🙏 Hommage national du 9 janvier 2026

Les cloches des églises de Suisse sonneront vendredi 9 janvier 2026 à 14h00 en hommage aux victimes de la tragédie de Crans-Montana. Le Conseil fédéral à déclaré cette date «Journée nationale de deuil».

La cĂ©rĂ©monie d’hommage a lieu le mĂȘme jour Ă  Martigny en collaboration avec les Églises suisses, dĂšs 13h45 et sur invitation. Elle est retransmise en direct sur RTS1 dans le cadre d’une Ă©mission spĂ©ciale.

L’EREN s’associe Ă  la JournĂ©e nationale de deuil et propose des plages de prĂ©sence et de recueillement dans de nombreux lieux de culte du canton.

Temps de recueillement dans l’EREN

D’autres lieux et horaires peuvent ĂȘtre ajoutĂ©s ici jusqu’Ă  midi de la JournĂ©e nationale de deuil.

ParoissesTemps de recueillement du 09.01.2026
La BARCtemple de Colombier de 17h00 Ă  18h30
en savoir plus
La Chaux-de-Fondstemple Farel de 17h00 Ă  19h00
priĂšre commune Ă  18h00
papillon (PDF)

temple de La Sagne de 14h00 Ă  15h00
La CĂŽtetemple de Corcelles de 12h00 Ă  14h00
temple de Peseux de 13h00 Ă  15h00
L’Entre-deux-Lacstemple de Saint-Blaise de 17h00 Ă  19h00
papillon (PDF)
Les Hautes Jouxtemple du Locle de 16h00 Ă  18h00
priĂšre Ă  17h30
papillon (PDF)
Le Jorantemple de Bevaix de 14h00 Ă  14h30
temple de Boudry de 14h00 Ă  14h30
temple de Cortaillod de 14h00 Ă  14h30
Neuchùtelcollégiale de Neuchùtel de 14h00 à 14h30
cĂ©lĂ©bration ƓcumĂ©nique

Le président du Conseil synodal sera présent lors de cette célébration.
Val-de-Ruztemple de Cernier de 14h00 Ă  20h00
papillon (PDF)
Val-de-Traverstemple de MĂŽtiers de 14h00 Ă  18h00
papillon (PDF)

La mort s’est invitĂ©e dans la fĂȘte

Des vies se sont Ă©teintes dans la nuit du 1er janvier de l’an de grĂące 2026.
Des vies ont été arrachées.
D’autres seront bouleversĂ©es Ă  jamais.

De jeunes gens vivront dĂ©sormais avec des blessures inscrites dans leur chair et dans leur Ăąme. En un instant, des corps ont Ă©tĂ© livrĂ©s Ă  l’embrasement. En un instant, brĂ»lĂ©s, marquĂ©s Ă  vie, leurs visages offerts au monde porteront l’empreinte effroyable d’une souffrance que nul ne peut imaginer sans frĂ©mir.

Et puis il y a les proches.
Des mĂšres et des pĂšres.
Des frùres et des sƓurs.
Des ami-e-s.

Il n’y a rien Ă  expliquer. Rien Ă  justifier. Juste Ă  dire, Ă  nommer, Ă  dĂ©crire — pour ne pas oublier, pour que ces jeunes ne meurent pas une seconde fois dans notre mĂ©moire. Nos enfants. Nos chĂ©ri-e-s.

En l’an de grñce 2026, disait-on.
Quelle grĂące ?

Le rideau d’une nouvelle annĂ©e s’ouvre sur l’horreur et la souffrance. Aucun ĂȘtre humain ne peut imaginer pareille douleur. Chaque geste du quotidien torturera la blessure : une assiette en moins Ă  table, une chaise vide, un lit froid, un reflet dans le miroir. Les lieux familiers se transformeront tour Ă  tour en mausolĂ©e et en mĂ©morial. Telle est la danse impossible de la prĂ©sence dans l’absence. Notre intelligence n’a pas Ă©tĂ© faite pour vivre cela.

Osons le dire : sur ce point, la création vacille.
Le CrĂ©ateur a manquĂ© son Ɠuvre.
Et le Rédempteur, célébré à Noël, paraßt cruellement inutile.

La grĂące sonne comme une ironie : « Merci, Seigneur, pour cette nouvelle annĂ©e bĂ©nie ». Job disait : « Le Seigneur a donnĂ©, le Seigneur a repris ; bĂ©ni soit le nom du Seigneur » (Job 1,21). Ce qui vient de Dieu retourne Ă  Dieu — constat implacable, vĂ©ritĂ© terrible.

Dans une telle Ă©preuve, seuls comptent les tĂ©moignages de celles et ceux qui ont traversĂ© l’indicible et se sont relevĂ©s, blessĂ©s mais debout. Aucun autre discours ne tient. Surtout pas celui d’une foi prĂȘte-Ă -porter, aux rĂ©ponses rapides et aux mots trop convenus.

Aux morts du 1er janvier, notre seule assurance est celle-ci : Dieu les a accueillis.
Aux vivants — blessĂ©s, endeuillĂ©s, brisĂ©s : un long chemin de guĂ©rison commence.

Il ne faudra pas seulement de la solidaritĂ©. Il faudra de la communion : une communion de rĂ©sistance face au mal, faite du partage sincĂšre des souffrances, mais aussi des forces, des gestes de soin et des paroles d’amour et d’encouragement qui permettront de tenir.

Peut-ĂȘtre est-elle lĂ , la seule grĂące possible


Aux familles et aux proches des victimes du 1er janvier 2026 :
il vous reste l’amour, autour d’un vide immense.

C’est avec tout notre cƓur, toute notre Ăąme et toute notre force que nous prions pour vous. Votre douleur nous atteint jusque dans nos propres entrailles. La communautĂ© et les ministres, pasteur-e-s et diacres, sont Ă  votre disposition — pour Ă©couter, partager, marcher Ă  vos cĂŽtĂ©s — afin que, lentement, trĂšs lentement, des ponts fragiles se tendent au-dessus du vide, pour que la vie, un jour, ose Ă  nouveau y circuler.

Dieu,
nous n’avons pas de mots.

Nous te confions celles et ceux
dont la vie s’est Ă©teinte dans la nuit.
Accueille-les en toi.

Nous te confions les vivants blessés,
les corps brûlés,
les Ăąmes en lambeaux,
les parents sans enfant,
les proches sans voix.

Ne justifie rien.
N’explique rien.

Sois simplement lĂ ,
dans le souffle qui manque,
dans la nuit qui n’en finit pas,
dans la résistance fragile
de celles et ceux qui continuent Ă  aimer la vie
malgré tout.

Amen.

Yves Bourquin
Président du Conseil synodal