Actualité

Message des Eglises chrétiennes du canton de Neuchâtel à l’occasion du Jeûne Fédéral 2017

Dimanche 17 septembre 2017

« Si un immigrant vient séjourner avec vous dans votre pays, vous ne l’exploiterez pas. Vous traiterez l’immigrant en séjour parmi vous comme un autochtone du milieu de
vous ; tu l’aimeras comme toi-même, car vous avez été immigrants dans le pays d’Egypte. Je suis l’Eternel, votre Dieu. » (Lévitique 19,33-34)

Le Jeûne fédéral que nous célébrons d’année en année réitère à temps et à contretemps une vérité dérangeante que nous ne voulons pas envisager : nous ne possédons pas le petit bout de terre sur lequel nous vivons. C’est vrai que ce petit bout de terre est prospère grâce à notre travail, mais le Jeûne fédéral nous rappelle que Dieu y est aussi pour quelque chose. Rendons grâces à Dieu pour cela ! Ce petit bout de terre que certains n’hésitent pas à qualifier de paradisiaque, n’est pas un espace hermétiquement clos, et il ne peut pas l’être. La Providence a voulu que nous y soyons non pas pour que le garder pour nous, entre nous, mais bien pour en faire une terre d’accueil. Que Dieu nous y aide !

C’est cela qu’on appelle la solidarité : un mouvement d’empathie qui nous pousse à aider les plus faibles d’entre nous, qu’ils viennent de chez nous ou d’ailleurs, parce qu’au fond, nous pourrions être un jour en situation de faiblesse et de détresse, et personne n’est à l’abri. Que Dieu fasse de nous des témoins crédibles de sa bonté !

«Painting Luther» dans le canton de Neuchâtel

 

Giulietta est une peintre dont la carrière n’a jamais véritablement décollé. Elle vit en copiant les grandes œuvres des peintres italiens.

Un jour, elle reçoit une demande originale d’un pasteur : copier le fameux tableau de Cranach représentant Martin Luther.  Elle se met au travail.

Tout se déroule normalement, jusqu’au moment où son Martin Luther « sort » du tableau… très énervé. Il explique alors à Giulietta que la Réforme est plus à vivre qu’à célébrer, plus à réinventer qu’à répéter et que bien avant d’être une époque de l’histoire, c’est un état d’esprit…

mercredi 27 septembre20h00NeuchâtelTemple du Bas
vendredi 29 septembre20h00CouvetGrande salle
dimanche 22 octobre17h00Le LocleMaison de Paroisse
mercredi 25 octobre20h00PeseuxTemple
dimanche 12 novembre17h00Saint-Aubin-SaugesSalle de spectacles (Débarcadère)

Chante-t-on la Réforme?

Mon souhait premier est de remettre en valeur le courant hymnologique et musical des Eglises historiques de la Réforme Luthérienne et Réformée, de replacer le patrimoine musical protestant au centre de nos célébrations et de faire revivre cet héritage hymnologique vieux de 5 siècles. Les Psaumes certes sont antiques, mais ils restent une source inépuisable pour l’Eglise d’aujourd’hui. Combien d’hommes, de femmes ont été fortifiés à la lecture des Psaumes et des cantiques. Bien sûr ses textes ont été revisités à plus d’une reprise mais ils parlent encore au cœur du croyant qui veut bien prendre la peine de les lire, de les intégrer. Ils sont une richesse pour chaque jour et ne dit-on pas que chanter un Psaume c’est prier deux fois. Mon vœux: que nous redécouvrions cette richesse qui est à la portée de chacun de nous. Soyez tous enrichis. – Paul-André Leibundgut

Flyer «Chante-t-on la Réforme?»Affiche «Chante-t-on la Réforme?»

