
Au XVIIe siècle, la ville de Neuchâtel connaît un essor de population et ni la Collégiale ni le modeste lieu de culte situé dans la basse-ville ne peuvent suffire à la célébration du culte. En 1695, les fonds sont levés pour la construction d’un temple. Les travaux commencent à l’automne s’effectuent en un temps record puisque le temple est inauguré le 13 décembre 1696.
Humbert-Droz, son architecte originaire de la Brévine, voyage à Montbéliard pour y examiner la charpente du temple Saint-Martin afin d’établir les plans de son « Temple Neuf ». Il prend le parti d’une grande sobriété, austérité qui n’est pas sans charme. Sans tour, la cloche d’un modeste campanile suffit à l’appel des fidèles. Les deux portes de part et d’autre de la chaire sont caractéristiques de l’architecture réformée.

Deux escaliers extérieurs permettent de rejoindre les tribunes et remplacent les voies d’accès intérieures. L’apparence extérieure n’a subi aucune modification depuis lors et le bâtiment reste emblématique de l’architecture réformée, un modèle pour la construction de nombreux temples dont celui de Dombresson. Très tôt, on renomme ce lieu le « Temple du Bas » pour le distinguer de la Collégiale sise sur les hauts de la colline sur laquelle trône également le Château.

En 1933-34, une nouvelle période de rénovation amène la création des pilastres cannelés, la pose de fenêtres à double vitrage et renouvelle la balustrade de la galerie de l’orgue pour donner une belle cohésion intérieure.

Quoi que l’on pense de ces transformations, elles sont assez caractéristiques de cette ère du béton de dernier tiers du XXe siècle et documentent l’histoire de l’architecture publique de nos bâtiments d’État cantonaux. En 1999, une nouvelle clôture sous la galerie a permis de mieux séparer la salle du vestibule d’entrée. Aujourd’hui, le Temple du Bas est en attente d’une nouvelle grande rénovation, affaire à suivre !
Source principale: Jean Courvoisier, extrait de la plaquette du 300ème de la dédicace du Temple du Bas, décembre 1996.
Chaleureux remerciements à Michel Humbert qui a fourni la documentation et les indications nécessaires à la rédaction de cet historique du Temple du Bas.
