Méditorial de Marie-Laure Jakubec
Paru dans la Pive N°153
Au temple de la Chaux-du- Milieu se trouve le premier vitrail de Lermite destiné à cet édifice. Lors du culte de l’Ascension célébré avec la paroisse, vous avez pu le contempler.
Quand on entre dans ce temple, on est rapidement fasciné par les 4 grands vitraux latéraux, abstraits, pleins de couleurs, sourdes ou chatoyantes. Couleurs qui vibrent même quand le ciel est gris. Le vitrail du centre est le seul à porter un nom : Communion.
Pour Lermite qui avait vécu la 2ème guerre, aux frontières de la Suisse, l’aspiration à la réconciliation entre les peuples, entre les humains, était grande. Et combien son impulsion nous concerne toujours aujourd’hui. Nous vivons une époque faite de clivages de replis et de morcellement.
Et de fait, si nous aspirons à une certaine forme de communion, celle-ci ne devrait pas être seulement avec ceux qui nous ressemblent, qui pensent comme nous, croient comme nous. La communion implique la recherche de liens, la possibilité de s’écouter, de tenir ensemble. Dans notre époque marquée par l’individualisme, et en même temps par des grands enthousiasmes collectifs, il est peu évident de trouver un ferment, un désir de communion. Pour cela, ce vitrail est pour moi un enseignement. Il a quelque chose de fragmenté ; il est composé de beaucoup de petits morceaux qui amorcent ensemble, un mouvement. Et il y a dans cette composition, comme un tremblement. Cela tient ensemble, et on ne sait pas comment.
A nous, à ceux qui se rassemblent le dimanche, est offerte LA communion. Celle de la Sainte-Cène. Un moment qui transforme notre vie, mais qui reforme aussi chaque fois notre communauté. Cette communion, au corps et au sang du Christ, est aussi la source de notre aspiration à une communion humaine. Pas forcément avec ceux qui croient comme nous, qui pensent comme nous. C’est pourquoi il est bon de revenir parfois boire à la source, pour être partie de ce grand vitrail d’humanité. Vitrail qui sera éclairé par une lumière venue d’ailleurs.