Distribution:

  • directeur: Paul-André Leibundgut
  • auteur: Yves Bourquin
  • récitants:
    • Luther: Jean-Pierre Roth
    • Katarina: Esther Berger
    • Ménestrel: Bertrand Parel
    • Melanchthon: Jacques Laurent
    • Yves Bourquin
  • Quatuor Voces
  • Choristes des paroisses de l’EREN

Tournée:

  • 10 septembre 2017: Paroisse de Neuchâtel, Temple du Bas à 17h00
  • 24 septembre 2017: Paroisse des Hautes Joux, Temple du Locle à 17h00
  • 30 septembre 2017: Paroisse Val-de-Ruz, Temple de Dombresson à 20h00
  • 14 octobre 2017: Paroisse du Val-de-Travers, Temple de Môtiers à 17h30
  • 15 octobre 2017: Paroisse du Joran, Temple de Boudry à 17h00
  • 22 octobre 2017: Paroisse de l’Entre-deux-Lacs, Temple de St-Blaise à 10h00
  • 29 octobre 2017: Paroisses de La Côte et La BARC, Temple de Peseux à 17h00
  • 19 novembre 2017: Paroisse La Chaux-de-Fonds, Temple Farel à 17h00

Collecte. Prix indicatif: CHF 30.-

Exposition Luther ouvre les portes à la modernité

En six chapitres l’exposition raconte l’impact de l’acte de Martin Luther dès le moment où il y dit non à son parcours de moine augustinien. Des portes se sont ouvertes sur un nouveau paysage théologique, économique, éthique. Des réflexions se sont faites autour d’une nouvelle manière de traduire et lire la Bible, autour de la vie spirituelle, l’architecture cultuelle, le chant, l’individualisme, la culture, le mariage, la sexualité… mais certaines portes sont restées fermées. Et aujourd’hui quelles sont portes à ouvrir ou garder ouvertes ?

Dans le hall du Temple du Bas, Neuchâtel
du mardi 29 août au mercredi 20 septembre 2017
ouverture du lundi au vendredi de 16h à 18h, samedi de 11h à 13h

Invitation au vernissage le mardi 29 août à 18h Introduction à l’exposition, apéritif suivi à 19h du documentaire: Trois figures emblématiques de la Suisse: Nicolas de Flüe, Ulrich Zwingli, Jean Calvin

Cette exposition a été imaginée et fabriquée par l’EPUF (Eglise protestante unie de France)

Renseignements: Elisabeth Reichen-Amsler, 032 913 02 25 ou 078 703 48 41, elisabeth.reichen@eren.ch

Joutes verbales Luther-Cajétan

  • Monseigneur Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg
  • Pierre Bühler, professeur émérite de théologie systématique

Mardi 12 septembre 2017, au Temple du Bas de Neuchâtel à 20h00 (ouverture des portes à 19h30).

Modération: Fabrice Flückiger, chercheur post-doc, Université de Neuchâtel – Institut d’histoire

Le jubilé de la Réforme ne doit pas se résumer à l’autoglorification des protestants, mais conduire aussi à des échanges œcuméniques avec les Églises sœurs 500 ans après les affrontements du 16e siècle. C’est dans ce cadre que s’inscrit la rencontre du 12 septembre.

En automne 1518, le cardinal Cajétan vient à Augsbourg pour s’entretenir avec le moine Luther, suite à ses 95 thèses sur les indulgences du 31 octobre 1517. Que s’est-il passé entre ces deux hommes? Pourquoi n’ont-ils pas pu s’entendre et empêcher un procès en hérésie qui conduira à l’excommunication de Luther en janvier 1521?

Monseigneur Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg (et de Neuchâtel!), a consacré sa thèse de doctorat à cette rencontre (Cajétan et Luther en 1518, 1994). La thèse de doctorat du professeur de théologie retraité Pierre Bühler traitait de la théologie de la croix, développée par Luther dans le cadre du débat sur les indulgences.

C’est ce qui explique le choix des deux intervenants du 12 septembre. Dans un premier temps de la soirée, les deux théologiens discuteront de la rencontre de jadis à Augsbourg. Que s’est-il passé entre Cajétan et Luther les 12-14 octobre 1518? Dans une deuxième partie, ils échangeront leurs points de vue sur les questions et défis qui sont en jeu dans le dialogue œcuménique aujourd’hui. Finalement, la parole sera donnée au public, et la rencontre se terminera par un apéritif.

