Elie et les prophètes de Baal (1 Rois 18, 16-40)

Prédication du 26 juillet au Locle – Christine Hahn

C’est le Seigneur qui est Dieu !

Dans un texte aussi long, on ne peut jamais tout dire. Pour ma part, j’aime beaucoup ces textes narratifs car il est facile de s’imaginer la scène et donc facile de se souvenir de l’histoire. Pourtant cette histoire semble au premier abord, loin de notre réalité. Nous ne pratiquons plus les sacrifices d’animaux, nous avons des ressources en cas de sécheresse, les dieux de la fertilité et des moissons ne correspondent plus à notre culture. Et pourtant, cette histoire nous révèle la puissance de Dieu. Cette histoire nous invite à réfléchir et à traduire les éléments dans notre quotidien d’aujourd’hui. Alors embarquons nous dans l’histoire pour en tirer profit pour notre vie.

J’ai choisi de m’arrêter sur les différentes confrontations ou collaborations de ce texte.

Elie et Achab

Elle commence par une confrontation entre Elie et Achab. Elie, fidèle prophète de Dieu se fait accusé par le roi du malheur qui couvre le pays.

Si la confrontation d’idées pousse notre réflexion à trouver des arguments, à défendre des positions, ce genre de débat nous enrichi nous-même ainsi que notre partenaire de discussion.

Mais quand la confrontation comporte des accusations, un déséquilibre s’installe. Le roi accusant le prophète se place au-dessus de lui et le rabaisse. Mais dans notre passage cet abaissement va se retourner car Elie n’accepte pas d’être accusé à tort. Sa fidélité n’est en aucun cas la cause du malheur du peuple d’Israel, bien au contraire. Il va retourner l’accusation en proposant une rencontre entre tous les protagonistes, c’est à dire les prophètes des idoles, lui-même et le peuple. Et cela sur le Mont Carmel, un lieu d’adoration reconnu par tous.

Elie et le peuple

Elie se place face au peuple. Premièrement il les secoue : Combien de temps allez-vous danser pour l’un et pour l’autre ? Cela ne concerne évidemment pas la danse de salon ou les baals.

Elie demande au peuple de se décider. Éduqués dans la foi, ils se sont laissé entrainer dans l’adoration d’autres dieux par le roi et la reine. Du coup, ils ne savent plus sur quel pied danser et essaient de mélanger la chèvre et le chou, un peu de ci et un peu de ça ! Elie leur rappelle que l’on ne peut pas être un peu pour Dieu. Il leur demande de choisir. Dieu ou les idoles !

Personne ne répond !

Des choix de vies nous en avons constamment. Ils sont parfois difficiles et ne sont pas juste ou faux. Nous agissons et assumons les conséquences de nos décisions.

Ici il s’agit d’une décision de foi fondamentale. Dieu ou pas Dieu. Si nous voulons tous et toutes suivre Dieu, parfois ce n’est pas si simple et nous nous laissons entrainer et distraire par les atouts proposés dans notre société. Dieu le sait bien et par ce texte encore nous invite à le rejoindre, à nous tourner vers lui et le suivre.

Elie continue son discours au peuple et lui propose un défi qui leur permettra de choisir. Un sacrifice aux idoles et un sacrifice à Dieu. Pour rendre le défi et le résultat visible personne ne mettra le feu au sacrifice et c’est laissé à la divinité de le faire.

La foule cette fois réponds : C’est d’accord.

Elle est prête à se laisser convaincre, prête à faire un choix qui sera fondé sur une expérience concrète.

Être prêt à se laisser interpeller, prêt à changer c’est un premier pas pour aller de l’avant. Dans nos vies aussi il y a des éléments déclencheurs qui sont arrivés au bon moment quand nous sommes prêts pour amorcer un changement, un pardon à donner ou recevoir, une orientation à notre vie, un engagement de foi.

Elie et les prophètes de Baals

La confrontation entre Elie et les prophètes de Baal occupent une bonne partie du texte. Elie leur laisse la main, ils peuvent commencer. Les prophètes s’exécutent et pratiquent leur propre rite d’invocation à la divinité. Rien ne se passe. L’heure de la prière du matin est passée, celle de midi aussi, et Elie se moque d’eux. Il en va ainsi jusqu’en fin d’après-midi. Ces prophètes ont tirés tout leur répertoire et tous leurs jeux, rien.

