Voir pour croire, vraiment ?

Culte musical et chanté

12.4.2026 – Temple des Bayards

Prière

Dieu vivant, par la résurrection de ton Fils Jésus Christ, tu nous fais naître à la vie nouvelle. Sur le chemin de notre existence, tu nous donnes un nouvel élan, celui qui rend vivant tout ce qui, en nous, était mort et desséché. Par ton Esprit, ouvre nos cœurs à ta Parole, et ouvre ta Parole à nos cœurs. Qu’elle nous apporte la vie nouvelle que tu nous offres. Amen !

Lecture : Jean 20, 19-31

Message de Guillaume Klauser

Comme Thomas, nous n’étions pas présents lorsque Jésus, le Ressuscité, revient parmi ses disciples. Thomas, c’est cette figure que l’on juge parfois un peu vite, en se moquant : « comment, il n’a pas réussi à croire sans voir, sans toucher ? ». Et pourtant, il nous ressemble beaucoup, ce Thomas. L’évangéliste Jean en fait même un exemple pour nous aider dans notre vie de foi. La façon d’ordonnancer le récit nous dit beaucoup de choses à ce sujet.

D’abord, il y a une première rencontre. Les disciples sont réunis dans une pièce fermée, mais Thomas n’est pas là. Et voici que Jésus vient. Comment peut-il apparaitre dans une chambre fermée à clé ? Quelques jours encore auparavant, avec un Jésus en chair et en os, le Jésus d’avant la Croix, ça n’aurait tout simplement pas été possible.

C’est la manière que Jean a trouvé pour nous dire qu’avec la Résurrection, on n’accède plus à Dieu comme avant. Les choses ont changé. Le Seigneur se donne aux disciples, comme à nous d’ailleurs, sans plus se soucier des barrières physiques. Il rejoint les disciples là où ils en sont. Non, Jésus n’est pas un « passe-muraille » magique, mais quelqu’un dont la présence vivante est là, juste-là, au milieu de nous.

Libre à nous de l’accepter, de le recevoir. Libre à nous de nous laisser approcher, libre à nous de laisser nos verrouillages s’ouvrir, Le Christ, lui, est et sera toujours là, sans s’imposer.

En ce jour où les disciples sont réunis, ils semblent disponibles pour lui. Sa présence est toute simple, mais elle est là. Je vous propose de méditer en nous demandant : quels sont les verrouillages de ma vie, les portes fermées ? Qu’est-ce qui, en moi, fait de la résistance Qu’est-ce qui, en moi, aurait besoin d’accueillir, comme les disciples, la lumière du Christ ?

Mais Thomas n’était pas là. Il manquait à l’appel lors de cette première rencontre. Il n’a donc aucune raison d’être passé à cette nouvelle réalité. Ne lui en voulons pas trop. Pour lui, c’est simple. Celui qu’ils ont suivi pas à pas, celui pour qui ils ont abandonné leur vie antérieure, celui-ci est mort et enterré. Fin de l’histoire.

Et pourtant, pour Thomas comme pour quiconque le cherche, Christ décide de se rendre présent une fois encore. Oui, c’est pour Thomas que Jésus revient, une seconde fois, dans le lieu des disciples. Jésus n’abandonne pas celui, celle qui le cherche. Thomas demande à voir les plaies du Christ, il les aura. Il veut toucher, comprendre, car il veut croire. Jésus se donne donc à lui et lui propose de toucher. Relisons attentivement le texte :

« Debout au milieu d’eux, il dit : « La paix soit avec vous ! » 27Puis il s’adresse à Thomas : « Mets ton doigt ici et regarde mes mains ; avance ta main et mets-la dans mon côté. Ne refuse plus de croire, deviens un homme de foi ! » 28Thomas lui répondit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » 

Le texte ne nous dit pas si Thomas a avancé sa main. Jésus lui propose de toucher, mais déjà Thomas a la foi, la foi qui confesse Jésus comme son Seigneur et son Dieu, celui en qui il peut mettre toute sa confiance. C’est donc que Thomas n’a peut-être même pas eu besoin de toucher, de palper. Quelque chose d’autre est venu le combler, quelque chose qui doit aussi permettre aux disciples que nous sommes de croire sans toucher ni voir physiquement…

Thomas, notre prédécesseur dans la foi, croyait donc qu’il avait besoin de preuves tangibles, de choses à toucher et à voir pour croire. Le Christ s’est plié à sa demande.

Mais lors de la rencontre, ce n’est pas le toucher en soi qui fait passer Thomas du doute à la foi. Et de nous dire par là que non, le toucher n’est pas la meilleure garantie de la foi, et que la vue n’est pas un besoin pour croire. Et heureusement ! Car en 2026, comment toucher ou voir Jésus physiquement ?

La question est donc : que s’est-il passé pour Thomas qui passe du doute à la foi. Oui, que s’est-il passé ?

Debout au milieu d’eux, Jésus dit : « La paix soit avec vous ! »

Que fait Jésus, en premier lieu, lorsqu’il est avec ses disciples ?

Le Christ parle. Voilà. C’est tout. Une parole. Une simple parole, qui fait chavirer le cœur de Thomas. Sa parole est parole de paix. Pas seulement un vœu pieux de paix, mais une parole qui elle-même apporte la paix. Même ressuscité, le Christ parle comme un humain parle aux humains. Une parole toute proche (cf. Deutéronome 30, 14), qui annonce la paix et la réalise en même temps.

Thomas, comme tous ceux qui viennent après lui, reçoit une parole. Il ne s’agit donc pas de toucher, mais d’entendre, de tendre l’oreille et de recevoir cette paix qui est donnée.

Entendre une parole digne de foi, voilà l’enjeu après Pâques. Laisser cette parole du Christ descendre en soi, lorsque les verrous ont sauté.

Heureux sommes-nous alors de croire, non parce que nous voyons, mais parce qu’il nous parle encore aujourd’hui, dans nos vies, et qu’il nous glisse à l’oreille : « La paix soit avec toi ». Et voilà qu’en recevant cette parole, la paix s’installe en nous : c’est bien là ce qui nous amènera du doute vers la foi.

Amen !

Sources d’inspiration : aides à la prédication des pasteurs Bettina Schaller et David Steward.