La dispute était une des formes privilégiées de la réflexion théologique au 16e siècle. Chacun présentait ses arguments et répondait à ceux de l’autre. Toutes proportions gardées, la soirée du 12 septembre tente de renouer avec cette tradition du débat théologique.

Explorations théologiques 2017-2018

«Dieu vit que cela était bon»: Pour que la théologie donne du goût à la vie

Répondre à la satisfaction divine telle qu’elle est exprimée au début de la Genèse est une manière parmi d’autres de définir ce qu’est la théologie. Si le terme peut susciter une certaine méfiance, les Explorations théologiques parient sur le plaisir de la réflexion, certes exigeant, qui naît à la croisée d’une tradition au riche passé et d’un éventail de questions qui se posent aujourd’hui. Goûter à la vie, c’est avancer, par touches, dans l’aventure qui consiste à dire Dieu, à Le penser au cœur d’un monde que Dieu, autrefois, trouva bon, voire très bon.

Une offre de formation comprenant: huit rencontres par année, du vendredi 20h au samedi 17h, alternativement au Centre de Sornetan (BE) et à la Rouvraie (NE). Le cycle complet dure deux ans, une année centrée sur la Bible alternant avec une année guidée par l’actualisation de cet héritage; il est possible de commencer chaque année.

Papillon Explorations théologiques 2017-2018

Cartes postales d’un week-end à Wittenberg

Dans le cadre des festivités commémorant les 500 ans de la Réformation, la ville de Wittenberg a accueilli récemment les délégués des 68 cités européennes de la Réforme. Christian Miaz, président du Conseil synodal de l’EREN, et Elisabeth Reichen, diacre et animatrice, ont participé à cette rencontre. De leur bref séjour dans la ville où Luther a affiché ses thèses, les deux Neuchâtelois ont ramené un riche échantillonnage de souvenirs photographiques. Petite sélection non exhaustive.

« La Bible », clin d’œil à la traduction réalisée par Martin Luther: un lieu pour prendre de la hauteur et avoir une nouvelle perspective de la ville.

Christian Miaz, président du Conseil synodal de l’EREN, sous le portique marquant l’appartenance de Neuchâtel aux 68 villes labellisées « Cités européennes de la Réforme ».

Le camion de la Réforme au terminus de son périple européen.

Une pelote de ficelle pour retracer le parcours du camion de la Réforme à travers l’Europe.

L’espace intitulé « Labyrinthe de la vie », symbole des méandres dans une existence.

La Schlosskirche a accueilli les délégués lors du culte final.

La porte de la Schlosskirche: Luther y aurait affiché ses 95 thèses contre le commerce des indulgences.

Le pavillon suisse, baptisé « prophezey ». Un espace pour réécrire la Bible avec une ancienne presse, comme à l’époque de Zwingli.

« Naufrage », avec sa représentation de barques de migrants: un des éléments de l’espace nommé « Paix, justice et sauvegarde de la création ».

Toujours à l’enseigne de « Paix, justice et sauvegarde de la création », deux cabanons invitant à construire ensemble la paix dans le monde.

Autre station de l’exposition, la « Maison de la diaconie ». Ses innombrables portes symbolisent les diverses formes d’activités diaconales.

Ultime étape du parcours thématique, la « Maison pour tous », espace dédié aux trois religions monothéistes. Un lieu où l’on apprendra à vivre tous ensemble en s’inspirant des paroles prononcées à Berlin par Martin Luther King: «Construire une maison d’espérance avec des pierres du désespoir.»

La cour de la maison du peintre et graveur Lucas Cranach, ami intime de Luther.

L’ancien Hôtel de ville avec, au premier plan, la statue de Martin Luther.

La place du Marché et l’église Sainte-Marie où prêchait Luther.

L’intérieur de l’église Saint-Marie avec un retable de Cranach.

L’entrée de l’Université de Wittenberg, fondée en 1502. Luther y a enseigné dès 1512.

La maison de Philippe Melanchthon. Le réformateur y habita dès 1539.

La façade extérieure et l’entrée de la maison de Luther. Lors de sa construction pour les moines augustiniens, en 1504, cette demeure avait été surnommée « le monastère noir ».

