise en avant. L’enjeu de la transmission des semences est crucial pour notre avenir. Ces graines dont la transmission et la reproduction a été accaparée par les grandes multinationales des semenciers. Nous ne voyons peut-être pas les enjeux car quand nous allons faire nos achats, les rayons des magasins sont toujours remplis, mais quand on se penche sur la question, on voit que l’enjeu est crucial. Pour nous, et surtout pour les agriculteurs de nos environs. Et plus encore pour les petits paysans des pays qui voient diminuer leur accès aux semences locales.
Donc ce temps du Carême nous est proposé comme temps spirituel, mais aussi de prise de conscience politique et écologique, et encore d’entraide, dans la foulée de projets proposés par l’EPER. « Qui possède les semences peut semer l’avenir » est le thème de cette campagne.
Avec Action de Carême et Pain pour le prochain, l’Eper nous permet :
- d’encourager une agriculture à petite échelle qui suit les principes de l’agroécologie.
- de soutenir une biodiversité adaptée aux conditions locales.
- de renforcer les connaissances et les méthodes agricoles traditionnelles.
- d’améliorer l’alimentation et la santé des populations et d’offrir des perspectives à plusieurs générations.