Elie a le culot de se moquer d’eux, de ne pas les laisser tranquille. Il montre l’absurdité de leurs gestes, mais surtout l’absurdité de mettre sa confiance en des dieux qui n’apportent rien.

Quand nous nous engageons dans des impasses il est bon que certaines personnes nous avertissent, nous rendent attentifs et nous permettent de changer.

Je suis convaincue qu’Elie par ses remarques et moqueries s’adressait plus au peuple pour leur révéler l’aberration des idoles plus qu’aux prophètes eux-mêmes qui ont eux fait leur choix.

Elie et Dieu

Quand arrive l’heure du sacrifice du soir, Elie entre en action. Il n’agit pas contre les prophètes, mais avec le peuple et avec le Seigneur ! Il rend le peuple participant. il leurs rappelle des éléments importants dans le rituel, il leur permet d’y prendre part en versant l’eau.

Reconstruire l’autel avec 12 pierres pour ancrer son action dans l’histoire du peuple et également dans la communauté. Son action ne sort pas de nulle part. Notre foi non-plus ne sort pas de nulle part. Nous sommes encrés dans une histoire, une histoire biblique et une histoire d’Église qui fait que nous sommes là aujourd’hui 26 juillet à la Brévine. Le cœur de notre foi est la mort et la résurrection de Jésus, le Christ vivant pour nous aujourd’hui. Elie fait la même chose. Lui aussi a ses rituels qui permettent à tous de comprendre ce qui est en train de se passer.

Elie m’épate car non-seulement il ne met pas le feu à son sacrifice mais l’inonde d’eau. Dans la sécheresse de ces dernières semaines nous constatons qu’une simple étincelle peut mettre le feu à des forêts, là c’est plus possible.

Elie prie une prière simple et il est entendu ! le feu de Dieu vient consumer l’eau le bois, les pierres et le sacrifice d’un seul coup.

Elie avait cette foi inébranlable de savoir que Dieu allait intervenir à ce moment-là, se révéler par se signe de puissance qui anéanti et purifie en même temps. Cette puissance qui ne laisse plus de doutes, pour le peuple. Je ne sais pas si vous avez déjà été témoin d’un miracle aussi important. Pour ma part ce n’est pas le cas. J’avoue en être reconnaissante car le peuple qui a vu les miracles, ne croit que ce qu’il voit et à la moindre difficulté se laisse entraîner pour voir ailleurs.

Pour ma part, je préfère chercher Dieu dans le quotidien, dans les petites choses qui m’invitent à le suivre, plus que des grands miracles qui nous en mettent plein les yeux mais ou après, rien ne change vraiment. Évidemment, c’est plus difficile, cela demande une plus grande attention, une ouverture à laisser Dieu agir dans nos vies et nous laisser transformer petit à petit, en profondeur.

Le peuple et Dieu

Le dernier mot ou presque est au peuple de Dieu.

Face à cette réalité du miracle, le peuple s’exclame : Le Seigneur est Dieu !

Après avoir accepté le défi et être prêt au changement, le peuple accompli un deuxième pas, celui de reconnaitre le Seigneur comme Dieu et se prosterner devant lui. Est-ce que le peuple a vraiment choisi de suivre Dieu fidèlement ? cela reste une question ouverte à laquelle le texte ne répond pas. Mais pour cette journée il a fait le choix de suivre Dieu et d’éliminer tout ce qui l’en éloigne au sens propre du terme. Les prophètes de Baal sont tous égorgés ! Comme nous ne pratiquons plus le sacrifice aujourd’hui, nous n’éliminons pas non plus nos ennemis. Mais nous pouvons renoncer à ce qui nous éloigne de Dieu.

Et nous, à quoi sommes-nous prêts ?

  • Nous laisser interpeller 
  • Reconnaitre le Seigneur comme seul Dieu vivant 
  • Nous engager à sa suite fidèlement 
  • Renoncer à ce qui nous éloigne de sa présence 
  • témoigner de ce Dieu vivant et puissant comme Elie 

Il nous appartient de choisir, mais par ce récit nous savons que Dieu intervient en notre faveur et nous accompagne sur notre chemin de foi.

Amen