La maison de Luther (bis): le passage qui, depuis la rue, donne accès à la cour intérieure.

La maison de Luther (ter): statue de Katharina de Bora, épouse de Luther, dans la cour intérieure.

La façade de la maison de Luther depuis la cour intérieure.

La porte d’entrée de Katharina de Bora avec, sur les côtés, des sièges.

Cérémonie œcuménique cantonale du 20 août 2017

Dans le cadre de la Commémoration des 500 ans de la Réforme, à l’initiative des Communautés Don Camillo de Montmirail et des sœurs de Grandchamp, les Eglises du Canton de Neuchâtel se rassemblent pour une célébration œcuménique cantonale qui aura lieu le :

Dimanche 20 août 2017 à la Rebatte, Chézard-St-Martin, à 16h00, suivie d’une collation.

Par cette manifestation sans précédent sous cette forme, l’Eglise réformée évangélique, l’Eglise catholique romaine, l’Eglise catholique-chrétienne, l’Eglise orthodoxe, l’Eglise anglicane, la Fédération des Eglises évangéliques, invitent leurs membres ainsi que toute personne intéressée à se réunir pour un moment de partage spirituel et convivial.

La foi n’exclut pas, la foi crée des liens. Au milieu du jubilé de la Réforme, les Eglises chrétiennes veulent partager leur foi commune et célébrer de manière unie la fête offerte à tous par le Christ. Le but est également de manifester l’intention des Eglises chrétiennes de marcher main dans la main et non pas en parallèle.

Lors de cette cérémonie, nous aurons le plaisir d’accueillir M. Laurent Kurth, conseiller d’Etat, pour une brève allocution.

Pour en savoir plus (et promouvoir l’événement):

Balade historique: A la Réforme, on ne badinait pas avec la discipline

Une cohorte de randonneurs dominicaux a récemment participé à une balade historique entre Valangin et Engollon. Cette excursion leur a notamment permis de mieux connaître quelques-unes des richesses du patrimoine architectural vaudruzien. Les marcheurs ont également pu se familiariser avec certaines formes de discipline instaurées à la Réforme

Conduite par Jacques Bujard, chef de l’Office du patrimoine et de l’archéologie du canton de Neuchâtel (OPAN), et Elisabeth Reichen, diacre et animatrice à l’EREN, la virée pédestre a débuté par une captivante présentation de l’histoire de la Collégiale de Valangin. Tout au long de la journée, Elisabeth Reichen a évoqué, avec moult anecdotes tirées d’un ouvrage de l’historienne Michèle Robert, la nature des groupes de discipline et des consistoires – seigneuriaux et admonitifs –, les replaçant dans le contexte historico-stratégique de l’époque.

En préambule, l’intervenante a rappelé que lorsque la ville de Neuchâtel accepte la Réforme – 4 novembre 1530 –, la comtesse Jeanne de Hochberg se trouve retenue à la cour de France et que son gouverneur ne parvient pas endiguer le mouvement. Elisabeth Reichen précise que la puissance dont les Neuchâtelois souhaitaient ne pas perdre la faveur n’est pas la souveraine mais leurs Excellences de Berne avec lesquelles ils ont d’anciens traités de combourgeoisie. Il en va de même pour René de Challant, seigneur de Valangin.

Lui aussi allié de Berne, il impose la Réforme sur ses terres en 1539, malgré la forte résistance de la comtesse Guillemette de Vergy, sa grand-mère, qui le représente dans la seigneurie. Situation étrange, donc, que celle d’un comté et d’une seigneurie de Valangin dont les souverains sont catholiques et promulguent des ordonnances réformées par obligation ou par intérêt plus que par conviction.

Le travail de sape de Calvin

Poursuivant son flash-back, Elisabeth Reichen note que sur le plan théologique ou ecclésial, la position de Neuchâtel est encore plus particulière. «Une Réformation de type zwinglien a été importée et quasi imposée par Berne. Mais l’agent bernois, qui deviendra pasteur de Neuchâtel, est Guillaume Farel. Une personnalité dont les liens avec Calvin sont étroits.»

