Quand tout est dans l’excès

Message apporté par Yvan Bourquin lors du culte du 08 février au temple de Rochefort

Lecture: Job 42

Introduction

Circonstances des réflexions sur ce thème

Perplexités

Un épilogue troublant (question de la rétribution)

Job a-t-il si bien parlé de Dieu ?

Quelques « futilités »

Un parcours de vie

Première étape : la résignation suspecte (« Le Seigneur a donné, le Seigneur a ôté : Que le nom du Seigneur soit béni ! » 1,21). Deuxième étape : le refoulement de la plainte et la censure des émotions (Job sombre dans la dépression, maudit le jour de sa naissance, retournant sa plainte et sa colère contre lui-même). Troisième étape : après un certain temps, la mise en cause de Dieu (caricature en 16,12-14).
Quatrième étape : l’expérience d’un « autre en lui-même » (un autre qui se lève enfin de son humanité blessée : 16,19-21 et 19,25-27). « C’est moi qui le contemplerai, oui, moi ! Mes yeux le verront, lui, et il ne sera pas étranger. Mon cœur en brûle au fond de moi. » (Job 19,27, TOB) « Moi, je le verrai, mes yeux le verront, et non pas quelqu’un d’autre [littéralement : et non un étranger]. » (Job 19,27, NBS). Une note précise : cela peut signifier « et non les yeux d’un étranger » ou bien « celui que je verrai [ou que je vois] n’est pas un étranger ».
Cinquième étape : la rencontre avec Dieu. Très étonnante ! Auparavant, Job continue de plaider sa cause et d’affirmer son innocence. « Sous l’effet des attaques insidieuses de la maladie et de la douleur morale, sa fierté exacerbée devient peu à peu un orgueil surhumain, presque la démesure d’un Titan. » De ce fait, à la découverte doit succéder la rencontre. Et le long dialogue en vers s’achève sur cet aveu de Job : « Mon oreille avait entendu parler de toi ; maintenant mon œil t’a vu. C’est pourquoi je renonce : je me repens sur la poussière et la cendre. » (Jb 42.5-6)

La nouveauté tient en 3 points 

  • Les amis de Job doivent offrir un holocauste et demander à Job d’intercéder en leur faveur! « Ce n’est que par égard pour lui que je ne vous traiterai pas selon votre folie, vous qui n’avez pas parlé de moi avec droiture comme l’a fait mon serviteur Job. » (42,8)
  • Job donne à ses trois nouvelles filles des noms très poétiques (Tourterelle, Fleur-de-cannelle et Ombre-à-paupière – Qéren-Pouk) ; on sent l’homme dans la joie, l’admiration du bien et du beau, soulevé par la beauté de la Création.
  • Ces filles reçoivent une part d’héritage avec leurs frères. (42,14-15). C’est radicalement nouveau – révolutionnaire ! La loi ne prévoyait pas d’héritage pour les filles, sauf si elles n’avaient pas de frère ! Et l’homme de Dieu fait un geste qui témoigne de sa vision des choses : l’égalité entre ses fils et ses filles, entre hommes et femmes. Un vrai précurseur, ce Job. Un inspiré.

La grâce surabonde

Job a dit vrai (excessif ? révolte et amertume)

Les chiffres excèdent (troupeaux, longévité)

La beauté de la Création a transformé Job ; joie imprenable qui se manifeste partout. Son œil a vu le Seigneur

Le cadre de la rétribution éclate. Bien loin des comptes et des calculs, nous sommes entrés dans le monde de la grâce