Quelle question poseriez-vous à Jésus ?

Méditorial Quentin Beck
Paru dans la pive n°152

Le 10 mai a eu lieu le culte de fin de catéchisme au Temple du Locle. Afin de préparer cette cérémonie, j’ai rendu visite aux catéchumènes pour les accompagner dans la rédaction de leur témoignage.

Dans ce cadre, je leur ai posé une question : Si tu pouvais rencontrer Jésus, quelle question lui poserais-tu ? La grande majorité de leurs réponses portait sur le mal, sur la paix ou sur le sens de l’existence. Des questions qui disent quelque chose de ces jeunes : ils regardent le monde tel qu’il est, et ils voient bien que quelque chose cloche.

Dans notre vie de foi personnelle, on apprend volontiers à prier avec trois mots : pardon, merci et s’il te plaît. C’est la même chose dans nos cultes : on demande pardon, on remercie, on intercède. Mais prenons-nous vraiment le temps de poser nos questions, de relever ce qui nous dérange, d’identifier ce qui ne va pas autour de nous ?

Les doutes et les incompréhensions trouvent peut-être davantage leur place dans les conversations autour d’un café après le culte. Nos plaintes circulent volontiers entre nous, mais les portons-nous aussi vers Dieu ?

Pourtant, la Bible est pleine d’interrogations. Les Psaumes débordent de lamentations : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Ce ne sont pas les mots d’un incroyant en colère, ce sont les mots que Jésus lui-même prononce sur la croix. Dans le livre de Job, ce dernier s’en prend à Dieu, révolté par son sort. C’est lui que Dieu finit par donner en exemple et non pas ses amis qui cherchaient à justifier ses souffrances. Le prophète Habacuc crie son incompréhension face à l’injustice du monde. Ce ne sont que quelques exemples parmi d’autres.

Ces textes remettent en question une certaine image de la foi. On peut parfois avoir l’impression qu’elle nous invite à baisser la tête, à accepter les épreuves, à trouver la paix dans l’état du monde tel qu’il est. Mais je crois que la foi peut aussi être autre chose : elle peut être un élan qui nous met en route. Une force qui permet de nommer ce qui ne va pas, de refuser la résignation, d’espérer autrement. Je crois que la foi ne doit pas venir éteindre les questions, mais au contraire, les porter vers Dieu.

Ces jeunes, en osant leurs questions, nous rappellent quelque chose d’essentiel : s’adresser à Dieu avec ce qui nous pèse vraiment, c’est déjà être en relation avec Lui, c’est déjà un acte de foi.

Et vous, si vous rencontriez Jésus, qu’est-ce que vous lui demanderiez ?