Corollaire: Calvin tente sans cesse d’infléchir la discipline ecclésiastique neuchâteloise dans le sens de celle qu’il veut pour Genève. Pour le réformateur du bout du Léman, la discipline est une marque de la vraie Eglise.

«Maintenir la pureté de l’Eglise, éviter la contagion du péché, susciter la pénitence, tous ces buts impliquaient l’usage de l’excommunication ou, du moins, de la suspension de la cène pour un temps. Calvin confia aux membres des conseils genevois la tâche d’anciens du consistoire, exprimant ainsi la responsabilité partagée des autorités civiles et religieuses dans l’exercice de la discipline», indique Elisabeth Reichen.

L’insatisfaction des pasteurs neuchâtelois

Dans le cas neuchâtelois, pasteurs et Conseil d’Etat vont vivre, trois siècles durant, dans un certain flou concernant leurs prérogatives disciplinaires. Après la mise sur pied de quatre consistoires seigneuriaux, sous la pression de Berne, les pasteurs, loin de se satisfaire de ces cours mixtes, obtiennent, une trentaine d’années plus tard – en 1562 – la création de consistoires paroissiaux purement «admonitifs».

Présidée par le pasteur, mais en présence du maire, cette assemblée citait à comparaître devant elle ceux qui avaient contrevenu aux ordonnances. La seule sentence qu’elle pouvait appliquer était l’admonestation fraternelle et, parfois, l’excommunication temporaire, souligne Elisabeth Reichen. Ce dernier droit était cependant contesté par les consistoires seigneuriaux.

Les délits s’inscrivaient dans trois groupes de discipline: les atteintes à la morale sexuelle, les comportements scandaleux et les manquements à la discipline ecclésiastique. Une ordonnance publiée en 1538 énonce, par exemple, l’obligation de se rendre au culte dominical. En 1712, la Discipline de la Vénérable Classe précise: «On fera venir en consistoire ceux qui profanent le Jour du Dimanche en faisant des voyages non nécessaires […] comme aussi ceux qui s’absenteront sans nécessité des Saintes Assemblées.»

Les «surveillants» s’en donnent à cœur joie

Quelques paroissiens sont ainsi suspectés d’entretenir encore des rapports avec l’Eglise catholique. Elisabeth Reichen narre qu’en 1553, Vuillemin Morel, des Geneveys-sur-Fontaines, est cité «pour ne pas vouloir hanter les sermons et désirer plus la messe que l’Evangile». D’autres ont joué aux quilles ou aux cartes pendant le sermon. En 1566, Jean Grandjean-Contesse est accusé d’avoir «fréquenté des filles de chemin pendant la prédication». Presque un siècle plus tard, en 1657, un groupe de huit personnes est cité pour avoir joué aux cartes chez l’une d’entre elles pendant le prêche un jour de jeûne.

Si les ordonnances pour la ville mentionnent en priorité la défense de commercer, les activités les plus fréquemment mises en cause dans la région sont liées, de près ou de loin, aux travaux agricoles. Les prévenus se défendent souvent en invoquant des raisons impérieuses qui les ont contraints à travailler ou à se déplacer un dimanche. Ils n’obtiennent pas pour autant la clémence des juges.

«En 1560, Antoine Girardier et ses deux fils ont dû réparer leur char qui s’était cassé le samedi soir. Ils n’ont pu le ramener chez que le dimanche. Ils sont condamnés à une amende de 60 sous chacun et à la réparation publique», note Elisabeth Reichen, qui conclut: «En 1665, Jean Billon est condamné à une amende de cinq livres pour être monté sur son toit couvert d’une masse de neige telle que l’eau coulait dans sa maison, sur le lit même de sa femme malade. Les juges admettent l’urgence de la situation, mais il aurait dû faire une demande au pasteur avant de prendre le risque de scandaliser la communauté.»

Après de brèves escales à la Borcarderie, à Landeyeux et à la Bonneville, la randonnée a pris fin au temple d’Engollon. Ainsi qu’il l’avait fait auparavant à Valangin, Jacques Bujard a retracé en détail l’histoire du lieu. Passionnants et fort accessibles, ses commentaires ont permis à l’auditoire ambulant de comprendre les nombreuses étapes qui ont jalonnées la construction de ce petit bijou du patrimoine architectural neuchâtelois.

L’iconoclasme traité par une artiste sud-africaine

[Ce texte est repris du communiqué officiel de la ville de Neuchâtel.]

La contribution principale de la Ville de Neuchâtel aux manifestations destinées à commémorer les 500 ans de la Réforme prendra la forme d’une intervention artistique temporaire sur le monument Farel dressé sur l’esplanade de la Collégiale. En résidence à Neuchâtel, l’artiste sud-africaine Ledelle Moe, 46 ans, dévoilera le 23 juin ce qu’elle a imaginé pour traiter du thème imposé de l’iconoclasme cher au réformateur. Elle réalisera par la même occasion une performance durant laquelle le public sera invité à gratter l’or superflu recouvrant de petites têtes en béton à l’effigie des paroissiens.

A l’occasion des 500 ans de la Réforme, la Ville de Neuchâtel a souhaité offrir aux réformés ainsi qu’aux habitants de la cité une performance doublée d’une intervention artistique. Un groupe de travail réunissant des paroissiennes autour de la pasteure de la Collégiale, de la chargée de communication de l’EREN et du délégué culturel a souhaité traiter du thème de l’iconoclasme (destruction délibérée d’images et de représentations religieuses de type figuratif appartenant souvent à sa propre culture pour des motifs religieux ou politiques). Faut-il rappeler que Farel et ses ouailles ont jeté au Seyon le 23 octobre 1530 les trésors artistiques de la Collégiale ? Profitant du passage à Neuchâtel de l’artiste sud-africaine Ledelle Moe, le groupe l’a mandatée pour traiter de ce thème d’une brûlante actualité.

A l’invitation de la galerie d’art contemporain africain Sémaphore, Ledelle Moe va séjourner un mois à Neuchâtel et présenter le résultat de son travail dès juillet à la galerie sise rue de la Cassarde 18. Née à Durban en 1971, cette Sud-Africaine qui expose dans le monde entier et en particulier aux Etats-Unis, s’inspire du lieu dans lequel elle se trouve pour explorer le genre humain à travers le façonnement de têtes en béton. La permanence, la fugacité, le déplacement, le déracinement constituent ses thèmes de prédilection.

A Neuchâtel, Ledelle Moe va mélanger du ciment à de la terre et du sable de chez nous pour sculpter de petites têtes à l’image des gens qu’elle aura rencontrés. Le 23 juin, sur l’esplanade de la Collégiale, elle dévoilera comment elle aura « habillé » Guillaume Farel d’une multitude de petites têtes en béton à l’effigie de personnes proches de la Collégiale. Tous ces visages ajoutés à la représentation de pierre du réformateur rappellent selon l’artiste que les monuments ont une fonction métonymique: la statue de Guillaume Farel n’est pas que la glorification d’un seul homme. Elle sert également de représentation figurative d’un mouvement, d’une idéologie et finalement de toute la communauté des réformés neuchâtelois. Cette installation restera en place jusqu’à la fin de l’été.

Ledelle Moe réalisera également une performance pour laquelle elle aura besoin du public. Après avoir façonné une centaine de petites têtes en béton, elle les recouvrira d’une feuille d’or et les disposera sur un présentoir. Le 23 juin, dès 17h, le public sera invité à gratter l’or des têtes pour le conserver ou le jeter. Les visages ainsi dépouillées seront remis en place et exposés ultérieurement à la galerie Sémaphore. La chanteuse de jazz Florence Chitacumbi créera une ambiance sonore appropriée pendant la performance et chaque participant pourra retirer gratuitement ultérieurement une photographie à tirage limité attestant de sa participation à cette action de dépouillement. L’or et le béton jouent un rôle important dans cette performance. Le métal précieux symbolise les richesses de l’église catholique qui dissimulaient l’essentiel. Le béton brut symbolise quant à lui l’humain et l’absolu.

Le public est attendu nombreux sur l’esplanade de la Collégiale le vendredi 23 juin dès 17h. L’ambiance y sera festive avec de la musique, quelques discours et un apéritif offert par la Ville et l’EREN.